RESTAURATIONS MODERNES
entrepris® aux frais de l’Etat, dura cinq années. L’ancienne charpente fut remplacée par un comble incombustible en fer et en fonte, recouvert de cuivre ; on fit en même temps des réparations assez importantes aux deux clochers qui avaient été fortement endommagés par l’incendie. Le total de la dépense fut d’un million, 187.000 francs.
Restaurations modernes. — A partir de 1846, la surveillance du bâtiment, son entretien et sa conservation furent confiés par les chefs de l’Etat aux soins éclairés d’architectes choisis parmi les plus habiles praticiens. Les deux premiers architectes diocésains, nommés par le gouvernement, ont été MM. Lassus et Bœswilwald ; actuellement cette charge appartient à M. Selmersheim, qui a restauré très habilement de nos jours le porche méridional et la flèche du clocher-sud.
Grâce aux autres restaurations, faites chaque année depuis un demi-siècle avec discernement et suivant une méthode irréprochable, la cathédrale semble prête à affronter de nouveau les injures du temps. Lorsque la chapelle Saint-Piat et le croisillon septentrional avec son porche et ses deux tours auront été repris et consolidés, lorsque le chœur aura été débarrassé de son revêtement de stuc et de marbre, et que, pour satisfaire au désir légitime, des archéologues, la crypte du ix® siècle aura été rétablie dans son état primitif, l’église tout entière recouvrera cette apparence de force et de jeunesse, que les anciens maîtres de l’œuvre avaient su lui
communiquer et que l'ignorance des uns, la malveillance des autres avaient, à un certain moment, failli lui faire perdre.
En achevant cette brève description de la cathédrale de Chartres, de l’un des plus beaux monuments religieux qui soit au monde, on se prend à éprouver quelque confusion d’avoir si imparfaitement dépeint cet admirable édifice, dont la vue produit en l’âme du penseur des impressions ineffaçables et dont le langage humain semble impuissant à exprimer la majestueuse grandeur.