‹ La Cathédrale du MansChapitre 8 sur 20 · PL · texte numérisé non relu

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Photo G. Fleury.

Côté méridional du chœur

ration de plusieurs architectes ou maîtres d'œuvre

ne saurait être mise en doute. Par Fexamen des détails, il apparaît facilement, à tous ceux qui les étudient avec quelque attention, qu'ils ont été exécutés sous des inspirations diverses provenant d'écoles différentes. Malgré une exécution rapide, ce chœur, élevé entre 1217 et 1204, présente pour ses diverses parties des modifications dans les détails qui ne peuvent être attribuées à une seule direction, parce qu'elles ne sont pas purement progressives, et que, au contraire, elles présentent parfois des arrêts dans le développement de l'idée première, et plus tard un retour vers le style de la première école ; ainsi la voûte du chœur est de l'école de l'Ile-de-France comme celles des chapelles, tandis que la partie intermédiaire représentée par le déambulatoire, ses colonnes, ses chapiteaux, son triforium, ainsi que les colonnes cylindriques du chœur, sont de l'école normande. Même dans la partie appartenant à cette école normande, on peut remarquer deux directions pour la partie supérieure. Ainsi, au-dessus des colonnes cylindriques de l'hémicycle, une balustrade a été ménagée devant le bas des fenêtres, comme à Goutances, alors qu'il n'en existe aucune trace dans les fenêtres des autres travées. De même dans le triforium les arcatures sont d'un profil beaucoup plus léger et les écoinçons sont décorés de feuillages d'une exécution bien plus fine que dans les premières travées du chœur, car ces dernières arcatures sont d'un dessin beaucoup plus lourd, quoique d'un tracé plus simple et moiijs riche en sculptures.

Dans les piles des travées du chœur, en dehors de Tabside, on ne retrouve plus la forme cylindrique, ni les tailloirs circulaires comme dans Fabside ou dans le déambulatoire ; de même les colonnettes qui reçoivent les arcs formerets et les arcs ogives,

Photo G. Fleury.

Chapiteau du déambulatoire, côté nord

ne s'arrêtent plus aux tailloirs des colonnes, mais sont profilées jusqu'au sol.

Les grandes arcades présentent aussi des variantes dans les détails de leur mouluration ; ainsi le gros tore central est chargé d'un filet dans les trois grandes arcades du côté méridional. Un semblable filet se remarque aussi sur le tore supérieur, du côté du déambulatoire, aux deux premières arcades seulement ; mais il ne se voit sur aucune autre

moulure du chœur, à Fexception de celles des arc de la voûte.

Ce filet ajouté à la moulure, dans ce côté méridional du chœur, semble indiquer un arrêt dans la construction ou un changement de direction dans Fœuvre; du reste pour ce même côté, on

Phot., (, Fleai

Chapiteau du déambulatoire

remarque à l'extérieur, dans la partie supérieure des trois premiers contreforts une reprise dans la construction de Tare le plus élevé, et une légère surélévation de cet arc-boutant.

Il est à observer aussi que la décoration de feuillages sculptés dans les écoincons du triforium, ne s'étend pas au delà des doubles colonnes normandes qui forment l'abside du chœur.

Nous nous trouvons donc sur ce point, en pré-

sence des derniers travaux exécutés dans le chœur de la cathédrale du Mans, car l'existence d'un tore chargé d'un filet ne peut se rencontrer, pour nos régions, dès le premier quart du xiii® siècle. D'autre part, tous ces détails peuvent donc permettre de croire que l'architecte de l'école normande a seulement élevé le double déambulatoire et l'abside du chœur ; ils confirment aussi la théorie, que nous avons émise ci-dessus, de la construction du chœur commencée par la partie extérieure, c'est-àdire par les chapelles et se terminant par la partie se rapprochant du transept et de la nef.

Cette marche de l'œuvre peut expliquer aussi une particularité du plan de ce chœur, que M. Vérité a relevée et qui consiste dans l'élargissement progressif des travées du chœur depuis l'entrée jusqu'à l'abside. On retrouve un peu cette disposition dans le chœur de la cathédrale de Gantorbéry, mais un peu plus accentuée, surtout pour le déambulatoire \ Au Mans, la largeur d'ouverture à l'entrée du chœur, entre les colonnes, est de io™,o6, et elle atteint io"\72 à l'arc doubleau de l'abside, produisant un écarlement symétrique de chaque côté de l'axe. L^élévation des voûtes suit une semblable progression. M. Vérité pense que « ce tracé du chœur suivant un plan conique étant très régulier dans toutes ses parties et symétrique à droite et à gauche de l'axe principal, ne peut être attribué au hasard, ni

^ Ce chevet a été bâti par l'architecte Guillaume de Sens

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