‹ La cathédrale d'AnagniChapitre 18 sur 51 · BANCTa) D(e)i CENETRIX (ll)ABERE TALE [m) p(ONTiriCEM · texte numérisé non relu

BANCTa) D(e)i CENETRIX (ll)ABERE TALE [m) p(ONTiriCEM

terris », et les cent pieds d'oliviers 1 qu'il a plantés lui-même sur la propriété concédée par le pape saint Léon :

cvm c(r!*t\h) arbori olibarv(m) cot mos plaxtabinvs p(vk)do

«VI H Ul KA9ALIS POSITI SV.TTQVOT D (OUI ) N ( Vs) LEO P(.)p(a:

Il y aurait un certain intérêt à constater la position de tous ces fonds et a remonter aux origines de leurs dénominations, car ce n'est pas sans raison que l'un se nomme le • Jardin des Diacres», et un autre la terre du « Pèlerin». Macerata n'est éloigné d'Anagni que de quelques milles et dépend encore du chapitre. Je placerais près de l'endroit où l'empereur Othon établit ses bains, connus sous le nom de «Bagno», par conséquent sous les murs mêmes de la ville, cette \ignc du fonds « Bubarika ».

hisf.a(ji) I* IPSO fvnd(o) qvod «*(t) sysabua cvm (casis?)

OICUV» AT BALXEV(»}

Les mots se suivent dans l'inscription sans aucune séparation. Les seules lettres liées sont \ et t, n et d, n et K. Partout le a remplace le v, lorsque la consonnance de prononciation est à peu près identique: ainsi on écrit «parba, bidetur, nobe (m) olibarvm, bineam, silbis », pour tparva, videtur, novem olivarvm, vincam, silvis», sans autre inconvénient que celui de la singularité. II n'en est pas de même pour les verbes « parabimvs, comparabimvs, plantabimvs», qui, par cette modification, expriment le futur et non le passé, quoique telle soit l'intention du graveur.

Il est pénible de pressentir que ce monument épigraphique du xi* siècle ne durera désormais que de courtes années. Fracturé en plusieurs endroits, tenu dans l'obscurité par la clôture du chœur et usé sans cesse, sur le passage si fréquenté de la sacristie, par le frottement des pieds, il est déjà en fort mauvais état. Le» leltres, demi-effacées et réduites la plupart à un trait sans profondeur, exigent pour la transcription une lecture longue et patiente, qu'un cierge allumé devant moi , un grattoir d'une main cl une éponge mouillée de l'autre, j'ai entreprise avec un succès qui a dépassé mes prévisions. Français et archéologue, confondant dans une même affection la patrie et Anagni, je réclame avec instance et comme d'urgence que ce marbre soit enlevé du pavé et placé pour sa conservation dans le mur qui l'avoisinc. Messieurs les chanoines ne refuseront pas à notre sollicitude une satisfaction qui témoignera de leur zèle et de leur bonne volonté.

4 . Sans doute pour l'entretien des lampes de l'église, comme l'avait Tait à Rome saint Grégoire le Grand pour les basiliques des saint* autres Pierre et Paul.

Le transsept fut reconstruit ou ajouté au xin* siècle; pour préciser davantage, je ne serais nullement éloigné de l'assigner a l'évoque Albert et à l'architecte Cosme qui, en 1221, pavaient et embellissaient la basilique souterraine. Ses trois travées ogivales annoncent une main sûre et hardie. Les colonncttes s'élancent et se ramifient en vigoureuses nervures qui forment l'ossature de la voûte*; l'ogive monte habilement appareillée et découpée en tiers-point; les crochets feuillagés s'épanouissent aux angles et sous le tailloir des chapiteaux. On se croirait en France, tant il y a d'art et de savoir dans cette construction en style ogival. Le moyen âge a fait le tour du monde, et partout il a imprimé le cachet impérissable do son génie.

