I. — Technique opératoire
Le traitement de la cataracte de Morgagni sera, comme pour toute cataracte, chirurgical. On fera l'extraction après kératotomie et kystitomie. Après l'évacuation du liquide laiteux, on tentera d’expulser le petit noyau scléreux par des petites pressions scléro-cornéennes à la curette ; si on ne réussit pas, il est indiqué d’aller saisir le noyau cristallinien opaque au crochet hameçon du Professeur Rollet. Le noyau sera ferré par son pôle postérieur et extrait dans la plupart des cas, très simplement.
Le crochet-hamecon du Professeur Rollet est supérieur à l’anse de Snellen pour lextraction du cristallin. En effet, l’anse de Snellen constitue un instrument beaucoup trop gros, peu maniable, dans une région opératoire aussi limitée que celle de lœil ; c’est un instrument qui nécessite une large incision
cornéenne, ce qui n’est pas sans inconvénient. En effet, avec une telle incision, quatre complications
sont à craindre :
a) Issue ou prolapsus du vitré ;
b) Possibilité d’infection ;
c) Cicatrisation lente ou défectueuse, avec possibilité de suppuration ;
d) Enclavement de l'iris dans la plaie opératoire cornéenne.
D'autre part, l’anse de Snellen, comme la curette d’ailleurs, ne constituent pas des instruments de préhension. Ils ne fixent pas, et la prise peut ne pas être sûre et surtout ne pas être rapide, ce qui peut être un préjudice grave pour le corps ciliaire, l’iris ou la cornée. Tandis que le crochet-hamecon du Professeur Rollet, instrument de dimensions très réduites, ne demande qu’une petite incision cornéenne, juste suffisante pour le passage de la lentille. D’autre part, la prise réalisée par le crochet-hamecçon est rapide et certaine ; l’instrument ferre solidement le cristallin, lequel ne risque pas de s’échapper.
Donc, si les petites pressions scléro-cornéennes sont insuffisantes pour expulser le ‘cristallin, on aura recours au crochet-hamecon. L’instrument sera introduit de champ dans la chambre antérieure, à travers la plaie cornéenne, suivant un plan parallèle au plan irien ; l'opérateur ferrera solidement le noyau cristallinien par son pôle postérieur, de manière à éviter la précipitation du noyau en arrière, au moment d'exercer la pression nécessaire pour le ferrer. Voilà
donc une des premières indications de l'emploi du crochet-hamecçon.
Il en reconnaît une autre. Au cours de l'opération, après le temps de la kératotomie, une complication assez fréquente peut se produire : l'issue du vitré liquide. |
Cette issue du vitré est variable, suivant l’indocilité du malade ; elle constitue une complication opératoire redoutable : le résultat visuel du malade est compromis et la suite de l’opération, entravée ov menacée. On ne peut, au moment de cette complication, exercer les pressions seléro-cornéennes classiques pour hâter l’expulsion du cristallin, car ce procédé risquerait d'amener l'issue d’une trop grande partie du vitré, sans pouvoir extraire le cristallin. Donc, lorsqu'il y a issue du vitré, il est indiqué de faire l’extraction du cristallin au crochet-hamecon.
Dans notre statistique, l’extraction du noyau cristallinien a été faite 110 fois et 42 fois le cristallin a été saisi au crochet-hamecon.