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INTRODUCTION

La Méthode d’hydrogénation catalytique en milieu gazeux, créée par MM. Sabatier et Senderens, qui a reçu des applications si générales, dans toutes les branches de la Chimie organique, présente néanmoins, dans beaucoup de cas encore, des difficultés qui rendent la méthode inapplicable ou ne permettent pas d'arriver aux résultats attendus. Les exemples de cette sorte ne manquent pas, à commencer par le cas le plus simple, celui où la substance réactionnelle est très peu volatile ou se décompose par simple distillation à la pression ordinaire. C’est là un inconvénient de la méthode catalytique habituelle, qui nécessite toujours en pratique l’emploi d’une température très voisine du point d’ébullition de la substance employée.

Dans ce même ordre d'idées, et pour la même raison, la méthode ne peut s’employer pour les corps facilement déshydratables, comme c’est le cas pour certains alcools éthyléniques, qui, par hydrogénation, donnent au lieu de l’alcool saturé attendu, l’hydrocarbure hydrogéné correspondant. (1). C’est

(1) Grignard et Escourrou : Bull.; 1923; t. 34, p. 1693. et Escourrou, Thèse doctorat, p. 38.

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pourquoi on a substitué, souvent avec succès, à cette méthode en milieu gazeux, les méthodes en milieu liquide : de Skita au noir de platine ; de Paal au palladium ; de Brochet au nickel vif, et enfin de Voorhes et Adams à l’oxyde de platine.

Mais comme on le voit, toutes ces méthodes (de Brochet exceptée) emploient des métaux précieux, d’un prix souvent inabordable, ce qui rend les manipulations très délicates et onéreuses. Quant à la méthode de Brochet, si elle n’a pas cet inconvénient et si elle marche très bien pour hydrogéner les doubles liaisons des chaînes aliphatiques, par contre dès qu’on touche au noyau aromatique, elle nécessite l’emploi de pressions plus ou moins élevées, ce qui l’éloigne rapidement de la simplicité et de la commodité de la méthode de Sabatier et Senderens.

De plus, ces méthodes ne permettent pas toujours de remédier aux inconvénients signalés précédemment ; c’est ainsi qu’un grand nombre d’auteurs ont signalé des phénomènes de déshydratation ou de coupure, sur le platine. En 1922, MM. Locquin et Sung (1) signalent un dédoublement dans l’hydrogénation sur le platine des dialcoyl-éthinyl carbinols

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