‹ La cathédrale d'AnagniChapitre 9 sur 51 · I. * Prut'u'i^vn* iJcimU' nnn jwdrstiT famiil» pn-ri-dente · texte numérisé non relu

I. * Prut'u'i^vn* iJcimU' nnn jwdrstiT famiil» pn-ri-dente

fit lui ordonna de courir après le fugitif *. André s'en excuse sur son état d'infirmité, qui l'avait réduit a ne marclier, et encore très-péniblement, qu'avec un bâton. « Lève-toi promptement, dit saint Magne, la toute-puissance de Dieu te guérit en vue des m -rites de l'évéque » ! . Le portier, sautant de joie, prend le chemin de Rome et, au point du jour rencontre l'évéque Pierre, qui , confondu de ce second prodige, revient sans hésiter.

Près de la porte Matrone *, voisine de la cathédrale, se tenait couchée sur un grabat une vieille femme nommée Lise. Souffrante d'un mal incurable, elle s'était fait, a force d'importuiiités, transporter en cet endroit, espérant qu'au passage de l'évéque elle obtiendrait quelque soulagement par son intercession. Quand elle aperçut le portier marcher d'un pas ferme, et l'objet de l'admiration générale, ne pouvant contenir les élans de sa foi, elle appela l'évéque Pierre et le supplia, au nom de saint Magne et de sainte Secondine, de lui obtenir la même faveur qu'à André. Pierre s'approche de son lit, fait sur elle le signe de la croix et. la prenant doucement par la main : «Lève-toi, lui dit-il, et viens a\ec nous rendre grâces aux saints que tu honores •. Pleine de santé h ces mois, elle entra a l'église avec la foule ravie *.

L'œuvre, si souvent interrompue, était en pleine voie d'exécution, quand Dieu, par un nouveau miracle, témoigna combien elle lui était agréable. Les maçons employés à la construction de la cathédrale se servaient, pour le transport des matériaux, de deux bœufs. 11 arriva qu'un d'eux, envoyé paître une nuit dans le bois voisin, fut enlevé et mangé par un loup affamé. Inquiets de cette perte, qui devait inévitablement retarder les travaux, les ouvriers raj>portèrent le fait a saint Pierre, qui de suite parcourant la forêt appela à lui le loup coupable et, lui ordonnant de courber sa tète sous le joug, lui imposa comme punition les mêmes fatigues que supportait le bœuf. Le loup en effet se soumit avec douceur aux ordres du saint, et attelé avec le bœuf qui restait, il aida tout le temps de la construction à tirer le chariot qui amenait les pierre* et le ciment 5 .

1. « ... Janilori clanatri ccclesirc, nomino Andréa, pedibus, tibiis otaltcro lacortorum contracte, quod vix baculo su-aentatus inrederot ».

2. «Surgo frfttinus, divina potenlia te sanavit in moriti* episcopi... sallibus alacriter prosilivit... Janiior gaudens regredientom prwedebat episcopum, quem dudum contractum, nunc pcdeslrem solide inredentem... ronrurrebanl mirantes ».

3. t ... Ad arcum Porte, que Mathona dicilur fa ma episcopi roncitata redeunti», importuna

familic rum lerlulo secus ponitur. undè presul crat mirabiliier traiisilurus, aperana ipsiua opère doloris lan^uidi aliquale remedium obtinere ».

4. • Surge, Lisa, una nobiscum et ganciis ipsis propera in eorum loro reddere gralias et honorera. Et aana proviens, miranlibua turbia

5. « Hemoria proditum est quod cùm in doduceudis taxis aHisque caanenlis uterontur arti-

Saint Pierre 1 mourut le 3 août 1105, après un épiscopat de quarante- trois ans. Sa mort causa de vifs regrets parmi ses diocésains et, en témoignage de sa sainteté, dont personne ne doutait, les cloches de son église, le soir même de son décès, sonnèrent spontanément 1 . Saint Bruno, évoque de Segni, fit les honneurs de sa sépulture. Canonisé dans cette dernière ville, en il il, par le pape Pascal II, il entra dès lors en possession du culte que lui méritaient ses vertus reconnues par l'Église. C'est alors qu'Ojolin, son successeur sur le siège d'Anagni, levant son corps avec pompe et respect, le plaça sous l'autel qu'il lui dédia dans la basilique souterraine.

