‹ La cathédrale Notre-Dame de LaonChapitre 33 sur 72 · I. Chapelles latérales du chœur · texte numérisé non relu

I. Chapelles latérales du chœur

Plus bellesque celles delà nef, ces chapelles s'élèvent comme elles entre les contreforts. Leurs fenêtres sont divisées par un meneau en deux compartiments surmontés d'arcs trilobés et d'une rosace à six lobes ; la première, toutefois, plus étroite que lesautrcs, n'a pa^ de meneau et se termine par un arc trilobé au-dessus duquel s'épanouit un trèfle ; la deuxième, au lieu d'une rosace à six lobes, a deux quatreleuilles surmontés d'un trèfle. Au-dessus de ces fenêtres s'élèvent des froptons dont les rampants sont garnis de crosses végétales, de feuilles de chou ou de chardon. Les contreforts de ces chapelles sont droits et ont peu de saillie. Vers leur sommet, à

la naissance des fiontons, se trouvent des gargouilles représentant divers animaux, lion, sanglier, etc. ; et au-dessus de ces gargouilles, des pinacles dont

la partie antérieure, ornée d'un petit dais et d'un culde- lampe, servait d'abri à des statues qui ont disparu. Une gracieuse balustrade à arcades trilobées s'élève entre les pinacles. La restauration vient de rendre à ces chapelles leur caractère primitif et leur élégante beaut^.

IL Bas-côtés et étage supérieur du chœur.

Les bas-côtés et l'étage supérieur du chœur offrent les mêmes dispositions que les parties correspondantes de la nef et du transept Je signalerai cependant quelques différences.

Dans les bas-côtés, les archivoltes des fenêtres ne sont pas ornées de feuillages, mais de simples moulures. La frise qui termine le mur, est couverte de rinceaux sauf dans les deux ou trois travées les plus rapprochées du transept, où Ton remarque des feuilles entablées, semblables à celles qui se trouvent dans le transept lui-même et dans les cinq premières travées de la nef, les plus voisines du chœur.

L'étage supérieur est un peu plus élevé que dansles autres parties de l'église (i). Le sommet des. contreforts se termine par deux bouquets au lieu d'un seul. Les fenêtres ont leurs pieds-droits et leurs premièies archivoltes garnis de fleurons ; leur arc extérieur présente la même décoration, excepté dans les trois plus rapprochées du transept et les deux dernières ; les fleurons, sont, à ces endroits, remplacés par des

(i) On constate cette différence de hauteur au point de jonction du chœur et du transept ; les frises ne se raccordent pas ; celles du chœur sont élevées d*un mètre environ au-dessus des autres.

étoiles ou des quat refeuilles juxtrrposés. De tous les personnages qui se trouvent au sommet des arcsboutants, deux ou trois seulement semblent faire des efforts pour soutenir la corniche ; les autres, parmi lesquels on distingue un ange, sont assis dans des postures diverses et paraissent méditer. La (rise qui couronne les hauts murs, se compose de feuilles entabléés au-dessus des premières travées, et de rinceaux au-dessus des quatre dernières.

ÏV, — Le chevet.

La cathédrale se terminait primitivement par une abside polygonale ou semi-circulaire, moins longue que le chœur actuel et, par conséquent, mieux proportionnée au reste de l'édifice. Elle se termine aujourd'hui par un chevet carré, dont l'effet n'est pas comparable à celui d'une abside circulaire, mais qui n'en est pas moins une des parties les plus typiques du monument.

On a beaucoup disserté sur la cause qui fit adopter ce plan, lorsqu'au début du XIII* siècle, on voulut agrandir le chœur. Les uns, Montalembert, Lassus, etc., ont vu dans ce mur plat une réminiscense de la forme imposée par saint Bernard aux églises de son ordre. D'autres^avec ViOLLET-LEDUC,ont mis en avant une raison d'économie. D'autres enfin, faisant observer avec Fleury qu'un grand nombre d'églises du Laonnois ofïrent un terminal rectiligne, ont invoqué une habitude locale (i). Ces diverses opinions ont

(i) Fleury. Antiq. et Monum, Tom IIT, pag 226.

leur valeur ; la dernière toutefois paraît la plus vraisemblable.

Le chevet, tel qu'il se présente actuellement, est soutenu par de hauts et robustes contreforts et percé, à la partie inférieure, de trois grandes lancettes dont les ogives aiguës caractérisent bien l'époque de la construction. Ces baies, ornées de longues colonnettes et d'archivoltes à moulures simples, sont surmontées d'une frise couverte de rinceaux, au-dessus de laquelle s'épanouit une grande rose semblable à celle du portail occidental (i). Une galerie formée de colonnettes et d'archivoltes ornées de têtes saillantes et de feuillages, règne au-dessus de la rose et se termine de chaque côté , par un pinacle de grandes proportions et semblable à ceux qui se trouvent au-dessus des porches de la façade principale. Le mur triangulaire ou pignon, qui s'élève au-dessus de cette galerie, est décoré d'une niche couronnée d'une petite flèche. Cette niche abrite la statue d'un personnage quïl est difficile de reconnaître.

Deux murs latéraux terminés en talus, prolongent à droite et à gauche, la cloison du chevet et ferment les bas-côiés ; ils sont percés de deux fenêtres superposées, dont l'une éclaire la nef latérale, et l'autre la large galerie du triforium. Les contreforts qui, à chaque extrémité, soutiennent ces murs, sont couronnés de pinacles, dont les flèches un peu massives sont portées par quatre petites colonnes.

(i) Dans la cour du palais de justice on voit, sous Tune de ces fenêtres une porte et un escalier. C'est par là que l'évéque entrait ordinairement dans la cathédrale.

De chaque côté du chevet, on voit encore l'extrémité des chapelles latérales du chœur. Celle de droite est percée d'une fenêtre longue et étroite^ divisée par un meneau et ornée d'un quatrefeuille. Un pinacle surmonte le contrefort de l'angle.

La chapelle de gauche, plus grande que les autres, s'avance et dépasse un peu la ligne terminale du chevet,

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