‹ La Cataracte totale acquise des EnfantsChapitre 20 sur 22 · SAS · texte numérisé non relu

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Doi-ton opérer les cataractes du diabète infantile ? Mile Schapira, dans sa thèse, rapporte 4 cas où l’opération fut suivie de mort à très bref délai, et conclut à l’abstention. |

Nous n’acceptons pas une manière de voir aussi absolue.

Tout d’abord les observations en ‘question sont datées respectivement de 1857, 1858, 1876 et 1886.

Donc l'opération a été effectuée, soit sous anesthésie générale, soit sans aucune anesthésie.

Dans l’une ou l’autre éventualité, un choc opératoire a été ainsi créé.

Est-il permis au contraire d'attribuer une action nuisible à une discision praliquée sous anesthésie cocaïnique, le malade n’étant bien entendu soumis à aucune modification de régime à l’occasion de cette intervention ? Mais l’opération ne doit pas seulement ne pas nuire : elle doit en outre avoir une utilité.

Or, la survie dans le diabète infantile varie de quelques jours à un an après l’apparition de la cataracte. Deux des opérations citées par Mlle Schapira | ont été tardives. |

En opposition aux cas malheureux cités par cet auteur nous rappelons l'observation XII de notre maître le D' Dupuy-Dutemps. L'opération à ici rendu supportable pendant près d’une année un triste reste d'existence.

Si l’on met à part les cas où l'allure rapidement progressive de la maladie générale justifie un pronostic fatal à très brève échéance, nous donne-

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rons la conclusion suivante : Il est légitime de tenter l'opération. Dans beaucoup de cas, elle sera suivie de mort à très bref délai, mais la mort ne sera nullement la conséquence de l’opération.

Les autres sujets retireront de l'intervention un bénéfice malheureusement peu prolongé, mais capital.

Endehors d’un état généraltrop menaçant un point particulier devra cependant faire renoncer à l’intervention : le rôle du médecin est ici des plus ingrat. Siles proches du malade sont incapables d'apprécier la situation et semblent juste susceptibles de traduire la formule : post hoc, ergo propter hoc, le médecin sera conduit à s’abstenir. La situation précaire du malade et le caractère palliatif de l’opération lui en donnent le droit.

Il nous reste un mot à dire des cataractes régressives. Pour ces cataractes, les difficultés opératoires, et, parfois, les altérations du vitré, doivent toujours faire réserver le pronostic.

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