‹ La cathédrale d'AnagniChapitre 20 sur 51 · On a transporté ces reliques a la sacristie · texte numérisé non relu

On a transporté ces reliques a la sacristie

4. Cette omission du c dans saxtobvm est un italianisme qui fait pressentir le langage vulgaire d'où est exclue toute consonnance dure.

5. • Petrvs Gvidonis » est pour « Petrvs filivs Gvidonis », comme sur la cloche de Boniface il y avait : « Andreottus et lohannca condam Guidocti », au lieu de c Andrcotluset lohannes Glii condam Guidocti t. En italianisant, on dit : « Pietro Guidoni ». Guido ou Guy, dans lo principe, nom de. baptême, devint pour le fils nom distinclif de famille. — Un des témoins au partage des flefs des Colonne, en 4i53, signe : « Dominus Jacobua Guidoni» Clericus ejusdera ceci. (Saint-Laurent

Il n'est pas nécessaire, je crois, de donner la traduction de cette inscription; toute surchargée qu'elle soit de sigles abréviatifs, elle est assez facile à lire et a comprendre.

Zuccheri peignit à fresque l'abside, ou plutôt la fil peindre par un de ses •'lèves : pin • a.\ • dm 1673. Un peintre en bâtiments retoucha tous les personnages, c'est-ù-dirc, qu'il les barbouilla, cl, a part quelques têtes qui mériteraii-iil d'être reportées sur toile, on pourrait couvrir le reste de l'« albo tectorio • du blanchisseur Sénèque, sans aucun inconvénient pour les arts, mais, au contraire, pour l'embellissement de la basilique. Ces fresques partagent l'abside en trois zones. A la voûte, Marie agenouillée reçoit du Père et du Fils 4 une couronne d'étoiles; le Saint-Esprit plane au-dessus de sa tête dans la lumière. A la zone inférieure, saint Jean -Baptiste montre le Sauveur et tient la croix de roseau où flotte une banderole avec ces paroles : bcce agnvs du. De chaque côté se rangent les apôtres, reconnaissablcs à leurs attributs ordinaires : saint Pierre porte les clefs et le livre; saint André, la croix en sautoir; saint Barthélémy, le couteau; saint Thomas, l'équerrc et le livre; saint Mathias, la hache; saint Mathieu, la hallebarde; saint Jean, le calice; saint Jacques majeur, le bourdon; saint Jacques mineur, la massue; saint Thadée, la lance et le livre ; saint Philippe, la croix ; saint Simon, la scie.

Vu centre, saint Magne, saint Pierre, sainte Secondine, sainte Aurélie, sainte Néomisie et sainte Olive, dont les corps reposent dans la basilique; ils se confondent avec saint Louis, roi de France *, saint Edouard, roi d'Angleterre, saint Bernard, abbé de Clairvaux, et sainte Claire s , fondatrice de l'ordre des C.larisses, qui, h différentes époques, furent canonisés dans la cathédrale même d'Auagni. On montre encore, a l'extérieur et au midi, le balcon où furent don-

in Lucina), testis... • — Pendant mon séjour a Anagni, un homme do ta campagne m'apporta un sceau triangulaire du xin» siècle. L'écusson était handé de .. .. et de et autour était graviî

-f s ovidosis loiiis • ôlÂôi, c'est-à-dire : « Sigillum Guidonis lohannia Orlandi ».

4 . Le nimbe du Père éternel est un triangle ; celui du Fils rayonne en croix .

i. En 1297, le procès de canonisation de saint Louis fut achevé à Orviélo. Bonitaca VIII prononça à cette occasion, dans l'église Saint- François, deux discours pleins d'éloquence et de piété. Il y parla des soixante-trois miracles que lui-même a vérifiés ( « Sexaginta tria miracula, inter «rœtora quœ Dominas cvidenler ostendit, certitudinalitcr facla cognovimus »), de l'enquête faite sous Nicolas III par l'archevêque de Rouen et l'évVnio d'Auterrc (t ex abundanti tamen fuit adhuc commiseum negotium inquisition» viris venerabilibus et discretis archiepiscopo scilicet Rothomaurnsi, i tepiscopo Anlissiodorensi »),ol enfin, sous Nicolas IV, de la commission cardinalice dont il faisait partie (• commissum est negocium tribus aliis cardinalibus... et nobis in statu cardinalalus existentibus »}. l-a cérémonie de canonisation n'eut lieu cependant qu'à Anagni.

3. Sainte Claire fut canonisée le 35 septembre 4256 par Alexandre IV. t Bullarium Roman. Làerln C.berubini ». t. i. p. 8t.

nées leurs bulles de canonisation, la cathédrale étant insuffisante pour contenir la population immense accourue à ces fêtes.

Saint Pierre, en l'honneur de la Sainte- Trinité, no construisit 1 , et Alexandre III ne consacra que trois autels. Les deux latéraux étaient sous le vocable de saint Jean et des saints Apôtres. Ce dernier fut reconsacré par Alexandre IV, en 1255, parce que, dans une solennité, la foule qui se pressait en avait enlevé la table : • Ex pressura populi amoto lapide superioris altaris SS. Apostolorum, et violata consecratione antiqua, idem Alexander IV reconsecravit ipsuin solemniter». Les évéques d'Anagni ne pouvaient demeurer en repos dans leur cathédrale : a chaque instant survenaient de nouveaux changements. Ainsi, l'un d'eux s'avisa d'obstruer la concavité des absidioles et de bâtir un mur droit, contre lequel il flanqua ses autels désorientés. Saint Jean et les saints Apôtres y perdirent leur patronage.

