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avec quelle facilité on pouvait saturer la double liaison sans toucher à la fonction cétone. Cette propriété, qui est générale pour les corps de cette structure, n'avait pu être vérifiée jusqu’à présent par les méthodes de réduction catalytique.
Dans notre cas, nous attribuons cette grande facilité d'hydrogénation, à une fixation partielle d'hydrogène en -1-4, ce qui nous conduit à l’obtention de la forme énolique de la cétone saturée correspondante. Effectivement, par des dosages d’hydroxyle, nous avons constaté que notre produit d’hydrogénation était constitué par un mélange céto-énolique.
VI. — Nous avons montré finalement, que dans la déshydrogénation catalytique des alcools secondaires, les deux atomes d'hydrogène enlevés par le catalyseur étaient pris sur le même atome de carbone portant la fonction alcool. La formation de cétone s’effectue donc directement, sans passage intermédiaire par la forme énolique.
Ces recherches, qui constituent de nouvelles applications de la Catalyse dans le Vide, montrent tout l'intérêt de cette méthode. En réduisant l’activité d’un catalyseur, et en soustrayant les produits de la réaction à toute action trop prolongée, grâce à un abaissement convenable de pression, elle nous a permis d'effectuer des hydrogénations sélectives, et d'isoler, dans certains cas, des composés intermédiaires instables, qu'il n’était pas possible de saisir dans les conditions ordinaires.
Nous avons montré comment, par sa douceur et parce qu’elle ne met en œuvre aucun autre réactif que les corps soumis à la catalyse, elle se prêtait particulièrement bien à l’obtention des formes énoliques.
Nous sommes persuadés que cette méthode recevra d’autres applications, d’un ordre un peu moins théorique, qui feront d’elle non plus un procédé de laboratoire assez minutieux, mais bien un procédé industriel.