‹ La Cathédrale du MansChapitre 2 sur 20 · O AYANT-PROPOS · texte numérisé non relu

O AYANT-PROPOS

par une porte de la façade occidentale, on peut suivre facilement, avec les siècles, les différentes campagnes de sa construction et les progrès de l'architecture du moyen âge.

La nef qui a subi plusieurs remaniements permet de saisir la transformation de Tarcliitecture romane et les premiers essais de voûtes d'ogives domicales.

Le chœur, bâti au xiii*' siècle, porte l'empreinte d'influences de l'école normande dans le déambulatoire et de l'école de l'Ile-de-France dans les chapelles rayonnantes.

Dans les croisillons du transept, nous suivons les transformations que subit le style gothique durant les xiv*^ et xv® siècles.

Toutes ces modifications successives se remarquent aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur du monument.

Avec le développement de l'œuvre, nous constatons Texpansion de l'art, l'augmentation des proportions, l'élévation des voûtes, la hardiesse dans la construction, la légèreté dans les colonnes, dans les nervures, dans les arcs, dans les ogives, comme aussi dans les fenêtres plus élancées, dont les vitraux aux riches couleurs laissent passer une lumière atténuée qui augmente encore la profondeur du monument.

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Par cette monographie, que nous allons tracer trop brièvement, nous ne prétendons pas offrir

Photo des ^lonunients historiques.

L'AuSIDE, VUE DES JaGOBIA'S

une œuvre complète; nous avons cherché seulement à résumer les récits historiques, et à analyser les études scientifiques que nou>^ ont

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fait connaître les importantes publications qui ont paru jusqu'à ce jour.

Afin de compléter notre étude, M. Pascal Vérité, architecte de la cathédrale du Mans, a bien voulu dresser pour nous les plans et les coupes qui accompagnent notre récit ; nous le remercions ici à nouveau de son concours, si aimable pour nous et si utile pour nos lecteurs.

Nous n'avons eu d'autre but, en écrivant ces quelques lignes, que d'attirer l'attention des visiteurs sur les principales beautés de la cathédrale du Mans, de leur expliquer les diverses phases de sa construction, afin que, dans leurs souvenirs, elle reste inscrite, comme elle y a droit, aux premiers rangs des monuments de l'architecture française.

Photo (1. Fleury.

Vue gé.nékale du chœur et du transept, côté nord

HISTOIRE DE LA CONSTRUCTION

Tout monument a sa légende ; la cathédrale du Mans n'a pas échappé à cette loi générale. On attribue sa fondation au premier évèque du Mans, à saint Julien ; mais ce nom n'apporte aucune précision dans la question, car jusqu'à ce jour on n'a pu fournir les preuves nécessaires pour affirmer si saint Julien vivait au premier ou au quatrième siècle. Cette vie de saint Julien, rattachée à l'origine du christianisme dans le Maine, soulève encore des objections qui nous entraîneraient trop loin en

dehors du sujet qui nous intéresse ; nous ne l'aborderons donc pas, et nous n'étudierons l'histoire de la cathédrale du Mans que depuis l'époque où l'existence de ce monument ne saurait être contestée.

La première cathédrale du Mans aurait été élevée, sur remplacement de l'ancienne demeure du défensor romain, ou sur celui d'un temple antique, comme la cathédrale Saint-André de Bordeaux, dans une position presque identique, près du mur de l'enceinte gallo-romaine; mais de cette première construction, il ne subsiste rien. Cette légende de l'utilisation de l'ancienne demeure du défensor, donnerait, comme date probable de cette première consécration, la fin du iv*^ siècle, les charges de défensor ayant été créées par l'empereur Yalentinien (364-375).

Les successeurs de saint Julien durent contribuer à l'agrandissement et à la transformation de cette cathédrale, mais ce n'est qu'à partir de la fin du Yi'' siècle, que l'on rencontre quelques mentions de ces travaux dans les Actus pontificum, première histoire des évêques du Mans. IVous y voyons que saint Innocent (533-559) t^ontinua la réédification de la cathédrale du Mans, entreprise par un de ses prédécesseurs, saint Victeur ; il agrandit l'abside et dédia l'église à saint Gervais et à saint Protais, dont il plaça des reliques dans un nouvel autel.

Pendant deux siècles, les successeurs de cet évêque n'apportèrent aucune modification au monument, et à la fin du viii'' siècle, la cathédrale

était en grande partie détruite ; ce fut seulement sous le règne de Gharlemagne que l'évèque Francon entreprit de restaurer ce monument, en ruines depuis si longtemps. Après lui, saint Aldric rebâtit la cathédrale presque en entier et notamment le chœur avec déambulatoire ; mais cette construction faite rapidement, avec de mauvais matériaux, ne devait })as se tenir longtemps debout; elle disparut quand les Normands Fincendièrent pendant leur occupation du Maine.

L'évèque Mainard (951-970), releva encore la cathédrale et la consacra à nouveau sous son épiscopat ; mais tous ses travaux, comme ceux de ses prédécesseurs, exécutés trop rapidement, après les incursions des Normands, sur des fondations peu solides, ne purent avoir une longue durée. Enfin, dans la seconde moitié du xi^ siècle, la cathédrale du Mans fut reconstruite en entier, sur un plan nouveau, beaucoup plus développé que les précédents. L'évèque Vulgrin, le premier, creusa des fondations nouvelles en Tan 1060. La mort interrompit son œuvre ; son successeur, Arnauld, voulut la continuer, mais une nuit le chœur s'écroula subitement. Arnauld entreprit de réparer ce désastre et quand il mourut, il avait déjà relevé, en partie, le chœur, le transept et les deux tours latérales. Dès lors la cathédrale du Mans restera toujours debout et ne fera que s'agrandir, malgré quelques événements malheureux, qui viendront parfois en détruire des parties plus ou moins importantes. Mais désormais nous pourrons suivre

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son histoire, siècle par siècle, ainsi que son développement, qui correspondra aux diverses évolutions de l'architecture.

