TRÉSOR
jadis la couverture d'un manuscrit de l'abbaye de Signy. — Reliquaire de la Sainte Epine, vase en crislal de roche, surmonté d'un ange (xvi® siècle}; donné, dit-on, par le roi Henri II à Renée de Lorraine, abbesse de Saint-Pierre-les-Dames de Reims. — Reliquaire du Saint Sépulcre; tombeau en agathe, avec un groupe de figures d'argent émaiilé, le Christ ressuscitant au milieu des gardes endormis; donné à la cathédrale par Henri II, le 25 juillet 1647, ^ l'occasion de son sacre. — Reliquaire formé d'un vaisseau en cornaline, monté sur un pied d'argent émaiilé et doré, portant les images de sainte Ursule et de ses compagnes; don du roi Henri III, le jour de son sacre, 5 février 1575. — Croix en cristal de roche ayant appartenu au cardinal de Lorraine. — Calices et burettes en vermeil (xv!!*" siècle). — Orfrois brodés en fil d'argent (xiii* siècle); chasubles et chapes diverses (xvi* au xviii® siècle). — Reliquaire de la Sainte Ampoule, en vermeil, exécuté vers l'époque du sacre de Charles X sur les dessins de Laffite, premier dessinateur du roi. — Vases sacrés^ ostensoir, burettes, aiguière, canons d'autel, ornements et objets divers, ayant servi au sacre de Charles X.
Photo ^eurllein.
Façade et couk dd palais archiépiscopal
PALAIS ARCHIEPISCOPAL
Le palais de Tarchevêché, vaste édifice qui donnait asile aux rois, lors de leur sacre s'élend avec ses dépendances, tout le long de la façade méridionale de Téglise, à l'opposé du cloître et ■des bâtiments réservés aux chanoines.
lî est probable que la maison de l'évêque avait été déjà établie au même endroit, dès Torigine, lors de la construction de la première cathédrale au début du v* siècle. Elle avait succédé à d'importantes habitations romaines, dont on a trouvé des vestiges à dilYéreiites reprises. Remanié et
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reDàti plusieurs fois dans le cours des âges, le
i'iioto Rolhier, InTEKIKUK de la CllAPELLK OU PALAIS A KCHIÉPI SCOPAL
palais n'a plus rien d'antérieur au xiii* siècle. C'est de cette dernière époque que date son éléi^ante chapelle à deux étages, bâtie sur un modèle
ia8 LA CATHÉDRALE DE REIMS
fréquemment adopté pour les chapelles des châteaux et des résidences seigneuriales. Elle paraît être contemporaine du chevet de Notre-Dame, et l'on peut supposer qu'elle a été, comme celuici, l'œuvre de l'architecte Jean d'Orbais. La chapelle supérieure, fort élancée, et d'un style à la fois sobre et délicat, se compose d'une abside à sept pans et d'une nef de quatre travées. Elle est ajourée par des fenêtres à lancettes, dépourvues de remplages. Les nervures de ses voûtes reposent sur des colonnes adossées à des pilastres, sortes de contreforts intérieurs percés d'ouvertures qui livrent passage et permettent de circuler autour de l'édifice. Le tympan qui surmonte la porte d'entrée contient un joli morceau de sculpture du xiii" siècle, représentant l'Adoration des Mages. A l'intérieur, cette porte est encadrée d'un portique moderne en marbre blanc, commencé vers 1828, dans le genre gothique en vogue sous la Restauration. La chapelle inférieure, placée autrefois sous le vocable de saint Pierre a l'aspect sévère d'une crypte et est en partie souterraine.
La grande salle du palais, dans laquelle pénètrent d'abord les visiteurs, est due au cardinal Guillaume Briçonnet, archevêque de Reims, qui fit exécuter d'importants travaux à la fin du xv" siècle. Elle a été défigurée depuis, et garnie de mauvaises peintures et de colifichets en faux gothique, à l'occasion du sacre de Charles X ; mais elle a conservé son plafond cintré et ses poutres moulurées, ainsi qu'une belle cheminée, faite en 1498, dont le man-
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teau, revêtu d'une décoration flamboyante et semé de fleurs de lis, mutilées malheureusement à l'époque révolutionnaire, porte des écussons écarlelés aux armes de Briçonnet et de l'église de Reims. Le sous-sol de la grande salle est formé d'une salle inférieure, comprenant dans le sens de la longueur sept travées voûtées d'ogives ; reliée par un escalier à la cathédrale, elle est devenue une sacristie. Les branches d'ogives, très forles et à section carrée, sont supportées par des piliers prismatiques dont les chapiteaux sont ornés de crochets, de fleurons, de mascarons et d'écus aux armes de Briçonnet qui se retrouvent aux clés des voûtes.
Sur la cour, Briçonnet et Robert de Lenoncourt, son successeur, avaient fait élever une riche façade gothique, dont la vue nous a été conservée par des gravures. Cette façade, que nous ne saurions trop regretter, n'a pas trouvé grâce au xvi i* siècle devant l'archevêque Charles-Maurice Le Tellier ; comme elle n'était plus conforme au goût du temps, ce prélat l'a remplacée par une façade correcte, mais lourde, sèche et privée d'ornementation. De 1686 à 1693, avec le concours de Robert de Cotte (]ui lui fournit les plans, il fit à grand frais remanier et reconstruire en partie le palais, et lui donna l'aspect actuel. Souhaitons qu'aucune modidcalion ne vienne plus à l'avenir altérer son caractère historique et traditionnel.