‹ La cathédrale d'AnagniChapitre 50 sur 51 · Sic · texte numérisé non relu

Sic

5. Selon la légende, Alexandre roulant connaître le ciel empiree, ne trouva |ws de moyen plus expédient que d atteler à son cliar des griffons qu'il excitait h monter de plus en plus haut, en leur montrant, nu boni de longues piques qu'il élevait sans cesse, des morceaux de viande fraîche dont ils sont très-friands. Arrivé au ciel , il étudia les constellations, le cours des astres et, pour redescendre, usa du même stratagème, ayanl soin seulement de fixer en bas la vue des griffons. — Curieux de savoir également ce qui se passait dans la mer. il fit fabriquer un tonneau en verre pu il se renferma, et, l'avant sus|iendu à un vaisseau, il en suivit le cours jusqu'à la fin de ses investigations sous-marines. — Os deux gestes, empruntés au « Roman d'Alexandre », forment le sujet d'une magmliquc tapisserie de haute lisse, du xv' siècle, que possède la maison princiers l'amphili-Doria, à Rome.

fi. M. de Laborde définit en ces termes l'or trait ou or battu : — « Or trait. C'est de l'or ou de l'argent doré, étiré, et d'une grande ténuité. Cette expression est encore en usage, et

cet or servait à la passementerie Cet or, trait ou étiré dans les trous de la filière, forme une

AvteM. 13

9V CATHÉDRALE D'ANAGM.

ad grifos, pappagallos, et aquilas cum duobus capitibus et aurifrisio cum

pt'lïli.S.

Item uiium aliud nobile pluuiale album auro conlexlum cum auibus el diuersis nominibits 1 cum aurifrisio de pernis, cum septuaginla diiobus pelijs am i pro smallis J , el quatuor hot-lotiibus de auro et pernis.

Item vnum pluuialc lal)oratum ad acum de auro battuto et serico, de diuersis yslorijs et passioiubua sanctorum, foderatum de purpura rubea ad aues croccas

Item unum pluuiale de dyaspero cum aurifrisio, et quatuor bottonibus de pernis.

Item vnum pluuialc de samito albo cum aurifrisio ad arbores et aues.

Item pluuiale cum samito rubeo cum aurifrisio de auro laborato ad arbores ft aues. de serico.

Item unum pluuiale de samito rubeo cum aurifrisio.

Item vnum pluuiale ad arma régis Caslelle cum duobus pernis de argent»» in caputio A .

Item. j. pluuiale de samito viridi cum aurifrisio de auro sine opère. Item. j. pluuiale de samito uiolati» cum aurifrisio de auro laborato ad flores, rosas, et aues.

petite lame quand on le fait passer sous la pression d'un cylindre, el il sert, en cet elal, dans la hruderie el le lissage des étoffes dites lamees; ou bien, enroulé autour d'un lil de soie, il lui sert d'enveloppe, en lui donnant l'apparc-iui' d'un fil d'or massif. Os lils étaient ap|ielés or de Chypre au moyen âge. • —Y. .. Notice des émaux, bijoux et objets divers du Musée du Louvre. Glossaire ». p. il:). —Voici, sur un autre inventaire des objets donnés par Boniface VIII il lu basilique de Saint- Pierre au Vatican, une mention expresse de tissus lamés en or de Chypre : » Item quinque aurifrigia. quorum Iria sunt de o|>ere cyprensi, et vnum est de opère anglicane et vnum est ad smnllos. Italiens figuras sinclorutn intégra*, nobilissimum. Item quatuor «misas de coitina, cum pectoralibus et gramieiis de opère cyprensi. Ilem seplem amiclus cum aurifripiis de opère cyprensi. Item duo paria cor|ioraliuin cum domibus de opère cyprensi. «

1. Ces « noms * sera ienl-ils ceux des » oiseaux brodes sur le « noble pluvial »? — Toujours est-il qu'à quelques pas de la cathédrale, au noble [valais des Astalli. j'ai vu une salle immense, entièrement peinte à fond rouge, couvert d'un appareil réticulé, jaune et perlé, où dans chaque losange pose un oiseau, désigne sous son nom vulgaire par une inscription en gothique arrondie du xiv* siècle. La poussin e qui couvrait lis murs ne m'a pas permis de copier les séries si varices de ce « voliieraire »; il eut fallu nettoyer, je n'en avais pas le temps, car, une heure après cette découverte, je partais puur retourner à Rome.

î. « Pièces d'or » qui tiennent lieu d'émaux. Nous avons déjà vu et nous verrons encore que le moyen Age italien rehaussait d email ses broderies.

il. Oiseaux d'un jaune couleur de safran.

V. Ces perles de nacre montées sur argent formaient une agrafe dont le mordant retenait à la fois les extrémités du <• capuce » ou chaperon ramené en avant, et lté deux cotes du

pluvial.

LE TRÉSOR. 95

llem vnum pluuiale de samito violacio 1 cum aurifrisio amplo de auro. Item vnum pluuiale de samito violatio cum aurifrisio de auro laborato ad arbores et aues.

Item vnum pluuiale de samito uiolatio cum aurifrisio amplo de auro cum diuersis ope ri bus de serico.

Item vnum pluuiale de samito nigro cum amplo aurifrisio de auro sine opère.

si-un* nieront ji pu mut* Qt atlokuecih.

Item vnum dossalc pro altari laboratum cum acu ad aurum battutum cum ymaginibus crucifixi et beale Virginis. et plurium aliorum scorum, et in circuitu cum rôtis ad grifos, et pappagallos *.

Item vnum dossale ad aurum cum arbore vite cum mantilj. de opère ilieotonico 3 .

llem vnum dossale ad crucifixos 4 .

Item vnum dossale ad arma predicti Dni pape et duobus capitibus 4 . Item vnum pannum tartaricum rubeum longum ad aurum. Item vnum pannum tartaricum violatium ad aurum longum. Item dossale ad ymagines sci Nicolai 6 .

Item. j. pannum longum et amplum ad rosas cum geminis grifis ad arma gaytana 7 et stcllis albis.

Item vnum dossale ad aurum de opère lartaiïco ad très gislas ad aurum ab vno rapite.

Item vnum dossale de serico ad rosas rtibeas cum geminis pappagallis. cum capitibus de auro et stellas ail aurum.

MUM\ lHlsstl.lt 11 »T FAWOIIH • x

I. Cette manière d'écrire « violulio, violaciu t. laisse du doute sur l'ancienne prononciation. Si. au moyeu â^e, te c avait la prononciation du ru, comment se fait-il que parfois il ait pour équivalent le t?

t. Ce parement et le suivant existent encore. Je les ai décrits précédemment.

t. L' « Inventaire de .Saint-Pierre, déjà cite, seinlile mettre de la différence entre l'œuvre leulonique et l'œuvre allemande : a Item vieilli tobalias tam scrieeas quam operis alemannici. •

t. Sur ce parement sont brodes plusieurs o cruciliês peut-être le Christ entre les deux larrons, quoique la triple crucifixion me soit inconnue dans l'Étal pontifical avant le xv* siècle.

fi. Le texte est clair : les armes de Boniface Vlll occupent les « deux chefs », les deux extrémités du parement.

fi. Saint Nicolas, dont l'histoire et l'image reviennent si souvent, paraît avoir eu l'affection du donateur ou du brodeur.

7. Armes des Gaétani , maison ducale et princière, dont Boniface VIII fît la noblesse et qui compte parmi les sep* étoiles, « le selle slelle », d Anagni.

II Et: st xt p\n \mf.\t v que misit idem Dns. papa, pcr magistros Jacobuin de Sco-Germano », et Matlicum de Anegnia caitouicos anagnina-s, tertio armo ponlificatns sut 2 mense maiy. dit- prima.

1 il primis unum pluuiale ad aunim cum grifis et auibus de auro et aurifrisio cum peruis, portandum per Dnm lîpm tantum in lest i s beati Magni s .

Ilem unum aliud nubile pluuiale album auro conlexluin cum avibus et diuersis operibus cum aurifrisio de peruis, cum ceutum septuaginta duobus petijs auri qui pro smaltis. et quatuor bottonibus de auro et peniis, quo solus Kps débet uti taiilum in feslis béate Virginis i .

Ilem vtia dalmatica de dyaspero cum pappagallis ad pedos rubcos, ad paraturas in mauicis et per pedos.

