ÉCRIVAINS
« Un coup de couteau au cœur de la France ! L’injure basse et sans courage brutalement jetée à sa face !
« Le monde civilisé répondra par un cri d’horreur à la sauvage barbarie des Huns du xx® siècle. »
(A. de Mun. Echo de Pans, aa septembre 1914-)
« ... Ayant trouvé sur sa route la catholique Louvain, Guillaume H l’abolit, puis il chercha Reims.
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« C’est là en même temps que le berceau du catholicisme dans les Gaules, le berceau de la royauté française et le berceau de la Nation... Reims, mise à part par la magnificence d’un art qui est la fleur de notre sol et qui ne peut être que plagié ailleurs, est cela et cela surtout : le cœur de la nationalité... »
(( Voilà pourquoi l’Empereur allemand a brûlé la cathédrale de Reims, l’église de saint Remi, la basilique du sacre... »
(Frédéric Masson. Echo de Paris, aS septembre.)
(( C’est une déclaration de guerre à tout ce qu’il y a de plus grand dans le monde que les généraux de l’Empereur allemand viennent de lancer, en tournant leurs obusiers sur le lieu où Clovis hérita de la civilisation latine, sur la haute et divine Maison éblouissante...
(( Dans ces pierres qu’ils canonnent les Prussiens ne mettront pas l’immobilité de la mort. Elles n’en seront que plus frémissantes, mieux chargées de vie, plus sacrées...
(( Sainte cathédrale de Reims, toute mutilée, tu demeures aux yeux de l’esprit, notre relique nationale. »
(Maurice Barres. Echo de Paris, 21 septembre.)
« Et voici que j’apprends le crime, l’inoubliable sacrilège de Reims qui ne sera jamais pardonné. Ils ont détruit la cathédrale î La cathédrale de Reims ! Ah ! le bruit terrible, le fracas sinistre, affreux, déchirant, le tonnerre de gloire et de consternation que déchaînent en s’écroulant ces mots qui font mal à dire, qui ne sortent que comme un cri : a la cathédrale n’est plus ! »
(H. Lavedan. Illustration, 3 octobre 1914.)
« Malgré leurs prétextes niaisement absurdes, leurs dénégations éhontées, ce qu’ils avaient voulu anéantir ici, c’était le cœur même de la vieille France.
« ... La grande barbarie a passé là, la barbarie moderne d’outre-Rhin, mille fois pire que l’ancienne, parce qu’elle est
bêtement et outrageusement satisfaite d’elle-même, et, par conséquent foncière, incurable, définitive, destinée, sion ne l’écrase, à jeter sur le monde une sinistre nuit d’éclipse. »
(Pierre Loti. Cf. V Illustration àn 21 novembre 1914.)
(( Autant que sur le chef-d’œuvre de la piété et de l’art de nos pères, la haine d’un ennemi lâche, envieux et sauvage s’est acharnée sur le monument essentiel de notre histoire la plus sacrée. En tirant sur le sanctuaire de Reims, l’Allemagne a tiré sur le baptême de Clovis, sur l’étendard de Jeanne d’Arc, sur l’onction de Hugues Capet et de ses successeurs, sur les plus hautes figures de la monarchie française, car tous ces souvenirs épars aux cœurs des Français innombrables, étaient rassemblés sous vos belles voûtes aujourd’hui écroulées. »
(Le Duc d’Orléans. Lettre au Cardinal Luçon.)
« C’est l’ânie catholique de la France, l’âme nationale qu’ils ont voulu atteindre, en s’acharnant contre ce corps de beauté. Et, sans doute, ils ont pensé la tuer.
(( Mais ils se sont trompés. Du bûcher homicide, la vie peut sortir. N’est-elle pas sortie du bûcher de Jeanne d’Arc? ...
« Petits oiseaux de Reims (allusion à une gracieuse coutume delà cérémonie des Sacres), aujourd’hui, les voûtes crevées par les obus, et les verrières brisées ne vous retiendraient plus. Allez, allez vers l’Est jusqu’à l’autre cathédrale, jusqu’à la flèche blessée jadis, elle aussi, par les canons allemands, allez saluer les grands oiseaux d’Alsace, les cigognes de Strasbourg!... Dites-leur que le crime de Reims a rajeuni le Pacte de saint Remi, et que la France va reprendre sa marche vers son immortel idéal...
(Mgr Baudrillart. Discours à Sainte-Clolilde.)
« Les Allemands ont un code systématique de destruction, de terreur, et des instruments pour le mettre en vigueur et par ordre, contrairement à tous les traités et conventions concernant
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les lois de la guerre, code absolument dépourvu d’honneur, de décence ou de pitié. »
(Whitney Warren. Lettre à l’institut des Arts à New-York, à propos du bombardement de la cathédrale de Reims.)
