ACTE II, SCK-NE IV
REGINALD
Non.
H I LAI RE
Mais si, mon pauvre ami. Tu es beaucoup plus grand d'avoir fait un grand rêve. L'œuvre belle est féconde. En faisant œuvre de beauté, tu as grandi ton âme. Ton amour a chanté seul à seul avec Dieu, pour Dieu ; et c'est vers sa splendeur que tu t'es élevé. Que te faut- il de plus ?
RÉGINALD (à lui-même)
Seigneur î Qu'il est donc difficile de n'agir que pour toi ! (à Hilaire) Que me faut-il de plus?.... O frère, si tu savais le désir qui vient gonfier mon cœur ! Mon sang bout, tous mes sens se troublent, je me débats contre moi-même ; j'étouffe. (Il s'assied, tout en sueur).
HILAIRE
Calme-toi, Réginald ; la chaleur accablante, ... la fatigue ...
RÉGINALD
C'est étrange ; il me semble que quelque chose
d'énorme va se passer; Hilaire, ne sens-tu pas comme moi un malheur qui s'avance ? Mon trouble, ma passion semble venir d'ailleurs, d'en dehors de moi. C'est un sang inconnu qui vient battre mes tempes.
HILAIRE
Le travail et la chaleur du jour ont épuisé tes forces. Va prendre du repos (une cloche lointaine). Je vais me retirer.
RÉGINALD (sursautant) Le signal ?
HILAIRE
On sonne pour complies et je vais...
RÉGINALD {le retenant)
Et tu vas me quitter ? Me laisser seul dans le trouble où je suis ?
Avec Dieu. Prie et ne te laisse pas envahir 'par l'esprit des ténèbres. {Il va pour sortir à droite).