Item una alia dalmatica rubea cum grifis et alijs auil)us et aquilis cum duobus capitibus et paraturis in mauicis et fimhrijs ad ymagines et pornas.

Item vua alba cum pedorali de auro et peruis grossis ad ymagines Saluatotïs et beal(? Virginis, et quatuor aliis cum limbrijs tlo dyaspero laborato ad pappagallos, et alios labores in manicis paraturas cum tribus ymaginibus.

Item alia alba cum pectorali ad aurum cum ymagine béate Virginis fugientis in Kgyptum 5 , et in mauicis très ymagines per quamlibel. et cum limbrijs autois laboratis ad plures ymagines.

Isri si nt imnm donati ecclesie anagnine e\ quo diclus Dus papa cepit uenire Anagniani 6 .

In primis duo dossalia rubea ad aurum cum ymaginibus Sansonis. consuta '.

Item aliud dossale ad aurum ad ceruos.

1. Saint-Germain, petile localité «lu ni> «uiiio de Naphs, au pied du Mont-t'.assin.

î. l-l troi^iOw année du ponlilî«-<<l de Donif.ice VIII repond il l'an li'.HÎ.

t. Saint Mapie. patron delà «■athcdrale. — Au mois «l'août Ix'.'i. j'assistais à l'oflice pontifical de celle léle; je ne saurais parler pl on m- saura il se faire une id.-e .lu charivari «|u«> j y ai entendu sous prétexte il<< musique vo«ale et instrumentale.

i. On remarquera l usaue de certains ornements i-éservcs à l'cvéquc et à des fêtes déterminées. J'ai «lin il précédemment celle » Fuite en fcpypte f . V. « Annales Arcliéol. r. t, \vu. p. t".

d. Ijh cardinal Cactani, priMredu titred«>s Saints-Sj, lvi-stre-;'t-Martin-«les-Monts. fut élu |»apc à I unanimité par les cardinaux réunis en conclave a Naples li'Jl II quitta Naples aussitôt, passa par Ana^'ni. sa v ille nalale. et continua sa route vers Home, où il se lit consacrer, le .".janvier If'.l'i. dans la basilique de Saint-Pierre au Vatican. Il fut couronné et prit p«»s>cs>iun à Saiiil-Jean-de- Latran sous le nom de Ftaniface Mil. Au commencement de l'été de la même année, il fixa sa résidence à Anapni, où il reçut en amlwssad«>. siicccssixenieiil, l'c\«>«pie d'Orléans, l'abbé de S.«inl-«îermain-«les-Prés et l'archevêque de Lyon, Henri «le Villars, dont la tombe, gravée à son efliïie. atteste, dans I . trlise des Dominicains d'Anagni, jusqu où s'élevait l'art italien aux premières années du xiv' si«Vle.

7. ('.ousu* ensemble. |>our couvrir plus commodément une grande surface.

LE TRÉSOR

Item aliud dossale ad aurum ad pappagallos et arbores de auro.

Item vnum aliud dossale ad rotas de auro.

Item aliud dossale ad aurum qui ad modum relis 1 .

Item aliud dossale rubeum ad aurum qui ad alas auium s .

Item duo dossalia violatia ex parte interiori qui ad alas auium.

Item aliud dossale ad aurum ad Icônes de auro.

Item aliud dossale de serico ad geminas aues cum duabus listis de auro 3 .

Item aliud dossale de serico ad Icônes cum duabus gistis de auro.

Item aliud dossale simile ipsi.

Item duo dossalia simul consuta ad aurum cum rosis.

Item vnum dossale viride ad leones aureos.

Item vna tobalea de opère theotonico in qua est in medio Agnus Dei, et in circuitu diuerse ymagines, et litière *. Et est ibi fronsalc de pernis. cum triginta dunbus smaltis 5 rotundis ad ymagines. Et cum sexaginta sex alijs smaltis medijs. Et nonaginta quinque cocculis deauralis.

Item vna tobalea de opère theotonico cum ymaginibus Saluatoris, et qua-- (uor euangelistarum in medio cum aurifrisio ad roccas 8 et lilia ad aurum.

Item alia tobalea de opère theotonico in qua est Agnus Dei in medio, cum auiïiïisio ad roccas et lilia ad aurum.

