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CATHÉDRALE D'ANAGM.
■Hro des l'cpiscopat de snint Pierre, soil comme ornementation, «oit à cause du marbre sur lequel elle esl gravée. Elle mentionne une donation faite à l'église de Sainte-Marie par Romuald , neuvième évêque d'Anagni, qui n'e«t connu que pour avoir assisté au concile de Rome en 826 Le caractère épigraphique est bien celui du ix* siècle: les mots, liés les uns aux autres, et partagent difficilement dans la seconde ligne , que j'interpréterais dans le sens » d'une maison située sur une propriété du nom de Potonico. •
En plan, la cathédrale forme une croix latine, sensible seulement au dehors et, à l'intérieur, par l'élévation des transsepts. Partagées en six travées de longueur, chacune des nefs s'arrondit en abside au chevet. A chaque travée, il se produit cette alternance : une colonne centrale s'élance jusqu'à la voûte et est flanquée de deux colonnettcs plus basses qui supportent les arcades de communication avec les bas -cotés; ou un massif de colonnettes reçoit la retombée de ces mûmes arcs, et la colonne coupée à mi -hauteur appuie sur une console historiée. Tantôt on y voit des figures grimaçantes, tantôt le bœuf et le loup de la légende, ou même le loup seul, sculpté en haut-relief el de taille naturelle. Les chapiteaux sont tous à crochets. L'architecture des bas-côtés est plus simple encore. Les corbeilles qui surmontent les pilastres de support sont plates et maigres.
Le souvenir des travaux, conduits à bonne fin par saint Pierre , fut consacré par une inscription en vers. L'église d'Anagni n'en possède qu'une copie, faite vers le x\T siècle:
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On reprochera peut-être û cette poésie, que je ne dédaigne nullement, une .acture sans art; quoi qu'il en soit, il serait curieux de la rapprocher des dédicaces d'églises des trois derniers siècles. Saint Pierre reporte à « Tautcur de tout bien » une construction qui , à ses yeux , ne lui vaut d'autre mérite que te droit d'implorer la miséricorde du Fils de Dieu. Quel contraste de foi vive et d'humilité profonde avec cette vanité et celte suffisance des fondateurs
I. i Huino;ili)us in conciliu Rumami, an no 8î6. sub Eugenio n, apuil Baronmm ». — « Ugtielli «. i, < ol 3 7.
modernes, qui ne font parade quo d'eux-mêmes! C'était au reste assez à l'avenant avec le style grec dont ils faisaient leurs délices.
Sénèque nous poursuit encore avec son nom et ses dévastations qui nous pèsent comme un cauchemar. Je n'ai pas le cœur d'avancer plus loin, et j'abandonne à Marangoni un récit trop pénible : « Vorum hoc jam tôt saculorum «etatc fatiscens, ab episcopo nostro Seneca, sœculo xvi labente, omnino sublatuni in amplissimum fornicem immutatum fuit ' ; qui etiam omnes picturas sacras, quascircum parietes lolius hasilien? depingi curaverat, S. Petrus, utpote temporis vetustate detritas, albo tectorio cooperirî fecit*. » Marangoni n'a pas osé dire toute la vérité, mais je la liens de MM. les chanoines qui la conservent par tradition et en déplorent les tristes résultats. Ce n'est pas parce que les poutres de la charpente étaient trop « vieilles » qu'on les enleva; quo les peintures étaient « endommagées > par le temps, qu'on les couvrit de badigeon; mais bien parce que les unes et les autres étaient thop i. vides : les poutres faisaient de l'église une grange, et les peintures donnaient des distractions aux fidèles. On ûta au plus vite cette magnifique « forêt • , que maintenant encore il nous plaît tant à voir dans les basiliques de Saint-Saba, de Sainte- Sabine et de Sainte -Balbino, seules gardiennes, a Rome, d'un système partout abandonné. Pour établir la voûte en plein cintre, on masqua les colonnelles englouties désormais sous la masse d'énormes piliers; puis on passa les murs au lait de chaux. La science fera un jour justice de si ancres profanations, et, sous un évôque éclairé, aidé généreusement de son chapitre, la basilique de saint Pierre recouvrera sa splendeur assombrie un instant pour ceux qui, la méconnaissant, étaient indignes d'en jouir.
Le pavé de la cathédrale est tout entier en mosaïques de pierres dures, où le serpentin et le porphyre se combinent constamment avec les marbres de différentes couleurs. Ouvrage de maître Cômc , il se compose de figures géométriques d'un dessin élégant et varié : à peu de chose près , c'est en substance du même genre que celui des églises de Saint -Chrysogone , de Sainte Marie in-Cosmedin, de Sainte -Marie -Majeure et de Saint-Laurent hors les murs, à Rome ». Exécuté sous l'évêque Albert , il date des premières années du
4. ■ Quibus (columnis) alii parie tes ablegnas trabes suslincbant, quibus Iwtum omoe
ponfirirbalur ». — « Ad. S. Magn. », p. 4JÎ.
t. .Id. »,ibid.
3. Nous avons tu, dans les hivers de 485i et de 4855, des archéologues anglais estamper à la rire anglaise les plus beaux pavage» mosaïques des basiliques de Rome. Leur idée était de s'en servir pour la confection des tapis d'église ; ce sont on effet d'excellents carions à offi ir aux fabricants, et nous ne saurions trop applaudir à ce goût archéologique qui tend i rétablir l'homogéneiic de style jusque dans les objets de détail.
xiii' siècle et est dû en partie à la libéralité du chanoine Raynauld - , sooè 1 diacre apostolique et chapelain * du pape Honorius 111 ». Nous apprenons tous ces détails d'une inscription encastrée dans le pavage môme, près le chœur d'hiver: