‹ La cathédrale Notre-Dame de LaonChapitre 59 sur 72 · Au bout de trois jours Théophile meurt et est enseveli · texte numérisé non relu

Au bout de trois jours Théophile meurt et est enseveli

B. — La Rose.

La grande rose qui surmonte les lancettes, mesure dix mètres environ de diamètre. Elle est consacrée à la glorification, au triomphe de la Très sainte Vierge (i). Les murs qui l'entourent, étaient autrefois ornés de peintures.

Cette rose est divisée, comme celle du grand portail, en un fleuron central entouré de médaillons.

I. Dans le fleuron central, la Tris sainte Vierge est représentée assise sur un trône, couronnée et tenant d'une main l'enfant Jésus, de l'autre une fleur, « la rose mystique de couleur rouge ». A droite et à gauche, des anges s'inclinent, les mains jointes, dans l'attitude du respect et de l'admiration. Au-dessus de la sainte Vierge, deux autres anges agitent des encensoirs. Au-dessous, à droite, on voit le prophète Isaïe qui annonça si clairement que le Messie devait naître d'une Vierge ; il regarde l'enfant Jésus et sa mère, et tient de la main gauche une banderole portant son

(i) Les Vitraux de la caihédraîe de Laon, 1" Fascicule.

propre nom. A gauche, c'est s^xint Jean-Baptiste tenant entre ses mains l'Agneau de Dieu entouré d'une auréole.

2. Le premier cercle, qui touche le fleuron central, renferme douze médaillons. Les apôtres y sont représentés assis sur Tarc-en-ciel, les pieds nus et la tête ornée du nimbe. De la main droite ils tiennent un volumensur laquelle leur nom est écrit; de la gauche, ils portent un livre ou font le geste d'un orateur qui parle. Contrairement à ce qui se voit d'ordinaire, ils ne sont pas placés suivant l'ordre des préséances en vigueur au Moyen âge ; ainsi la première place, le médaillon du haut, est occupé par saint Jacques ; vient ensuite, à la gauche du spectateur, saint Barnabe, et seulement après lui saint Pierre, puis saint Philippe, saint Thaddée, saint Simon. Saint Barthclemi occupe le médaillon inférieur. A gauche de saint Jacques (droite du spectateur) on voit d'abord saint André, puis saint Jude, saint Paul, saint Jean et enfin saint Mathieu, — Saint Thomas, l'un des deux saints Jacques, et saint Mathias^ qui fut élu à la place de Judas, ne figurent pas dans cette galerie des membres du Collège apostolique ; ils sont remplacés par saint Paul, par saint Barnabe et par le portrait deux fois répété du même personnage, saint Jude, qui figure sous ce nom et sous celui de Thaddée. D'où viennent ces incorrections ? Probablement de l'inattention ou de l'ignorance des peintres verriers appelés à réparer quelques médaillons détériorés.

3. Le second cercle de la rose comprend vingtquatre médaillons.

Les personnages représentés sont les vingt-quatre vieillards de V Apocalypse.

Tous sont assîs, comme les apôtres, sur des arcs-enciel. Leurs têtes sont couronnées, leurs pieds chaussés, et tous tiennent d'une main une fiole, de l'autre, un instrument de musique.

Les uns paraissent âgés ; ils portent la barbe ; les autres sont jeunes et imberbes, pour figurer ou les saints de TAncien Testament et ceux du Nouveau, ou la glorification dans le ciel des personnes de tout sexe et de tout âge.

Dans cette composition, l'artiste s'est inspiré des textes suivants de l'Apocalypse : « Autour de ce trône (le trône de Dieu) il y en avait vingt-quatre autres, sur lesquels étaient assis vingt-quatre vieillards, vêtus de robes blanches avec des couronnes d'or sur leurs têtes. » (IV. 4.) — « Et les vingt-quatre vieillards.... avaient des harpes et des coupes d'or, pleines de parfums, qui sont les prières des saints. > (V. 8.)

Chaque personnage, avons-nous dit, porte une fiole et un instrument de musique. Toutes les fioles se ressemblent ; il n'en est pas de môme des instruments de musique ; on en distingue de cinq sortes : onze vielles, six rotes, quatre harpes, deux tambourins et un psaltérion (i).

IIL — Les chapelles du chœur.

Le chœur, comme la nef, est accompagné de nom-

(l) Voir l'étude sur les Instruments de musiqiUy que M. de Florivai. a ajoutée au premier fascicule de son ouvrage : Les Vitraux de h cathédrale de Laon, pag. 94.

breuses chapelles, élevées les unes au XIII«, les autres au XIV' siècle. Il y en a huit du côté de l'Évangile, quatre au chevet, cinq et la sacristie du côté de l'Épître.

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