‹ La cathédrale Notre-Dame de LaonChapitre 51 sur 72 · Ancien Jubé. — Grilles. — Stalles · texte numérisé non relu

Ancien Jubé. — Grilles. — Stalles

Sanctuaire, etc.

I. Juhé. Le chœur était jadis fermé en avant par un Jubé, sous lequel s'ouvrait la porte principale appelée « Porte spécieuse — Vorta speciosa ». Construit probablement au XIII* iiècle dans le style du temps, ce jubé paraît avoir subsisté jusqu'au XVIII* (i), époque à laquelle il aurait fait place à une œuvre de style grec et t d'assez mauvais goût » (2).

(i) Le sieur de Mauléon, dans son Voyage liturgique (Laon, pag. 499^ le place parmi les jubés de la période ogivale existant encore vers le milieu du XVIII* siècle (J. Mallet, Cours éUm. d'arcbioî, reîig., Mobilier t pag. 311).

(2) Melleville, Hist. de Laon, tom. i, pag. 120. — Jubé de style grec, dessiné par Tavernier, collection Tiette, Archives de V Aisne.

Toutefois unç gravure du JCVI* siècle r^prQ^ duite dans Y Histoire de Nicole de Vervins (i) le représentant avec quelques caractères di; style flamboyant, pde porterait à croira?, si Ton pouvait s'en rapporter aux dessins de ce temps, qu'avant d'être reconstruit au JCVIH* siècle, il dut sybir une transformation dans le goût de la dernière époque ogivale. La porte principale, les deux portes latérales du chœur et les grilles dorées qui entouraient le sanctuaire, étaient, paraît-il, des œuvres de serrurerie très remarquables, des morceaux achevés.

De ch^quç côté du jubé se dressaient deqx autels, revêtus d^ marbres précieux et ornés de statues de la sainte Vierge «t de saint Rémi, Sj:ulptées au siècle de Louis XIV et que Ton tenait pour d,es chefs-d'œuvre. L'autel de droite, dédié 4 U Très çainte Mère de Dieu, était celui que les plus anciens documents appellent « V Autel de l' Image » (^). Çptte image de la sainte Vierge, objet d'un culfe spécial et très suivi pendanj plusieurs çiècles, était uAe statue en bois, couvert^ de riches ornements et placée tout d'abord derrière le M^^ître-Autcl (j), quand celui-ci se trouvait en avant du chœur. Après la transformation de l'abside circulaire en chevet carré et la construction da jubé, elle fut exposée à la vénération des fidèles t audessus de Taultel qui est à main dfoic^e m entrant

(i) Roger, Hist, de Nicole de Vervins, 1865.

(2) A. Bouxm, Les Prévôtés du chap, de la eatb. de Laon, pag. ao-i,

(3) U. Chevalier, Ordinaires de la cath. de Laou, pag. 1$, ^58-9.

dans le cueur » (i). Cette image fut brûlée accidentellement en 1586 pendant la nuit de Noël (2).

On voyait enfin, au-dessus du jubé, un Crucifix de taille gigantesque, devant lequel était suspendue k grande couronne de lumières, qui descendait des hauteurs de la lanterne (3). Tous ces objets précieux lurent détruits à la Révolution.

2. La grande grille. Aujourd'hui le chœur est fermé par une haute et large grille en fer, style Louis XIV. Devenue la propriété du séminaire de Soissons lors de la suppression de l'abbaye de Villeneuve-Saint-Germain (4), en 1770, elle fut cédée à la cathédrale de Laon en 1806 et posée au mois de juillet 1807 (5). Enlevée en 1864 pour la cérémonie du sacré de Monseigneur Dours, évêque de Soissons et Laon (6), elle a été replacée une seconde fois au cours de Tannée 1887.

Travail très remarquable en son genre, cette grille, avec ses lignes tourmentées et ses ornements en tôle repoussée, ne s'harmonise guère, il faut l'avouer, avec le style de la cathédrale ; aussi les puristes qui l'avaient vu disparaître avec plaisir, furent-ils désagréablement surpris de la voir se redresser d'une façon qui, cette fois, semble définitive.

(i) Antoine RiCHART, Mémoires sur la Ligue dans le Laonnois^ pag. 504. (2) id. id. id.

(5) Fleury, Cinquante ans de Vbist, du chap. de N. D. de Laon, pag. 27.

(4) Ledouble, Etat religieux ancien et moderne du diocèse de Soissons, page 60.

(5) Date gravée sur deux petites plaques de métal, trouvées en 188^ dans la maçonnerie qui soutenait primitivement la grille.

(6; Monseigneur Dours fut évêque de Soissons et Laon de 1864 à 1876.

3. Les stalles. Le chœur était autrefois entouré, comme le prouve encore présentement la mutilation des cha{Mteaax. de stalles (i), de boiseries y et de cloisons sculptées sur lesquelles on voyait entre autres sujets, € les principales circonstances de l'exorcisme de Nicole de Vervins » (2). Toutes ces boiseries furent brûlées sur la place du Bourg pendant Torage révolutionnaire. Les stalles actuelles, au nombre de 94, disposées sur deux rangs de chaque côté, proviennent en très grande partie, éo, du séminaire de Soissons, qui lui-même les tenait de l'abbaye des célestins de Villeneuve-Saint- Germain « supprimée en 1770 et dont les biens avaient été donnés à l'évêché, au séminaire, au collège et à la communauté des prêtres de Saint- Waast » (3). Simples et de bon goût, quoique d'un style tout autre que celui de l'église, ces stalles furent cédées à la cathédrale et placées en 1806. Les autres stalles, celles qui se trouvent à l'entrée du chœur du côté du transept, ont été données, à la même époque, par M. Herbin, ébéniste à Laon (4).

4. Orgue. Dans la troisième travée du chœur se trouve, depuis 1843, Morgue d! accompagnement dont le buffet n'a absolument rien de remarquable (5).

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