L'autel du Saint -Sacrement, conformément aux prescriptions du «Cérémonial des évéques», est surmonté d'un dais 5 , et son tabernacle s'abrite sous un pavillon d'étoffe s . A droite, une petite armoire de marbre blanc, en style de la renaissance, renferme les saintes huiles : olkvm i.nfiumoiivm. Deux pilastres, un fronton et deux anges en prières, pieds chaussés , la décorent de leurs reliefs.

Dès le xiii* siècle, saint Bernard se plaignait que l'office divin commençât à se surcharger, au détriment des fériés \ de quelques fêtes de saints qu'on n'avait pas jusqu'alors songé a insérer dans !'• ordo ». C'est à cette dévotion croissante qu'il faut faire remonter rétablissement de ces chapelles de surérogation. L'invasion avait lieu simultanément dans le bréviaire et dans l'église : la nouveauté ruinait ou du moins endommageait, dans l'un et dans l'autre, l'économie première. I n second motif vint donner gain de cause aux envahisseurs : les seigneurs voulurent avoir un oratoire à eux, une sépulture personnelle; on leur céda du terrain et ils bâtirent des chapelles. Plus que

I. • Tria lantum in )>ac basilica allarîa S. Pelrus conslruxit >. — ■ Art. », p. 43i.

t. Ne trouverait -on pas l'origine du dais dans ces tentures qui pendent en couronne de la charpente, et dont parle Anastase Us Bibliothécaire dans sa vie d'Adrien l", élevé au pontificat vers 771 : a In Ecclesia vero B. Marri .... simulque eteoronam ex eisdera palliis, qu» pendent sub trabe, fecit >.

S. Ce pavillon, usité en France au xvii* siècle, e*t nommé par le * Cérémonial de Paris », Conopée (■ CoDopirum »).

K. Lee fériés, même celles d'Avent et de Carême, ne se récitent plus au bréviaire romain moderne, et l'on féte deux ou trois saints par jour, sans compter coux qui s'y adjoignent sous forme de c commémora Uon ». De plus, il n'est pas de chapelle, à Rome, qui n'ait deux patrons et, en conséquence, deux tableaux au retable.

cathédrale d'anacni.

jamais l'unité était mise en pièces et livrée & l'arbitraire. On était aux premières années du xiv siècle. Anagni suivit l'entraînement général : chaque seigneur prit à sa guise l'endroit qui lui agréait le plus, troua les nefs et y attacha, comme une suporfétation, la chapelle à laquelle il donna, non le vocable d'un saint, mais, en signe de propriété, son nom de seigneur et son titre de noblesse.

La première, que l'on rencontre à main gauche en entrant, sert de vestiaire à une confrérie. La seconde, autrefois des Gaétani, appartient actuelle* ment aux Lauri. Elle fut construite, vers l'an 1300, par Barthélémy Gaétani, évéque de Foligno, qui y fut inhumé. Son tombeau, incrusté d'émaux, orné de ses armes et paré de sa statue couchée, a disparu. Toutefois, en dédommagement de cette perte, on a fait peindre sur le mur le sarcophage ancien avec cette épitaphe :

IN ISTO AltTIQYO GATTAHOBVM SACELLO HEOVIESCIT • OORPVS D.NI BtRTMOLÛMEl CATTARI MOEILIS A.1AG3IMI EPI rVUil.NATE.I -A BOFIIfACIO VIII GENTIL! SVO CIEATI.

En architecture, je n'ai noté qu'une travée de voûte dont les nervures trapézoîdes reposent sur des consoles et sont relevées, à leur intersection, par un médaillon de l'Agneau pascal portant la croix.

Dévolue à la famille Lauri, comme héritage maternel, cette chapelle n*a que deux pierres tomba les. La première nomme Jean-Baptiste Lauri, évéque élu de Véroli et internonce en France du saint-siége, né en 1(1:26, mort en 1696.

La seconde inscription fut placée par Grégoire Lauri, fils d'Ambroise, et évéque de Ripatransone H la tenait du chanoine Merangoni, qui l'avait fait extraire des catacombes de Rome. Le texte en est d'un grec assez ardu, et l'écriture, très-irrégulière, gravée sur une tablette de « breccia corallina ■, entre deux colombes et un vaisseau :

CEPHMAAA nAP8EXOC

ZHCA C AEW IATT-.JI KAttXlK AC1

ENBA AEfi EITEJCN • I • PUS HTnTlPOIK AL1AN

On pourrait traduire ainsi :

«EHEMILLA VIBCO Q\JL V1XIT ANNVM 1 ET MESSES X HIC 1ACET IN FACE ' OIE AHTS X KAL UN *

La fiole de verre, trouvée avec le corps dans le « loculus >, détermina à admettre Sércnilla au nombre des martyres. On conserve parmi les reliques de

t . Il occupa col évrchc de I7»7 à <7i4, et passa à celui d'Ascoli.

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