Puissent nos soldats prendre vivant leur Empereur, l’amener pieds nus et la corde au cou, sur les ruines de la basilique, et là, faire souffleter par le bourreau, sur sa face dégradée, la race abjecte qui bombarde les cathédrales ! »
(Louis Bertrand. Les Annales, 7 septembre 1914.)
(( Ce qui se passe est comme un sentiment qui tombe sur le monde ; dorénavant on dira la chute de Reims, comme on dit la chute de Constantinople et l’Histoire repartira de là... Gomment l’on s’endort et quels coups vous réveillent ! »
(A. Rodin.)
a Le crime de lèse-humanité que constitue la destruction d’une œuvre unique faisant partie du patrimoine artistique du monde entier ne saurait être dénoncé trop fortement. La postérité en demandera lourd compte à l’Allemagne. »
(D'' Gapitan, professeur au Collège de France.)
c( Reims, c’était la majesté de ce pays... La voix de ses cloches nous racontait quinze siècles d’histoire ; elle disait la continuité de notre idéal, à travers les sursauts de notre vie.
(( Et eux, les Barbares affolés qui poursuivaient leur guerre criminelle, ils l’ont frappée !...
Maudit, qui offense l’esprit humain, qui s’en prend à de la gloire que la paix des âges avait couverte de son suaire inviolable !
(P. Sertillanges. Discours à la Madeleine.)
« L'acte criminel accompli à Reims par l’ennemi sauvage de la France est une provocation au monde entier. Il caractérise une armée, une nation, un règne. J’en suis aussi consterné que le meilleur des Français. »
(S. A., le Prince de Monaco.)
« La destruction de Reims, de Louvain et de Malines est, je crois, l’effet d’une brutalité voulue et cherchée, plutôt que d’une brutalité naturelle.
(Miguel de Unamuno, ancien Recteur de TUniversité de Salamanque. Cf. Cahiers uaudois.)
(( Détruire par haine est un acte de barbare ; incendier par rage une cathédrale, c’est porter atteinte sauvage au patrimoine intellectuel de l’Humanité. »
(Babelon, membre de l’Institut.)
« Jamais rien n’excusera l’attentat contre ces chefs-d’œuvre. Tout ce qu’on a dit à Berlin et à Vienne pour l’expliquer n’a fait qu’ajouter le mensonge à l’erreur. Les incendies de Louvain et de Reims sont des crimes historiques. Le sacrilège fut patent et contrôlé. »
(Em. Verhæren, poète belge. Le Temps, 24 janvier.)
« Ils se sont couverts d’une infamie immortelle, et le nom allemand est devenu exécrable à tout l’univers pensant. »
(A. France.)
Des hommes avaient fait, qu’on disait des barbares.
Ces portails précieux et ces dentelles rares !
Puis d’autres sont venus et qui les ont brisés.
Qu’on disait des penseurs et des civilisés !
(Miguel Zamacoïs.)
« La destruction de la basilique de Reiras, monument incomparable de piété, d’art, de souvenirs historiques, est un odieux blasphème contre Dieu, notre Père à tous, et dénote chez ses auteurs l’absence de tout sentiment religieux et humain. »
(A. Lévy, Grand Rabbin de France.)
« Malheur à toi qui dévastes et qui n’as pas encore été dévasté, qui pilles et qui n’as pas encore été pillé. Quand tu auras fini de
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dévaster et de piller, à ton tour tu seras pillé et dévasté... (Is. xxxiir, I.)
(E. Gahen, Grand Rabbin de Lille.)
a Je joins mon nom à la protestation internationale contre la dévastation de Reims et de Louvain. Mais combien il me paraît dérisoire de « protester » contre la barbarie !.. C’est avec un fusil que j’aimerais protester. Le plus grand crime des Allemands est peut-être de nous inspirer cette implacable haine et ce besoin de vengeance. »
(J. Copeau, Directeur de la Nouvelle Revue française.)
« R.ien ne peut excuser ce nouveau vandalisme et celui qui en fut l’auteur doit être maudit de Dieu et des hommes » (P. Ganonien). — « Depuis le bombardement de la cathédrale de Reims, je comprends pourquoi Heine avait honte de s’avouer allemand » (G. Gesareo). — « Après Louvain, après Malines, la cathédrale de Reims l’une des plus radieuses pierres milliaires de la civilisation humaine ! Désormais en face de cet acte monstrueux, le monde civilisé a le devoir de traiter les Allemands comme des brutes, »
(Diego Angeli, Il Secolo, 24 septembre i9i4-)
Pourtant avant de fuir,
Les aigles impériales,
Certes, ont dû voir Là-bas, au fond du soir,
Avec ses bras brûlés, la vieille cathédrale.
Tendre leur honte à l’avenir.
(Em. Verhaeren.)
C’est la'barbarie consciente et voulue, la barbarie savante, la barbarie germanique ; voilà ce qui détourne d’elle les uns après les autres tous les peuples de la terre et les fait souhaiter sa ruine.
(L. Dumur, écrivain suisse. Le Temps, 24 janvier.)
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