Lorsqu'on monte à la cathédrale, le clocher ou « campanile » frappe tout d'abord le regard. Quoique privé de sa flèche détruite par la foudre , il atteint encore à la hauteur de quarante et un pieds». Isolé actuellement et situé vis-àvis et à mie dizaine de pas de la façade, il devait autrefois tenir aux bAtimcnts canoniaux, comme on le peut conjecturer des quatre grands arcs ouverts à sa base et aussi de ce passage des « Actes 4 * qui le nomme • Clocher du Palais»

et non de la basilique : eonstructis nolario 5 palatii providn

solertia prosequuntur. » Il se divise en six étages qu'indiquent une rangée de modillons supportant une arcature cintrée continue. Au second étage, il n'est percé que d'une fenêtre ; aux suivants, trois baies, reposant sur deux colonnes,

lin* vehiculo qui binis trahebatur bonus», forte acridit ut horum unus a lupo radius devoratusque fuerit. Id cura S. Petro rcnunrialum luisset, lupum ipsum ad se arcederc jussil, eomquo objurgatum quod lantum scelus in sua; fabriese detrimentum motilus esset. ju^sit ut loco bovis, a se occisi. collum ipse mansuetc submitteret oneri ac perpetrati piaiuli pœnam solverel. Lu pu* ex inde mansurtus ultro se vehiculo aptandum pr&'buil una cum alio superstite jumento, et lapide» usque ad Fabrice; absolutionem jugiter detulit ». — « Aria », p. 80.

1. Il existe aux Archives du chapitre, sous lo n* 1003, un acte où saint Pierre prend le titre d'« Eminentissime » : « Ego Petrus cminenlissinms S. AnBgnina> sedis episropus, conscnliente mitti cunrla congregatione oostri vener. episcopij ». La qualification d'« Éminence » et « Éminentissime ■ ne Tut réservée aux seuls cardinaux que sous le |K>nlitîcat d'Urbain VIII.

2. « Id cujus obilu nocturnis exordiis, in expressione sanctitalis viri, signa ecrlesix per mirum consona dedere tinnitum ». — ■ Leçon » vin.

3. Le pied romain diffère peu de noire ancien » pied de roi ». i. P. 73.

5. Sous le portique de Sainte-Marie de la Rotonde, à Rome (le Panthéon), il existe une inscription de 4270, où le mot « nolariuna » est également employé dans le sens de • clocher ». Je la transcris fidèlement :

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lui donnent h la fois du jour et de l'élégance. En somme, celte construction, appareillée en travertin choisi, offre dans toute sa simplicité le même charme que les gracieux clochers de Rome, qui sont du même style et de la même époque. Son caractère architcctoniquc nous permet de l'attribuer, sans trop hasarder, à la dernière période de l'œuvre de saint Pierre , par conséquent aux premières années du xtr siècle. Nous faisons assez peu de cas généralement . en matière archéologique, des documents légendaires ou historiques, prisa part, car ils peuvent facilement induire en erreur et reculer jusqu'à une époque trop éloignée l'âge de monuments postérieurement reconstruits; mais quand , comme ici , par exemple, l'histoire concorde parfaitement avec les données de la science, nous lui reconnaissons une grande valeur et nous ne voudrions nullement nous priver de son secours.

Des sept cloches de la cathédrale, deux ont une importance majeure. L'une porte le millésime de 1 113 et le nom de l'évêquc Ojolin, successeur de saint Pierre *. Petite , légèrement évasée au bas de la robe , elle est rayée horizontalement dans tout son pourtour. On lit à son cerveau , en lettres maigres et gravées à la pointe :

En l'examinant de près , j'ai cru remarquer sur toute sa surface des coups de

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