On monte au chœur par cinq marches. Ouvert et sans clôture, ce chœur est dépouillé de ses nmbons incrustés d'émaux qui gisent par fragments dans le latéral du midi *, depuis qu'un évéque — je ne m'occupe pas de savoir son nom, c'est assez de connaître Sénèque — modifia le chœur et le sanctuaire, désorienta l'autel, changea son trône de place et remua tout, parce qu'on ne le voyait pas bien lorsqu'il officiait. Le vieux siège de bois ouvragé, fixé par des régies invariables, au fond de l'abside ou « presbyterium •, fut porté à la sacristie, et l'on éehafauda à la droite du chœur, en téte des stalles, un trône qu'aux solennités on parc de loques rouges ou blanches, et qui ne fait plus de l'évêque, autrefois visiblement seul maître du sanctuaire, que le premier de ses cha-

L'oricntation est, en liturgie, un point capital. Elle a son origine dans la coutume des premiers âges et son application constante dans toute la série des siècles jusqu'à la renaissance. Si, comme à Anagni et dans la plupart des basiliques de Rome, l'église elle-même, par des circonstances accidentelles de terrain, ne peut être dirigée que vers l'occident, pour sauver le principe, l'architecte tourne: a l'autel au soleil levant. En sorte que le prêtre a la messe, personnifiant l'assemblée des fidèles et résumant leurs vœux comme dans une t collecte » générale, les offrira à celui qui est la vraie lumière, et remplira lui seul une prescription à laquelle le peuple ne peut s'assujettir.

Il ne faut pas chercher ailleurs la raison d'être de ces autels tournés vers le peuple ; y vouloir trouver l'insigne ou le privilège d'une basilique serait puéril,

<. Les nervure» de la croisée d'ogives cl le* colonne» correspondante» sont ovoïdes, t. Il en reste iwseï pour conjecturer quïls étaient faits sur le modèle de ceux de Saint -Césaire et des SainU-Néroe-et-Achillé, à Rome.

nomes.

car il resterait à prouver celte assertion avancée trop gratuitement. Nous nous sommes arrêté à ce détail, parce que les lois de l'orientation ne nous ont pas paru suffisamment comprises, et qu'il nous est revenu que certaines . cathédrales de France, oubliant qu'elles sont parfaitement orientées, auraient la prétention de se donner un air basilical, en dirigeant la face de leur maîtreautel vers la porte d'entrée. Il est très-permis d'imiter ce que l'on goûte en Italie, mais préalablement il serait utile de s'enquérir des motifs réels qui ont fait adopter telle forme plutôt que telle autre, «mis peine d'agir inconsidérément.

« Mal tournée », comme on disait au moyen fige, la cathédrale d'Anagni avait en compensation son autel à l'orient. Quand l'autel , lui aussi, eut été • mal tourné », certain remords inquiéta l'évôque perturbateur qui commença l'usage d'officier, suivant l'ancien rit, le jour de Noël seulement. Le bon sens avait repris momentanément le dessus, et il s'était aperçu que s'il est un jour dans l'année où les regards doivent être fixés vers l'orient, c'est assurément celui où, par la naissance du Sauveur, il se lève sur le monde un soleil nouveau dont les rayons bienfaisants éclaireront les ténèbres Puisse ce remords légitime ne pas être limité à une fête, et MM. les chanoines ne pas hériter des torts de leurs prédécesseurs!

L'autel a la forme d'un sarcophage carré en marbre blanc, posé sur un socle et recouvert d'une table, l'un et l'autre ornés de moulures : aux angles, sont plaqués des pilastres cannelés sans épaisseur. Cette simplicité de l'autel majeur s'explique facilement : tout ornement eût été superflu, du moment où il était nécessaire de revêtir l'autel entier d'un parement analogue à la couleur de la solennité. Assez large, quand toute la parure d'autel consistait dans une croix et deux chandeliers, il est actuellement trop étroit : pour les six chandeliers massifs, qui sont de règle aujourd'hui, on a ajouté un gradin qui déborde sur les côtés et fait un assez triste effet. Puis, afin d'encombrer davantage, on place des bouquets de fleurs artificielles entre les chandeliers. C'est, à vrai dire, la première cathédrale que je rencontre abaissant sa dignité jusqu'à adopter ces enfantillages de papier, nés du goût équivoque des religieuses cloîtrées.

