I. La grande Rose
Au-dessus des porches règne d'abord une rangée de huit fenêtres peu élevées ; deux d'entre elles sont coupées à leur partie inférieure par le sommet du fronton central. Ces ouvertures sont ornées d'un double cordon de fleurons, de quatrefeuilles et surmontées d'archivoltes sculptées et reposant sur des têtes saillantes. Sur toute la largeur de la façade, au-dessus de ces fenêtres, règne une corniche chargée de gracieux rinceaux. Au-dessus de cette corniche, s'ouvre une grande et profonde arcade cintrée, ornée à sa partie antérieure de colonnettes et d'une archivolte décorée d'enroulements. Sous cette arcade s'épanouit la grande rose^ composée d'un fleuron central à douze
(i) Les gargouilles ont très souvent la forme d'animaux fantastiques : « Elles sont l'emblème des esprits malins qui se retirent des murs sacrés.» (Du symbolisme dans Us églises du Moyen âge par MM. J. Mason, Neale et Ben'j. Webb, m. A., de l'Université de Cambridge, traduit de l'anglais par M. V. O. (Mame et C'*; pag. 212). Elles symbolisent aussi les vices.
lobes et de vingt-quatre compartiments disposés sur deux rangs concentriques. Les douze divisions du premier rang sont séparées les unes des autres par de courtes colonnettes et ont chacune cinq côtés inégaux ; le second rang est formé par des meneaux semi-circulaires, qui portent d'une part sur les colonnettes du premier rang et de l'autre sur le grand cercle de la rose. Le tout est entouré d'une riche guirlande de feuilles et d'un cordon de roses épanouies.
Sur les côtés de la rose centrale s'ouvrent deux arcades tracées en ogive peu accentuée, aussi profondes, mais moins hautes et moins larges que celle du miUeu. Ornées, comme elle, de colonnettes et d'archivoltes sculptées et supportées par des figures d'hommes et d'animaux fortement en saillie, elles encadrent deux fenêtres ogivales, dont les voussures sont remarquables et par les sujets représentés et par la perfection du travail.
IL — Fenêtre de gauche.
La fenêtre de gauche a quatre cordons ou voussures ; le premier est garni d'animaux fantastiques, espèces de dragons vêtus d'un capuchon, qui leur tombe sur le cou. Le deuxième est occupé par dix personnages dont Tattitude et les gestes sont pleins de vie, de mouvement et de naturel. Cest la collection des KÂrts libéraux (i) que VioUet-Leduc déclare t une des plus belles » parmi celles qu'il a
(i) Miroir doctrinal. ,
rencontrées. J'emprunte à Fleury la description qu'il en a faite d'après Viollet-Leduc et Melleville (i).
I. « La première figure (d)^ à gauche, est la Philo- Sophie ou la Théologie (2) qui tient un bâton de commandement (un sceptre) de la main gauche, dans la droite, un livre ouvert sur un livre fermé, ce dernier représentant l'Ancien Testament, le le premier, le Nouveau; la tête de la femme est noyée dans un nuage symbolisant les hautes sphères de la religion et de la pensée ; enfin, la statuette tient serrée contre elle une échelle qui indique les degrés à franchir nécessairement pour arriver à l'ensemble de la science divine.
IL La deuxième figure (b) € est la Grammaire qu'une femme enseigne à un enfant aux yeux ardemment tournés vers celle qui l'initie aux débuts du savoir indispensable à l'homme.
IIL La troisième (c) t est la Dialectique ou Logique à la taille ceinte d'un serpent qui symbolise l'habileté et les subtilités de la discussion,