‹ La cathédrale; pièce en quatre actesChapitre 3 sur 95 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

bonne et sainte, et d'un constant effort, s'élancer pour l'atteindre, voilà l'enthousiasme, le vrai, que nos aïeux des cathédrales nous enseignent encore.

Sans doute, à nos siècles présents, Dieu ne demande plus de faire chanter la pierre, ni d'élever, droit vers le ciel des cathédrales ; il ne demande plus à nos hommes de pensée de résoudre le problème de la voûte, des contreforts ou de l'arc-boutant ; mais il nous place encore devant d'autres problèmes, problèmes actuels, plus utiles peut-être encore que ceux-là à sa gloire et au salut de notre société.

Ce que Dieu veut de nous, ce qu'il demande à l'homme de tous les temps, aujourd'hui comme alors, c'est de sortir de soi et de son égoïsme, c'est de se dévouer à une grande cause, de se sacritîer à l'idée du moment qui se révèle à nous comme étant la meilleure; c'est en un mot de vivre ainsi qu'ont fait nos pères, modestes et sublimes pèlerins d'idéal, pour une grande idée dont on a fait sa vocation !

O lumineux cortège des artisans défunts, vous qui avez fait un grand rêve et qui l'avez vécu, accordez-nous, à nous vos fils, de croire aussi en quelque chose ! Indiquez-nous dans le lointain une idée belle, une idée haute, un chantier qui demande des bras, un monument d'amour qui attend notre pierre ; et nous nous lèverons, nous sortirons comme vous de notre vie facile pour nous embaucher à l'Idée! Ouvriers nouveaux d'une œuvre séculaire, nous voulons à notre tour élever sur le sol à la gloire de Dieu des monuments d'union, d'amour et de foi, des cathédrales !

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