‹ La cathédrale; pièce en quatre actesChapitre 51 sur 95 · ACTE II, SCÈNE VIII gi · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII gi

(Un éclair) Comme elle est belle ainsi, surgissant des ténèbres ! On croirait voir dans la tempête, la barque de Saint Pierre. O pure cathédrale, tu portes aussi dans ton vaisseau le Christ qui repose. Il reste à sommeiller tandis que par le monde le péché rôde et vient battre la nef (nouvel éclair). Oh ! Grand Dieu ! Cet éclair a failli toucher la tour sud ! Mais quoi ? Est-ce le bruit, la chaleur qui trouble mes esprits ? Un horrible pressentiment me gagne. Il faut beaucoup souffrir pour mériter la gloire. Tu as toujours grandi dans la prospérité, et des chrétiens heureux t'ont faite belle, sans peine. As-tu assez souifert?

Moi pourtant, je fus meurtri. J'ai mêlé à tes pierres des sanglots et des larmes ; je t'ai sacrifié tout, oui, tout jusqu'à mon cœur... Mais la souffrance d'un seul, et du moindre, est-ce assez ? Faut-il qu'on souffre en masse ; faut-il qu'on souffre tous comme des Christ pour entrer dans la gloire. O ciel, réponds-moi !

(S' étant approché, il regarde de nouveau par la baie. Depuis un instant, une vague lueur domine la cathédrale : elle s'intejisijîe peu à peu éclairant par le bas de lourdes volutes de fumée qui s'élèvent en panache da?is le ciel, puis tout-à-coup éclatent en flammes a?'dentes. Le tocsin sonne nerveux, sinistre; des clameurs formidables retentissent au loin.)

Qu'entend-je ? Le tocsin !... O ciel, ta réponse !... (dans un cri joj'midable) . On la tue ! (// chancelé, portant la main au cœur) Dieu !... je meurs... pour

Hugon et pour elle ! (// s abat puis se raidit.

Un temps.)

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