‹ La cathédrale; pièce en quatre actesChapitre 50 sur 95 · ACTE II, SCENE VIII QI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VIII QI

ser? (Geoffroi les baise tous deux et leur fait une croix sur le front. Le tonnerre éclate tout proche.)

GEOFFROY

Holà! Dieu gronde.

JOHAN

Le ciel est en fureur, messire.

GUIDET

Pourquoi n'écrase-t-il pas les méchants sous sa foudre ?

GEOFFROY

Il le fit maintes fois, petits.

JOHAN

Mais pas toujours. Pourquoi les méchants, il les laisse faire le mal ?

GUIDET

Pourquoi, messire?

JOHAN

Pourquoi ?

GEOFFROY

Dieu sait bien ce qu'il fait. Laissons-le faire. C'est le grand maître d'œuvre, lui! Il a ses plans. Mais pour bâtir il lui faut parfois sacrifier les vieux murs, briser des choses belles, faire pleurer ceux qui les aimaient. On pleure sans comprendre, mais tout à coup, le jour arrive où la lumière jaillit des apparences obscures. On bénit l'artisan divin ; la ruine ressuscite plus grandiose, la splendide cathédrale de Dieu s'élance, pareille au Christ surgissant du tombeau. C'est l'aurore nouvelle. C'est le matin de Pâques.

JOHAN

Nous ne comprenons pas.

GUIDET

Viens !

GEOFFROY

Allez, mes chers petits. (Les enfants se sauvent).

GOEFFROY

{s' approchant de la baie du fond, il regarde) Non, elle est invisible. La nuit est trop profonde.

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