‹ La cathédrale de LyonChapitre 7 sur 20 · DU PORTAIL DROIT · texte numérisé non relu

DU PORTAIL DROIT

d’avoir touché au fruit défendu. Le Dragon, P. G. G. H. qui représente le démon est représenté à l'infini, mais surtout comme un heureux motif de décoration. Le Chameau , P. G. G. 2, qui symbolise la patience et la sobriété. — h' Autruche, P. G. G. 2. regardée comme emblème de la gloutonnerie.

Enfin, de nombreux animaux employés comme motifs d’ornementation, sans signification symbolique. — Les sujets tératologiques occupent une place importante dans l’ordonnance des médaillons. Il est impossible d’énumérer toutes les chimères, dragons ailés, centaures bizarres, lions à tête d’homme, etc. qui ont exercé la verve des imagiers.

Fantaisies décoratives. — Cette série comprend des têtes feuillagées, des têtes de lion, de porc, un écureuil, un lièvre poursuivi par un chien, des escargots mangeant un choux, deux lutteurs, un bateleur faisant danser un chien savant, Prométhée enchaîné, et une fantaisie qu’on retrouve à Saint-Maurice deVienne, à la chapelle de l’hôtel de Cluny, à la chapelle souterraine de Saint-Bonnet-le-Château : c’est un groupe de quatre lièvres disposés en carré ; il y a seulement quatre oreilles sculptées et chaque lièvre paraît en avoir deux.

Certains médaillons, montrant des hommes d’armes combattant, sont particulièrement intéressants pour l’histoire du costume militaire au xive siècle. P. D. G. 3 — P. G. G. 8.

Cet ensemble présente un intérêt exceptionnel par le mélange d’éléments sacrés et profanes ou même grotesques que le sculpteur rapproche avec une parfaite indifférence. Ce mélange apparaît déjà dans les bas-reliefs des deux portails de Rouen qui ont servi de prototype, sinon de modèle direct aux portails de la cathédrale de Lyon. On Pa observé avec des détails identiques dans la décoration des manuscrits, vers la fin du xme siècle ; il apparaît en

Angleterre, comme l’ont démontré M. Haseloffetle comte Vitzthum, plus tôt qu’en France. M. Bertaux, qui a étudié tout particulièrement cette question, nous fait observer que les portails de Rouen avec leurs grotesques, ont pu être directement inspirés de l’art des enlumineurs anglais, qui aurait exercé son influence à la fois sur les sculpteurs normands

Photo L.B.

Couronnement des pilastres du portail central

et les* enlumineurs parisiens. Il semble qu’un même atelier ait fait le voyage de Rouen à Lyon ; mais des artistes plus savants et plus délicats que ceux qui avaient travaillé à Rouen se sont joints à ce groupe d’imagiers inconnus ; ces artistes, qui - représentaient l’art parisien le plus raffiné, ont sculpté les douze consoles qui supportaient, entre les portails, les grandes statues détruites par les protestants.

Les consoles. — Nous suivrons ces consoles de droite à gauche en les numérotant.

i, 2, 3, 4- — Sur la face et les retours de ces premières consoles, des anges à mi-corps tiennent des couronnes. Les dessous représentent des têtes feuillagées, Noé entouré de pampres, une jeune fille jouant de la viole, encadrée de tiges d’érable.

Photo L. Bégule,

Le printemps de la. vie Console de la façade.

5. Face et retours. — Le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean. Un homme transperce un dragon et un autre écrit sur un phylactère. Dessous. — Saint Pierre et saint Paul soutiennent le voile liturgique au-dessus de la tête de Pierre III de Savoie, promu au siège archiépiscopal de Lyon.

6. Face et retours. — Religieux confessant un personnage agenouillé. Buste d’évêque et personnage assis sur deux dragons. Dessous. — Une jeune

fille tenant sur sa poitrine une couronne de marguerites.

7. Face et retours. — Saint Nicolas ressuscitant les trois enfants. Deux lions reposent leur tête sur les genoux d’une femme. Un homme corrige un

Photo L. Bégule.

Lai d’Aristote Console de la façade.

singe. Dessous. — La Licorne. Le symbolisme de cette bête fabuleuse, qui ne redoute nul veneur et ne peut être prise que par une vierge, popularisé par les Bestiaires et développé par Honorius d’Autun, fut très répandu dans l’iconographie religieuse. On y vit Limage de Jésus-Christ incarné dans le sein de la Vierge, puis trahi et livré. Mais ici on ne peut chercher dans le petit relief aucun sens religieux. L’imagier a représenté la Licorne

agenouillée aux pieds d’une jeune fille couronnée d’un chapeau de fleurs et qui se regarde dans un miroir. Près d’elle, le veneur perce l’animal de son épieu. La scène se passe dans un taillis de chênes.

8. Face et retours. — Saint Michel terrasse le démon. La Grammaire enseigne un élève; une jeune fille abrite ia Licorne dans les plis de son manteau. Dessous. — Dans un buisson de roses fleuries, une jeune fille dépose une couronne sur la tête d’un jeune homme.

9. Face et retours. — Vieillard appuyé sur un bâton ; figure nue à cheval sur un lièvre et jouant de la vielle. Un centaure. — Dessous. Un jeune homme, le faucon au poing, caresse d’un geste tendre le menton de son amie qui, relevant gracieusement le pan de sa robe, porte un écureuil sur le bras droit. Cette exquise composition est traitée avec tout le charme et la virtuosité des plus belles œuvres des maîtres ivoiriers du xive siècle.

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