TRAITEMENT
Plusieurs procédés opératoires s'appliquent au traitement de la cataracte totale infantile. Nous subordonnons en grande partie leurs indications à la résolution d’une question préalable : celle de l’anes-
thésie. |
L'anesthésie générale, aussi brève que possible, ne sera employée que par nécessité absolue, c’est-àdire chez les enfants âgés de moins de six à sept ans, et chez quelques enfants plus âgés, mais intraitables. Il est à noter que l’enfant âgé de quelques semaines seulement supporte fort bien l’action du chloroforme, Partout où ce sera possible -—- et l'opérateur devra recourir à toute sa diplomatie et toute sa patience — on fera usage de cocaïne.
L’anesthésie générale présente en effet de graves inconvénients : Elle constitue un danger de mort évalué, suivant les auteurs, à un cas pour mille, un cas pour trois mille. Vis-à-vis d'une opération absolument bénigne au point de vue vital, ce risque prend une importance de premier plan.
L’anesthésie générale est malpropre. Les mucosités rejetées par le malade, les manœuvres de l’anes-
DA Le
thésiste compromettent rapidement toute asepsie.
Enfin le réveil des enfants chloroformés est souvent très brusque. Il sera particulièrement inattendu au cours d’une intervention sur la face, pendant laquelle l'opérateur gène constamment son anesthésiste. C’est dire que l’anesthésie générale ne supprime pas absolument le risque d’un mouvement intempestif du malade.
Les interventions les plus fréquemment indiquées seront la discision et l’aspiration.
A) Discision. — Indications : Elle sera employée chez les très jeunes enfants, chloroformés ou non. La rapidité et la simplicité de manœuvre sont en effet ici dé la plus haute importance. |
. Technique : Elle peut se pratiquer au moyen de laigüille de Bowmann ou du couteau de De Graefe. La pupiile dilatée par l'atropine, on ponctionne la cornée au niveau du limbe, à l'extrémité externe du diamètre transversal ; la pointe est dirigée directement vers le tiers supérieur du diamètre pupillairevertical ; elle pratique de haut en bas une incision de la capsule. Afin d'éviter un gonflement trop rapide des masses cristalliniennes, cette incision capsulaire restera peu étendue et peu profonde.
Avantages de la discision : Simple et rapide, cette: opération constitue un traumatisme oculaire très minine. La petite plaie cornéenne se referme aussitôt. Il en résulte une grande sécurité vis-à-vis de petits patients à qui il est impossible d'imposer la sagesse après l'opération.
Inconvénients : Assez souvent, à la suite d’une discision un peu large, se produira un gonflement excessif des masses cristalliniennes. Si ce gonflement cause de l’irritation glaucomateuse manifeste, il sera nécessaire d'extraire d'urgence les masses molles. Par ailleurs, le malade est rarement guéri par une seule discision. Deux ou trois opérations sont le plus souvent nécessaires.
: B) Aspiration. — L’aspiration peut être pratiquée isolément. Mais dans la cataracte acquise spontanée, même sans parler de la présence possible d'un noyau, la cohésion du cristallin rendra souvent l’opération incomplète. Il est plus avantageux de pratiquer tout d’abord une discision ; puis, dans un deuxième temps, après guérison parfaite de la discision, on fera l'aspiration. Cette opération est plus complexe que la discision ; elle laisse une plaie cornéenne plus large ; mais elle permet d'obtenir rapidement un très bon résultat fonctionnel.
Indications : L’'aspiration est indiquée chez les enfants dont l’âge et la sagesse semblent promettre un calme suffisant au cours de l'intervention. Sans qu'il y ait rien d’absolu on peut fixer la limite d’âge . vers dix ans.
Technique : On utilise le couteau lancéolaire. La pupille dilatée, on pratique une incision un peu en avant du limbe, au niveau du rayon externe. Après une large section de la capsule, soit en un temps par la pointe de la lance, soit au moyen du disciseur,
on aspire les masses molles au moyen de l'aspirateur de Redard. |
C) Extraction linéaire. — L'incision linéaire, non combinée à l’aspiration, permet, malgré une section cornéenne plus large, une extraction plutôt moins complète que l’aspiration.
D) Cataractes à noyau. — Les procédés précédents échouent. On pensera à la présence d’un noyau dur. Après guérison complète de opération préalable, il sera nécessaire de pratiquer une extraction à lambeau cornéen, comme s’il s'agissait d’une cataracte sénile. Suivant ses préférences l’opérateur pratiquera l’extraction combinée à l’iridectomie, ou bien l’extraction simple avec suture cornéenne de Kalt.
E) Cataractes régressives. — L'usage de la pince capsulaire donnera en général de meilleurs résultats que les essais de discision. Ceux-ci risquent de provoquer la luxation du cristallin. La suture cornéenne constitue, dans ces cas difficiles, une excellente prévenltion contre une perte excessive de corps vitré.
F) Cataractes secondaires. — Leur discision ne présente rien de particulier. Un très bon procédé est le procédé aux deux aiguilles. Ce procédé assure une brèche large en cas de membranule rigide.