SCENE IV HL'GON, ABÉLARD
HUGON (s' avançant)
Oui, j'ai été frappé, quand le moine parlait, de t'entendre faire cette remarque osée.
J'ai trop longtemps craint de parler. Mais aujourd'hui, je veux qu'on sache. Cette façade me déplait
et me semble insensée. Je n'admets que le cintre. J'exècre leur façon nouvelle. Vois, n'est-ce pas tenter Dieu ?
HUGON
Tenter Dieu...
ABÉLARD
Pardonne si je t'offense ; je trouve à l'ancienne méthode seule du charme. Le cintre est craintif ; il est humble et cette humilité convient au Dieu fait homme.
HUGON
Ils sont rares pourtant les partisans de l'art d'autrefois.
ABÉLARD
Les partisans avoués, soit. Le chapitre est puissant. Mais dans le secret, beaucoup pensent comme moi.
HUGON
Tu crois ?
ABÉLARD
J'affirme ! Comment ! nous avons toute une église en cintre qui faisait accourir des lointaines