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Rôle du rachitisme

On sait quelle importance est attribuée au rachitisme dans la génèse de la cataracte zonulaire. Nous

sommes loin de lui attribuer la même valeur pour ce qui concerne la cataracte totale. En effet le rachitisme est assez fréquent pour permettre quelques coïncidences. Or il est signalé chez six de nos malades, mais des restrictions s'imposent :

Trois de ces malades étaient atteints de tétanie (obs. XXV et XX VII). Or une grande statistique de . Kirchgasser (cité par Peters) rapporte ces nombres : sur 283 enfants atteints de tétanie, 226 étaient rachitiques. Nous avons vu plus haut l'importance spécifique de la tétanie.

De même, dans l’observation XIV, la place du rachitisme est bien effacée à côté de celle du diabète.

En opposition à ces faits, nous signalons les suivants :

L'observation XLI indique chez un très jeune enfant le rachitisme comme seul antécédent. En raison d’un intérêt d'un tout autre ordre cette observation est rapportée dans le chapitre suivant.

Enfin nous donnons ici l'observation de l’enfant dont l’examen nous a donné l’occasion d'entreprendre ce travail.La seule tare apparente de cette enfant est constituée par quelques troubles liés certainement au rachitisme, Nous ne pouvons pas affirmer l’existence d’une relation de cause à effet, mais ces troubles marquent cependant la place de cette observation. | LS

Nous noterons en outre quela grand'mère de l’enfant est atteinte de cataracte sénile, |

Oss, XXXII (inédite). — Service du Dr Dupuy-Dutemps (Fondation Rotschild). G... Marguerite, âgée de six ans, entre le 45 avril 1920.

Antécèdents personnels. — Née le 15 août 1914. Nourrie au sein. À fait ses premiers pas à un an. Les premières dents sont apparues à onze mois. Elle a commencé à parler vers quatorze ou quinze mois. Les seules maladies connues sont la coqueluche au cours des premières années, et, en septembre 1919 une érup- tion croûteuse et suintante de la figure et des oreilles (Impétigo?)

Antécédents héréditaires. — La grand'mère maternelle est atteinte de cataracte sénile,

Parents bien portants. La mère, âgée actuellement de 46 ans, a eu neuf enfants. Le troisième est mort à l’âge de neuf mois de broncho-pneumonie.

Les huit autres sont vivants et bien portants.

L’aînée est âgée de 22 ans, le plus jeune a trois ans.

La sœur de la mère a également plusieurs enfants en bonne santé.

Etat à l'entrée. — Enfant d'aspect robuste ; taille : 4 m, 10. Dents petites, sans déformation. Les deux incisives médianes supérieures sont un peu écartées. Tibias légèrement incurvés, -Chapelet de nodosités costales, peu visibles, mais faciles à percevoir à la palpation ; réflexe rotulien normal. L’enfant est intelligente et éveillée. Elle commençait à savoir lire avant sa maladie.

En décembre 1919, les parents remarquent une teinte blanche de la pupille O. D. |

Depuis le mois de mars 1920, la pupille gauche s’est troublée à son tour. L’enfant avait auparavant une très bonne vue.

15 avril 1920. — Réflexes pupillaires normaux.

O.D, cataracte totale blanche (atropine).On perçoit les détails de structure du cristallin. Aucune trace d’altération capsulaire ou irienne..

J. Plicque 4

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O. G. Compte les doigts à 0 m. 50.

16 avril. — O. D. Discision au couteau de de Graefe (cocaïne).

95 avril. — Par la brèche capsulaire étroite, les masses molles font saillie ; aucune réaction.

20 mai, — Le cristallin est notablement réduit.

28 mai. — O. D. Discision large (cocaïne).

49 octobre. — Il reste une fine membranule.

5 novembre. — Discision aux aiguilles (cocaïne).

8 novembre. — O. D. V — 2/10 avec + 12. L'alphabet est en

grande partie oublié. Le fond d’œil est normal.

Malgré certaines imprécisions, l'observation suivante semble apparentée au rachitisme. Cette observation est en outre très remarquable par l’évolution.

Oss. XXXIIL (Natanson). — {2 octobre 1903. — Un enfant de 27 mois est conduit à la consultation par ses parents pour une cataracte ayant débuté à l’âge de six mois.

Actuellement: cataracte totale bilatérale,

L'enfant semble en mauvais état ; Son caractère est ombrageux et capricieux. Il ne sait encore ni parler, ni marcher. Il a subi à l’âge de un an une opération pour calcul vésical, <

Ni convulsions, ni maladie d'enfance remarquable.

Autant qu'on peut s’en rendre compte, la projection lumineuse est bonne. En dehors des cataractes, d'aspect laiteux, les yeux semblent normaux.

13 octobre. — Discision bilatérale, Les capsules se laissent à peine entamer. Atropine,

1% octobre. — Les capsules ne sont pas discisées, et les deux cristallins sont luxés dans les chambres antérieures.

18 octobre. — Réaction glaucomateuse.

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20 octobre. — Kératotomies temporales, avec transfixion directe des capsules. |

Extraction de masses molles visqueuses; mais les capsules restent à demi flottantes au devant des iris.

L'enfant guérit bien, et, en moins de trois semaines, on vit se faire la résorption progressive presque complète des capsules, 11 janvier 1904. — Aucune trace des capsules n’est visible.

O. D. Pupille ronde, libre.

-O. G. Petite synéchie antérieure.

L'enfant marche seul et semble bien voir.

Au sujet de l’action du rachitisme pour la production des cataractes infantiles nous donnerons cette conclusion : son rôle paraît probable dans certains cas, mais ne peut nullement être affirmé. La question pourrait être résolue par la recherche systématique des stigmates du rachitisme bénin. Cette recherche n’a certainement pas été faite dans la majorité des cas.

J. — Rôle de la tuberculose

L'observation XXII indique, chez une diabétique, la découverte à l’autopsie d’une tuberculose généralisée. Ce fait unique n’est pas significatif. La cataracte n’a jamais été signalée comme complication d’une tuberculose avérée. Le rôle de l’hérédité tuberculeuse

Fe resteégalement dans l'ombre ; mais la documentation

sur ce point est tout à fait lacunaire.

K. — Rôle de la syphilis

La présence de stigmaies hérédosyphilitiques sûrs

- n’est mise en évidence dans aucune de nos observations. A la polyléthalité infantile signalée dans l’observation XVIII (cataracte diabétique) nous opposons les cas variés où l’existence d’enfants nombreux et robustes est signalée. Peut-être pourrait-on attribuer à la syphilis un rôle indirect, par la production de lésions des glandes endocrines. Encore faut-il : tenir compte des coïncidences. Examinez au hasard cent enfants. Plusieurs d’entre eux seront — cliniquement — des hérédosyphilitiques. Si une proportion analogue se retrouve chez des enfants atteints de cataracte, l’action de la syphilis devra être tenue pour négligeable.

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