Alexandre III, le 30 septembre 1179, consacra l'église, le inaltrc-autel et les autels latéraux. Un Rituel manuscrit, de 1292, conservé aux archives, relate que chaque année, après avoir lu l'acte de consécration et le catalogue des reliques déposées dans les autels, le diacre promulguait les indulgences accordées par le pape pour ce jour anniversaire. Je n'en cite que la rubrique.

<• « VisiUvit nos orieni ei alto.... illuminant nia qui in tenebns.... «edeot » — « Cantique

«Titulus consccrationis occlcsie Anagnine, qui Icgitur in ipsa consécrations die in ambone per diacnntirn, priùs officiuin, in inodum lectionis 1 ».

Le « ciborium » ou baldaquin est du même style et de la niétne époque que ceux de Saint-Lnurent-hors-les-Murs et de Saint-Georges-in-Velabro, a Home. 11 doit précéder de très- peu la dédicace de l'église. Quatre colonnes isolées, disposées en carré, supportent une frise incrustée d'émaux dorés et de diverses couleurs. Sur celte frise s'élèvent successivement deux galeries a jour, l'une carrée, l'autre octogone, ingénieusement divisées par des colonnettes ; puis un toit octogone tronqué à la partie supérieure ; puis deux autres galeries semblables aux précédentes, la dernière ayant pour ornement un toit aigu et la croix à double traverse. Au pourtour, quatre tringles de fer, où glissent encore les anneaux auxquels s'attachaient les rideaux *; elles restent comme derniers vestiges d'un rit qui a cessé dans l'Église romaine vers le xvr siècle, et ne s'est maintenu que dans l'Kglise orientale.

Au-dessus des stalles, on peignit, dans le siècle dernier, d'après les por- Ir.iils originaux de l'ancienne basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs, les quatre papes d'Anagni : Innocent 111, Grégoire IX, Alexandre IV et Boniface VIII s . Chanoines autrefois de la cathédrale, ils associent encore leur gloire a celle du chapitre. Par eux, l'église d'Anagni s'est enrichie de deux privilèges qui lui donnent rang parmi les plus insignes de la chrétienté : déclarée • basilique sacrosainte * «, elle jouit du droit de timbrer ses armoiries du pavillon et des clefs pontificales, et de se faire précéder aux processions de ce même pavillon 5 ; puis, par une dérogation au droit commun, elle use de la croix archiépiscopale, quoique son litre ait toujours été celui de siège épiscopal.

L'ameublement du chœur se complète par un pavage mosaïque plus délicat

t. Il parait que l'usage do désigner les jours de la semaine par le lerme dos « fériés » n'était

pas encore établi, puisque le « mercredi » y est appelé « jour de Mercure » : « et diebus Mer-

cunis venientes ad missam ».

2. J'ai constaté la présence de ces tringles cl de ces anneaux aux baldaquins do Saint- Clément, île Sainte-Cécile et de Sainte-Marie-in-Cosmedin. Anastase le Bibliothécaire défrit ainsi les rideaux de l'autel : « Fecit et in dreuitu aluns alia vola alba holoserica rosata, qua? pendent in

arcu de ciborio, numéro quatuor ». — (• ln vit. S. Leonis III ».) — « Vola de rodino quatuor,

qu8 sacrum altare circumdanl, ex quibus unum habel crucem de chrysoclavo «. — « (In Vit. Grcgorii IV ».)

3. Innocent III Conti, créé en H98 et mort en 1216 — Grégoire IX Conli, créé en 1227 et mort en 124». — Alexandre IV Conti, créé en 125» et mort en 126t. — Bonitace VlH Gaetani, créé en 4 294 et mort en 1 303.

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