U mill« romain vaut un peu plu» d'un kilomètre
n'arrivâmes que le lendemain matin, longtemps après le lever du soleil. Tant de lenteur nous reporte presque au xiv* siècle où , suivant le témoignage de l'évtfque Amélius, Grégoire XI avait mis deux jours entiers à faire le même trajet. « De Borna usque Anagniam Peracto spatio duorum diemm viam direxit Anagniam cum solertio. » Puis, les nombreuses croix plantées sur les bords de la roule 1 , et les rencontres fréquentes des gendarmes à cheval faisant leur ronde de surveillance rie sont pas de nature à ôter de l'esprit l'idée, sinon la peur, des brigands qui désolent le pays. Au reste, être dévalisé sur In route d'Anagni est loin d'être chose nouvelle, car nous apprenons de la «Chronique de Forli ■ et de la « Chronique de la maison d'Esté ■, que Boniface VIII y perdit, en 1296, quatre-vingts charges d'or et d'argent qui tombèrent entre les mains de Jacques Sciarrn. • Eodern anno Columnenses romani accesscrunt et derobaverunt magnum thesaurum auri et argenli domno p.ipœ Bonifacio *. »
L'on quitte Borne à In Porte-Majeure et, après avoir côtoyé quelques instants le chemin de fer de Frascoti et les aqueducs romains, ces œuvres gigantesques de deux civilisations si différentes, l'on entre dans une plaine inculte, brûlée par le soleil et qui n'est limitée qu'à l'horizon , par une chaîne de hautes montagnes. Cette immensité a un aspect triste, quoique grandiose, que ne font oublier, ni a « Tor Pignattara » , les ruines de l'ancienne basilique des SS. -Pierre et Marccllin \ ni à • Torre Nuova ., l'église bâtie par Clément VI 11
1. Les jwiis de la rdmp»i;iie mettent une croix de bois là même où le crime a été commis, afin d'en rappeler le souvenir au voyageur et de l'inviter pieusement a réciter un « De profunili*' pour l'âme de l'infortunée, victime qui est U>ml>é»s en cet endroit sous le poignard de l'assassin.