En io83, l'évêque Hoël continua la construction des deux tours et du transept, commencée par Arnauld, et le 17 octobre 1098, il consacra le nouvel édifice en y transférant les reliques de saint-Julien.

Son successeur, Hildebert, auquel Guillaume le Conquérant avait demandé la destruction des tours de la cathédrale, parce qu'elles dominaient le château, reprit cependant vers 1 1 10 la restauration de la cathédrale. La reconstruction de la nef fut dirigée par un moine, nommé Jean, réputé bon architecte, et que lui prêta Geoffroy, abbé de la Trinité de Vendôme. En complétant ainsi l'œuvre de ses prédécesseurs, Hildebert éleva un monument qui occupa un des premiers rangs parmi les édifices religieux de cette époque.

Ce monument ne resta pas longtemps debout dans son ensemble. Dès le 3 septembre ii34, il était atteint par les flammes à la suite d'un incendie qui avait ravagé toute la ville du Mans; quelques années plus tard, il sera encore dévasté par un nouvel incendie qui se déclarera dans la toiture en chaume, établie provisoirement pour couvrir l'édifice.

Après ce dernier accident, Févêque Hugues de Saint-Galais commença par réparer le chœur ; son successeur, Guillaume de Passavant (1145-1187), continua les restaurations de la nef et du transept et c'est à lui qu'est due la voûte de la nef, telle

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qu'elle existe encore aujourd'hui. Ces travaux étaient achevés en ii58.

Pendant une cinquantaine d'années, la cathédrale resta ainsi sans subir de nouvelles modifications ; en 12 17, le chœur fut jugé trop petit et son prolongement lut décidé. L'évéque Hamelin obtint de Philippe-Auguste, la permission de renverser la vieille enceinte gallo-romaine pour construire un nouveau chœur, celui que l'on peut encore admirer aujourd'hui avec ses chapelles et son double déambulatoire. Il fut terminé vers 1204, date de sa consécration.

La construction de ce chœur, beaucoup plus élevé que la nef, décida l'évéque Geoifroy d'Assé, à faire relever le transept, et, en mourant, il laissa un legs pour cette œuvre (1277). Mais elle ne fut entreprise que longtemps après sa mort, car c'est seulement dans la première moitié du xv*' siècle, que les travaux de reconstruction des deux croisillons furent terminés.

Le croisillon méridional et la croisée du transept, commencés d'abord par Mathieu Julien, devaient être entièrement reconstruits, après plusieurs interruptions dans l'exécution des travaux, vers 1897, sous la dernière direction du maître des œuvres Jehan Le Maçon. Ce même architecte prit part, dans leur début, aux travaux du croisillon septentrional, dont la première pierre fut posée le 17 février i4o3 par l'archidiacre de Sablé. Les travaux sont ensuite poussés avec activité, et peutêtre même trop rapidement par le maçon Henri

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Gillot, car le 20 juin 1419^ les chanoines constatent que l'ouvrage menace ruine. Le maître de Tceuvre, à celte date, était Nicole de FEscluse : il fut remplacé, le 21 janvier 1421, par Jean de Dampmartin, natif de Jargeau, au diocèse d'Orléans. Sous la direction de ce nouveau « maître des œuvres » de la cathédrale, les accidents furent bientôt réparés et la construction fut reprise avec ardeur malgré les guerres et l'invasion anglaise. Le croisillon septentrional se trouva ainsi terminé vers i43o.

La grande œuvre de la cathédrale, telle qu'elle existe aujourd'hui, était arrivée à son terme après quatre siècles de travaux ; depuis cette époque, aucun travail nouveau n'a été exécuté pour son agrandissement ou sa transformation. Toutes les nouvelles entreprises n'ont eu pour but généralement que la décoration intérieure du monument ou la réparation des accidents qui lui sont survenus ; ce ne sont que des œuvres de détail, qui ont certes leur intérêt au point de vue artistique, mais qui n'ont rien changé au plan général de la cathédrale.

Une de ces principales œuvres complémentaires a été le jubé élevé à l'entrée du chœur par le cardinal Philippe de Luxembourg, qui fut, à deux reprises, évêque du Mans, de 1477 ^ '^^7i ^t ^^ ^^^9 à iSig. Ce jubé, exécuté en pierre, presque à la même époque que celui de l'église de Brou, était divisé en trois parties, et décoré d'un grand nombre de statues et de bas-reliefs. Sur chacune des piles du chœur étaient adossés, à droite, l'autel des mi-

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racles de saint Julien et, à oauche, Taiitel de Notre- Dame-de-Pitié. En retour d'équerre , dans le déambulatoire septentrional, se trouvait le reliquaire du pied de saint Philippe. Ces autels étaient pourvus de r e t a 1) 1 e s gigantesques . Les armes de Luxembourg étaient reproduites plusieurs fois dans cet ensemble. Quelques traces de la décoration picturale, représentant des anges portant ces écussons, ont été encore longtemps visibles sur les piles de l'entrée du chœur.

Un dessin d'architecte du temps \

^ IMioto A. (le St-I)enii

reproduitparM.Hu- ..

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•Cner, est le Seui sculpture sur bois du xvi" siècle.

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