‹ La Cathédrale de Trèves du IVe au XIXe siècleChapitre 12 sur 30 · Ciampini, p · texte numérisé non relu

Ciampini, p

sousle nom de «Paradieschen», diminutif allemand du mot Paradis. 11 en était de même à Mayence, un passage analogue conduisant de la cathédrale à l'église Saint-Jean. Seulement M. Wetter observe1 que, de toute ancienneté, la dénomination de Paradis s'entendait du terrain contigu, lequel formait, au front du monument élevé au xesiècle, le jardin du palais épiscopal. «Parâmes» désignait à Cologne, il y a trente ans, dans le vocabulaire du peuple, le vestibule de n'importe quelle église ; ailleurs, le surnom s'applique aux abords de monuments à date reculée, et qui ne sont eux-mêmes que des reconstructions, tels que les cathédrales de Spire, de Magdebourg, d'Erfurt, etc. Le mot de l'énigme, c'est que «paradies» a été, en Allemagne, synonyme d' « atrium». Stengeius2, décrivant l'abbaye d'Erfurt, dit: «Atrium templi vulgo das paradies ». De même en Italie, car nous lisons dans Ciampini 3 : « In atrio quod paradisus appellabatur. — - ln paradiso ejusdem basilicse. — In ecclesiae atrio vulgo paradiso appellato». D'où vient cette synonymie?

Au moyen âge, comme la tradition enseignait que les pénitents étaient relégués dans l'atrium de la basilique, on eut l'idée de peindre dans les vestibules des églises Adam et Eve (Magdeburg). En ce sens, l'atrium symboliserait le paradis perdu. Remontons à la source, à l'étymologie. Paradis nous vient de l'arménien «Pardes» (syriaque, «Pardaïso» ; chaldéen, «Pardes» , version des Septante, napa&acoç) ; il signifie moins un jardin qu'un verger et qu'un enclos qui réunit les eaux limpides, les fruits délicieux, les beaux ombrages4. Les Grecs ont emprunté le mot aux Perses, puisqu'il se trouve dans Xénophon. Hérode le Grand fit un Paradis dans l'enceinte de Jérusalem; vu de loin, dit Josèphe, il présentait l'ensemble d'une forêt. Néhémie prie le roi Artaxerxes de lui donner une lettre pour Asaph, gardien du Paradis des rois, afin qu'il puisse y couper les bois nécessaires à la reconstruction du temple. Salomon enfin avait un paradis rempli d'arbres magnifiques : l'aloës s'y mêlait aux cèdres du Liban, aux palmiers de la Judée, aux arbres fruitiers de la Méditerranée. On voit, par ces exemples, que paradis comporte essentiellement l'idée d'ombrages et de plantations d'arbres.

Or, l'atrium de la basilique formait une enceinte extérieure environnée de trois côtés par les portiques. L'espace compris entre ces portiques, une sorte

Page 1