‹ La cathédrale de LyonChapitre 8 sur 20 · Face retours et dessous. — Têtes feuillagées · texte numérisé non relu

Face retours et dessous. — Têtes feuillagées

1 1 . Face et retours. — Le Christ entre deux personnages sortant des limbes. Le Saint-Esprit figuré par des colombes. Dessous — Chimère entourée de feuillages.

12. Face et retours. — Un vieillard remet à une jeune femme un phylactère. Une femme tient un agneau; un homme dompte un lion. Dessous. — Le Lai d’Aristote, l’un des plus célèbres parmi les

nombreuses représentations dufabliau si populaire d’Henri d’Andely. L’imagier de Lyon nous montre Aristote avec la robe et le bonnet de docteur, marchant à quatre pattes et portant sur son dos Campaspe, la rusée indienne, assise sur une selle, qui dirige sa plaisante monture avec une bride et un fouet.

Il s’en faut de beaucoup que les 325 bas-reliefs de la façade aient une valeur artistique égale. Bien qu’un érudit ait voulu que Donatello soit venu plus tard leur demander des modèles, ces sculptures sont en partie des œuvres d’imagerie populaire, destinées à parler à la foule un langage clair et expressif. Si l’exécution de quelques sujets est quelque peu lourde ou sommaire, plusieurs « tailleurs d’image » et d’habileté inégale ayant dû être employés simultanément, il faut convenir que la composition est toujours admirablement équilibrée et que l’entente décorative résultant de la parfaite distribution des pleins et des vides n’a jamais été égalée dans les sujets de Rouen. En cela, ceux de Lyon leur sont de beaucoup supérieurs, et un très grand nombre, principalement dans les zones inférieures des trois portails, plus à portée de la vue, tous les couronnements des pilastres et les dessous des douze consoles sont autant de merveilles de ciselure.

Ce qui fait aussi leur originalité et leur intérêt, c’est que nous y voyons apparaître et se développer un art nouveau. La grande tradition du xme siècle s’affirme encore dans la distribution des bas-reliefs

étroitement assujettie aux lignes architecturales. Mais la préoccupation d’un enseignement surtout dogmatique qui guidait les imagiers du siècle précédent s’atténue de plus en plus et finit par disparaître et laisser la place à des scènes de fantaisie ou à des sujets purement mondains. Or les mieux traités des bas-reliefs de la façade de Saint-Jean sont précisément ceux qui relèvent d’un art profane et « féminin » d’où l’idée religieuse est entièrement absente, et dont l’étude récente de M. Bertaux a montré l’intérêt1. Ils représentent les scènes qu’on voit couramment sur les ivoires du temps, couvercles de coffrets ou boîtiers de miroir. Ce sont de vraies scènes de Décaméron, d’une fantaisie galante et légère, délicieusement puérile : jeunes filles élégamment drapées tressent des couronnes, ou écoutent les doux propos de leurs adorateurs, couples en chasse qui s’égarent et se caressent, le faucon au poing, dans des bosquets fleuris.

Il faut également noter la perfection de l’appareil, la pureté des profils et l’habileté avec laquelle sont raccordées les moulures et les arêtes verticales encadrant les pieds-droits. Les arêtes des assises, toutes taillées isolément avant la pose, bloc par bloc, se raccordent exactement pour former des colonnettes d’une régularité parfaite.

Rappelons que le niveau primitif du parvis était

1 La Femme et V Art du Moyen Age français [Revue de Paris, i5 no» vernbre 1909).

de om,33 au-dessous du niveau actuel. Pendant les travaux exécutés en 1879 on a pu se rendre compte que les sculptures, vues d’un peu plus bas, étaient d’un effet encore plus heureux.

Photo L. B.

La Licorne Console de la façade.

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