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son œil ; mais, plus tard, quand les couches corti- ‘ales du cristallin sont liquéfiées, la vue ne consiste plus que dans la distinction du jour d'avec l'obscurité.
Au point de vue clinique, les caractères objectifs de la cataracte de Morgagni changent, selon que l'œil est au repos ou en mouvement. Dans le premier cas, voici ce que l’on observe : la pupille est régulière, contractile, d’un blanc laiteux uniforme, sans strie, ni tache. La cristalloïde antérieure est transparente, comme c’est la règle dans cette variété de cataracte et, à travers elle, on aperçoit, s’il est assez volumineux, le noyau. Il se montre sous la forme d’une petite tache jaune ambré, à convexité supérieure, tranchant bien sur la coloration différente du reste de la lentille. Ce noyau est mobile, il flotte librement dans le liquide intra-capsulaire, auquel il imprime une sorte de fluctuation pendant les mouvements de l'œil.
Examinons l'œil maintenant, dans différents mouvements imprimés à la tête. Le noyau étant supposé au fond de la capsule et placé de manière que son bord supérieur, adossé à la face postérieure de la cristalloïde antérieure, apparaisse sous la forme d'un petit croissant jaune ambré, si le malade vient alors à porter la tête en arrière, le noyau disparaît subitement et toute l'étendue de la pupille prend une couleur uniforme.
Dans le mouvement opposé, celui de flexion, on voit le noyau cristallinien revenir à sa place et pré-
senter toujours le même aspect.
Ce caractère de voyage du noyau, joint à l’âge de la cataracte, qui remonte toujours à une époque assez ancienne, et à la coloration laiteuse du cristallin, permet de faire le diagnostic de cataracte de Morgagni.
Les cataractes de Morgagni, au point de vue physiologique, sont semblables aux cataractes molles, mais leur marche est beaucoup moins rapide. Lorsque les couches corticales du cristallin sont tout à fait liquides, les malades sont entièrement aveugles, aussi bien à une lumière modérée qu’au grand jour.
B. — Diagnostic 1° Diagnostic positif.
Le diagnostic positif de la cataracte de Morgagni se fera donc à l’aide des quatre signes suivants :
a) AGE DE LA CATARACTE. — C’est une cataracte survenant chez des sujets âgés et remontant à une époque assez ancienne (12, 15 et même 20 ans).
b) CouLEUR DU CRISTALLIN. — Couleur blanche uniforme de la pupille.
c) PRÉSENCE DU NoYAU à la partie inférieure des couches corticales ramollies, présence décelée par l'apparition d’un arc de cercle, circonscrivant une couleur jaune ambré, différente du reste de la pupille.
d) LE VoyaAce en différents sens, que l’on peut faire exécuter au noyau en changeant brusquement la position de la tête du malade.
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2° Diagnostic différentiel.
Nous avons à différencier la cataracte de Morgagni de la cataracte molle, de la cataracte dure et de la cataracte adhérente à la capsule.
a) CATARACTE MOLLE. — La cataracte molle est une cataracte complètement ramollie au centre et à la périphérie ; elle est donc dépourvue de noyau. Tandis que les cataractes demi-molles sont celles qui ont un noyau dur et les couches périphériques molles, mais non liquides. J
Les cataractes molles s’observent chez de très jeunes sujets ; le début de la maladie remonte au plus à deux ou trois ans. Le champ pupillaire présente une couleur blanche uniforme, mais moins transparente que celle de la cataracte à noyau flottant, qui a un aspect tout particulier. Le volume de la cataracte est très grand ; la capsule est poussée en avañt. La chambre antérieure est donc diminuée d’étendue, et l’iris est projeté en avant.
Les cataractes molles sont des cataractes à évolution rapide.
b) CATARACTE DURE. — La cataracte dure est une cataracte remontant à 4, 5, 6 ans, tandis que la cataracte à noyau flottant peut avoir 12, 15 et même 20 ans. Le cristallin est blanc ; toutefois, son centre présente une couleur jaune caractéristique, d’où le nom de cataracte ambrée que l’on a donné à cette cataracte. Le volume du cristallin est diminué. Rarement, les malades, porteurs d’une cataracte dure,
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sont entièrement aveugles. Presque toujours, ils conservent la faculté de voir de très près les objets même assez petits. À un demi-jour, leur pupille se dilatant largement, les couches périphériques du cristallin qui ont conservé un peu de transparence sont traversées par la lumière et la vision se fait passablement.
c) CATARACTE ADHÉRENTE A LA CAPSULE. — C’est une cataracte remontant à une époque fort ancienne et plus fréquente que la cataracte de Morgagni. La chambre antérieure est augmentée dans son étendue, par le fait de la diminution de volume de la lentille, dont les couches corticales liquides se sont résorbées peu à peu, pour ne laisser après elles que les phosphates et les carbonates calcaires. Quant au champ pupillaire, il a sa couleur normale en certains points, tandis que, dans d’autres, il y a de petites opacités qui paraissent situées sur un plan antérieur au cristallin. Ces petites onacités siègent sur la face postérieure de la cristalloïde, à laquelle elles adhèrent, et sont constituées par des dépôts calcaires et phosphatiques.