C. — Anatomie pathologique
Les cataractes capsulo-lenticulaires, qui ont leur point de départ dans la lentille, sont essentiellement régressives. Ces cataractes présentent des variétés nombreuses, dont les caractères distinctifs se déduisent surtout de la consistance des produits opaques, de l’étendue des altérations et de la nature ultime
LATE res
des métamorphoses régressives, toutes choses sur lesquelles l’âge du sujet exerce une influence considérable.
Chez les malades où le cristallin possède déjà un noyau dur, sclérosé, il reste toujours, au centre de la lentille, un certain nombre de fibres qui conservent une intégrité relative ; il est extrêmement rare, même dans les cataractes les plus anciennes, de trouver un noyau sénile entièrement dégénéré. Au stade de cataracte commencçante apparaissent les premières opacités, le plus souvent périphériques, en partie cachées derrière l'iris ; ces opacités, en règle générale, présentent le maximum de précocité au niveau de la région équatoriale. Puis, au cours des années, les opacités gagnent de plus en plus la corticale, le cristallin prend une coloration gris blanchâtre, parfois blanc bleuâtre; le noyau du cristallin est très nettement visible. En outre, le cristallin se gorge d’eau plus abondamment, au fur et à mesure que l’opacité augmente, et il se gonfle.
La chambre antérieure perd de sa profondeur, suivant le degré de gonflement ; l'iris est refoulé en avant. Cependant, l’'opacification n'’atteint pas d’emblée la périphérie du cristallin ; il reste encore, sous la cristalloïde, une couche transparente, plus ou moins épaisse, dont il est d’ordinaire facile de constater l'existence par le simple éclairage oblique.
Plus tard, l’opacification se complète, le cristallin commence à diminuer de volume; il devient complétement opaque. Le stade de maturité de la cataracte est atteint lorsque, la corticale étant totalement opa-
PCT Re
que, le cristallin a repris son volume normal; la chambre antérieure récupère par suite sa profondeur normale. La cataracte mûre peut rester longtemps dans le même état ; mais, souvent, elle se transforme et de facon variable. Les fibres cristalliniennes subissent une dégénérescence progressive. Il se fait une augmentation des liquides qui entrent dans la constitution de Ia lentille ; la fibre se gonfle, sa membrane d’enveloppe s’amincit, se rompt et laisse échapper un contenu grumeux, en partie liquéfié, qui ne tarde pas à subir la dégénérescence graisseuse. On trouve alors, dans la capsule, un liquide gris blanchätre, plus ou moins opaque, dont Ia consistance est celle du lait. Le cristallin a franchement diminué de volume, la chambre antérieure est devenue plus profonde. Si l'émulsion est limitée aux fibres superficielles, par suite de la préexistence d’un noyau volumineux, ce qui est la règle chez les vieillards, il se forme une cataracte fluide laiteuse, dans laquelle flotte un noyau. C’est la cataracte de Morgagni.
La cataracte de Morgagni consiste donc en une liquéfaction, une réduction en gouttelettes de la substance des cellules et des tubes à noyau de la couche molle superficielle du cristallin. Ce liquide, à aspect lactescent, dans lequel flotte le noyau, se trouve contenu dans la cavité de la capsule.
Quelle est la base anatomique de la cataracte morgagnienne ? On observe souvent, dans cette variété de cataracte, une conservation parfaite de l’épithé-
. jium capsulaire. En plus, et ceci a été contrôlé par
de nombreuses recherches anatomiques, ce qui se
dressons l’échelle des âges, les malades se répartis-
sent ainsi :
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examen de cette échelle montre que l’âge le plus touché est la période de 70-75 ans. La fréquence de la cataracte de Morgagni, augmentant avec l’âge, suit une courbe ascendante jusqu’à 75 ans, puis cette dernière descend graduellement.
Au point de vue de l'œil atteint, nous notons 75 cataractes à l’œil droit et 77 à l’œil gauche.
CS