‹ La cathédrale de ReimsChapitre 8 sur 19 · RESTAURATIONS MODERNES · texte numérisé non relu

RESTAURATIONS MODERNES

1809 à i8i3, divers travaux assez notables. Un décret de Napoléon, rendu à Mayence en novembre i8i3, leur affecta une somme de cent quarante-six

Photo MartiD-Sabon.

Sculptures du socle de la statue du Christ (Portail septentrional.)

mille francs. Interrompus par les événements politiques, ils ne furent repris que plus tard, sous la Restauration. De 1827 à i832,on exécuta quelques retouches à l'arcade de gauche du portail septentrional, celle dont le tympan offre la représentation du Jugement dernier. En 1837, on répara plusieurs statuettes de la voussure de l'arcade de gauche du grand portail.

b2 LA CATHEDRALE DE REIMS

L'architecte de la cathédrale, M. Arveuf, relit en 1845 la galerie dite du Gloria^ au deuxième étage de la façade occidentale, et en 1846, la galerie qui règne au-dessous du pignon de l'Annonciation, sur la façade nord du transept. En i85i, c'est la tour septentrionale du portail qui fut réparée dans ses étages supérieurs ; puis, en i853, on restaura la galerie des prophètes, à la façade du croisillon sud, et l'on en retoucha les statues.

VioUet-le-Duc qui remplaça Arveuf dans la direction des travaux, entreprit en 1860 d'assainir les chapelles absidales, en faisant établir autour d'elles un large fossé. En même temps il travailla à la réparation du chevet, et le surmonta en i865 d'une galerie crénelée, substituée à la galerie pleine, ornée d'une arcature aveugle, qui avait élo relevée après l'incendie de 1481, et munie d'un écusson aux armes du roi de France, en reconnaissance des libéralités de Charles VIII et de Louis XII envers l'église de Reims.

On n'avait pas encore touché à la nef, et il paraît que sa solidité était compromise. A la suite d'un rapport de M. Millet, architecte diocésain, le gouvernement accorda, vers la fin de l'année 1873, un crédit de plus de deux millions pour effectuer les restaurations urgentes. Ce subside permit à M. Millet de remanier les contreforts de la façade méridionale de la nef, et d'en remettre à neuf les pinacles. Malheureusement il prit aussi le parti regrettable de supprimer la galerie des combles reconstruite vers i5o6, et de la remplacer en 1878

RESTAURATIONS MOLtKKNES

par une œuvre de sa composition qui a fait l'objet de trop justes critiques. Les réclamations élevées ti ce sujet ont obtenu en partie gain de cause. Le successeur de M. Millet, M. Ruprich-Robert, en rétablissant la galerie du nord, a tenu compte des objections, et s'il ■ n'a pas, comme on \ l'avait demandé, res- ^ tilué fidèlement la *' claire-voie ancienne, ['' du moins il s est ins- f pire d'une amorce encore existante de la g-alerie antérieure au XVI* siècle, du côté do la tour, et il a mieux ' respecté la tradition.

DepuisLannée i888, sous la direction de M. Darcy, les restaurations de la cathédrale ^ sont entrées en fort bonne voie. Les pignons des deux croisillons du transept, dont les sculptures étaient devenues très frustes sous l'action du temps, ont été remis dans leur état primitif, tels qu'ils avaient été bâtis dès le début du xvi" siècle. Viollet-le-Duc les eût peut-être sacrifiés, pour y rétablir une trompeuse unité de style On est heureux de con-

riiolo L8]0\«

Roi de France (Statue d'un contrefort.)

stater que l'on a renoncé à ces procédés arbitraires ; en se décidant à maintenir les choses, comme elles existaient, on a fait preuve d'une prudence et d'un bon goût qui méritent la plus entière approbation. ]M. Goût a continué ces réparations. On a restauré dans les années qui ont précédé la Grande Guerre la tour méridionale, Je fronton, la partie supérieure et le balcon de la galerie du portail au-dessus de la grande rose, cette rose elle-même avec les figures de David et de Goliath qui la surmontent, enfin les gables de la porte centrale et de la porte de droite. La réparation de la rose a été particulièrement délicate. Elle avait été conservée jusqu'à nos jours dans son intégrité, avec sa décoration du xiii® siècle, intacte et sans retouches. Mais une crevasse inquiétante qui s'était produite assez récemment dans la ("açade l'avait disloquée et disjointe; il eût été dangereux peut-être de la laisser en cet état, et l'on a été contraint de la démonter pour la reconstruire ensuite et la remettre d'aplomb. Cette opération a provoqué le renouvellement de portions très notables de ses meneaux : on peut regretter ce rajeunissement, mais il paraît avoir été imposé par les circonstances. Rien n'a été épargné, du reste, pour assurer à l'avenir la parfaite consolidation de la rose; au-dessus d'elle, on s'est efforcé d'alléger la muraille dont le poids pouvait l'écraser encore, et on l'a évidée à l'intérieur en la soutenant par une armature de fer et de ciment. Tous ces ouvrages ont été menés avec une grande activité, et malgré

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