SIGNES. DIAGNOSTIC. ÉVOLUTION
Mode de débat.
Le début de la cataracte infantile progressive peut se faire de deux façons :
Tantôt les deux yeux sont atteints sensiblement en même temps ; tantôt la cataracte est, à l'origine, unilatérale. Dans ce second cas, l’œil resté sain se trouble presque toujours à son tour après quelques semaines ou quelques mois. Cependant l’observation X nous montreun enfant porteur d'une cataracte unilatérale vieille de six ans et demi.
Le début de la cataracte se manifeste par l’altération de l'aspect noir profond du champ pupillaire.
Un reflet gris bleuâtre superficiel apparaît. En même temps se dessine le miroitement de l'étoile cristallinienne. L'acuité visuelle est dès ce moment atteinte. Mais les. enfants s'observent peu ; si le début n’est pas simultané dans les deux yeux, le patient n’accuse aucune gêne.
Très vite, l’opacité progresse. Très souvent en peu de jours, parfois en quelques heures, elle gagne la totalité du cristallin. En général, quand l’oculiste voit pour la première fois le malade, le fond d'œil,
* d’un côté au moins, est inéclairable. La chambre antérieure estdiminuée de profondeur ; le gonflement du cristallin fait bomber l'iris en avant. Le champ pupillaire présente une surface blanc nacré ou bleuâtre, quelque peu différente de la teinte grise habituelle des cataractes séniles.
Cette surface blanche est divisée en secteurs par le dessin de Pétoile cristallinienne,
Evolution
Cet aspect va se modifier. Après quelques mois, le dessin de l'étoile cristallinienne s’efface ; la cataracte prend un aspect laiteux homogène. Il s’est produit une liquéfaction au moins partielle des masses cataractées.
Ce nouveau stade peut durer fort longtemps cependant le cristallin va se modifier peu à peu et tendra à acquérir une des formes classiques de cataracte régressive. Ces cataractes régressives ont été parfaitement décrites depuis fort longtemps. Les progrès opératoires et la diffusion de l’oculistique les rendent en outre d'observation rare. Aussi nous bornerons-nous à une description très brève: -.
La plus commune est la cataracte membraneuse ou aridi-siliqueuse. Le cristallin, résorhé en grande partie, est réduit à un disque mince, éloigné de la cornée, quelque peu translucide, formé par le sac capsulaire renfermant quelques débris cristalliniens. Ces débris peuvent acquérir une consistance dure,
un aspect blanc mat ; on se trouve en présence de la cataracte crayeuse.
Quelquefois au contraire le sac capstilaire reste rempli d’un contenu liquide. À la longue, ce contenu perd son homogénéité. La partie supérieure s’éclaircit, devient grisâtre, translucide, tandis que la matière blanche en suspension se dépose dans les parties déclives. Les altérations de la zonule laissent prendre au cristallin une forme sphérique (cataracte kystique).
Par suite des altérations zonulaires, les cataractes régressives peuvent aboutir à la subluxalion du cristallin, Cette subluxation n’a, bien entendu, aucun rapport avec la subluxation familiale.
Diagnostic
Le diagnostic de la cataracte est facile, mais plusieurs points sont à préciser.
La cataracte totale sera distinguée par les commémoratifs, et aussi parce qu'elle s'accompagne à peu près toujours de nystagmus. Le nystagmus pourra exceptionnellement apparaître chez un sujet porteur de cataracte acquise s’il s’agit d'un enfant très jeune, abandonné depuis de longs mois à son malheureux sort. La différenciation entre la cataracte congénitale et la cataracte acquise présente un intérêt pratique; car la première peut être associée à d'autres malformations.
On devra s’enquérir de l’état des membranes pro-
. fondes de l’œil. La tension oculaire sera examinée au doigt; on vérifiera l'existence du réflexe pupillaire à la lumière ; on pensera à remarquer éventuellement un aspect atrophique de l'iris ; on étudiera la correction de la perception lumineuse. Cette dernière recherche sera faite chez les jeunes enfants d’une façon il est vrai un peu incertaine, en démasquant sans bruit une source lumineuse intense placée successivement en différents points. On notera si les yeux de l'enfant cherchent aussitôt la lumière. Enfin on accordéra son attention à la conjonctive et aux voies lacrymales. Nous ne revenons pas sur la recherche de l’étiologie.