‹ La cathédrale; pièce en quatre actesChapitre 37 sur 95 · ACTE U, SCENE IV yi · texte numérisé non relu

ACTE U, SCENE IV yi

ce changement soudain? Les anciennes rancunes se réveilleraient-elles? Pourquoi ? Qu'as-tu fait, Réginald ? Qu'as-tu dit ?

RÉGINALD {troublé)

Hilaire !

HILAIRE

En parlant de tes plans on va même jusqu'à dire

RÉGINALD {douloureux)

Pas davantage, Hilaire ... (avec feu) Eh bien, oui ; tout ce que le peuple murmure dans le secret tout cela est vrai, Hilaire, bien vrai.

HILAIRE

Réginald, que dis-tu ?

RÉGINALD

C'est vrai. Depuis quelques instants, mon cœur s'est enflammé d'une passion nouvelle, un désir fou, aveugle, Hilaire, irrésistible. Etre de passion que je suis ! Oui, le père subitement s'est réveillé dans le fils. Mon désir sommeillait, inconnu

de moi-même, lorsque tantôt, soudain, quatre mots sur ma table ont suffi à lui donner l'éveil. Et maintenant je voudrais, je veux bâtir cette œuvre, enfant de ma pensée, je veux la voir là, prendre corps et surgir dans la réalité.

H I LAI RE

Du calme, Réginald. Mais, dis-moi vite : Quelqu'un connaît-il ton désir ? As-tu parlé ?

RÉGINALD

Dieu seul sait mon tourment, le peuple ignore tout.

H I LAI RE

Je respire; parler eût été imprudent; les langues sont méchantes, tu le sais. Eh bien, écoute, Réginald ; calme-toi ; le désir où tu es n'a rien que de très naturel. Ayant composé des plans, pourquoi ne pas désirer qu'on les mette en oeuvre ? Prends patience ; si quelque ville venait t'offrir d'œuvrer pour elle, ton rêve serait comblé. Allons, ne te tourmente pas de ces folles pensées. Montre-les moi encore ces plans. As-tu terminé les croquis de l'ensemble ?

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