I. » A la manière d'un rets», réticulé, i. b> « vol » héraldique.

:i. Le blason motive, je le crois, ces ailes d'oiseaux, ces lions, ces animaux fantastiques et peut-être les » bandes d'or» dont parle l'article susdit.

t. Les Anglais, depuis Pugin, qui en a fourni ries modèles, brodent leurs nappes d'aulels. A Rome, les religieuses et les jeunes Olles du conservatoire de Sainte-Thérèse excellent à figurer sur les nappes, sans fers, mais avec leurs seuls doigts et au moyen de plis symétriques el serres, des monogrammes, des fruits, des Ileurs des oiseaux et mille autres petits riens fort gracieux, qui font honneur à la deliralesse de leur main et à la variété de leur goût.

5. Email; en italien « smallo ». Je presumo que ces quatre-vingt-dix-huit petits émaux ronds et imagés pendaient au ■■ frontal », mMés à quatre-vingt-quinze clochettes, à la manière de ces grelots usités aux éloles et manipul a du xn* siècle.

fi. (Juand un seigneur voulait >e balir quelque part une forteresse, un donjon, il choisissait une roche « rocca », escarpée, sol.taire, élevée. Aigle sauvage, il y fixait son aire, el trop souvent n'en descendait que pour le pillage. Avancez un peu dans la campagne romaine, votre regard s'arrêtera maintes fois h l'horizon sur des roches où croulent des tours en ruines; si vous demandez le nom de la localité, l'on vous répétera à satiété le mot niche, suivi d'une qualification quelconque : « Rocca di Papa, Rocca Giovane, Rocca Canterano », etc. Si le sol est hérissé de roches, quelquefois factices, comme nos « mottes » féodalis, le blason italien ne l'est pas moins, el une des choses qui frappent le plus les voyageurs est de rencontrer partout ces * roches » héraldiques et d'en compter jusqu'à douze sur lecusson d'Alexandre VII et des Chigi.

Item vna alia tobalea de opère thcotonico cum fronsalj de auro, ad ystoriam bcati Thome Archicpi. Cantuarien

Item vna tobalea de opère thcotonico ad capita Regum 1 cum aurifrisio ad ymagines .Saluatoris in mcdio. parte a dexlris parte a sinistris cum pernis. Et viginti nouem coccnlis argentcis deauratis.

Item vna tobalea de opère theotonico cum aurifrisio contrastalo *.

Item duo aurifrisia de auro pro vna planela cum ymagine Saluatoris in pectoralj et béate Virginis. Et Angelj et sex alijs ymaginibus de serico inferiori. Et a tergo ymago béate Virginis in capite et septcm alijs inferioribus.

Item vnum pannum sericum tartaricum.

Item alius pantins sericus albi coloris cum sentis domus sue 4 .

Item alius pannus qui uiridi coloris, lartaricus.

Hoc bst im e.ntahh M ab<;enti et m ri iabokiti. dati ecclesie Aiiagnine per predictum Dnm. papam.

lu primis vnus calix argenteus deauratus cum fuso 4 pedis et porno smaltato. Ouinquaginta quatuor vnciarum.

Item vnus alius calix argenteus optime deauratus cum fuso pedis et porno smaltatis 6 . Lviij vnciarum.

Item unus calix alius aureus xliij unciarum cum xiij zaffiris grossis, \tm toppatio, et alijs lapidibus pretiosis et pernis xij grossis et alijs pemis ininulis in circuitu potnj, subi us et supra.

Item duo alia caudi'labra argentoa alta cum tribus pomis 7 por quodlibel deauratis. Lvj vnciarum.

I. Heureux rapprochement t|ui pare l'autel, où s'immole volontairement la victime sainte, avec I '* histoire » de saint Thomas île Canlorhery, a son exemple, victime volontaire, martyr innocent.

ï. Ces « lelcs do rois » ne seraient-elles pa* les « telcs des rois •> ancêtres de J.-C, et n'aurions-nous pas encore une variété de l'arbre de Jesse* Symboliquement parlant, n'est-ce pas une idée dogmatique d'une haute portée, puisqu'elle établit que le corps du Sauveur est le même sur l'autel, après la transsubstantiation du pain, que le corps formé dans le sein «le la Vierge du sang des rois de Juda?

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