‹ La cathédrale; pièce en quatre actesChapitre 78 sur 95 · ACTE IV, SCKNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCKNE III

ALAIN

Je te l'ai défendu ! I>es morts ne veulent plus de chansons.

LE TROUVÈRE

Alors, voici des vers. (// prend le ?nilieii de la scène les autres se groupent autour de lui. Hug07î apparaît, écoute et Jinit par se joindre au groupe.)

Oyez, ô manants, la chanson

De Notre-Dame Et de Réginald le félon Qu'Orgueil a perdu corpset âme. . .

Oyez, ô manants, la chanson.

C'étaient les clairs matins de mai Le rossignol gaîment chantait ;

Matin d'opale Et parmi l'aube triomphale, C'était la blanche cathédrale

Qui s'achevait.

C'était le rêve dont l'essor Voulait monter, monter encor !

Les tours si belles, Avec le jour au travers d'elles, Qu'on eût dit l'envol de deux ailes

Dans le ciel d'or.

Noble cathédrale, trop tôt Avant que ton geste là-haut

S'idéalise, En ses deux bras la mort t'a prise.

Mais ton àme nous reste, éprise

De Dieu, du beau.

Dès lors, ô cathédrale de feu Tu renaîtras dans le ciel bleu

Encor plus belle.

Par de là, ta pierre en dentelle, Nos cœurs, en vol d'hirondelle,

Iront vers Dieu.

Et vers la Vierge qui sourit, Tu seras le sublime cri

De la prière !

Si ta mort était nécessaire, Pourquoi pleurera C'est au calvaire Que Jésus devint Jésus-Christ, (i)

(i) Ces vers sont dus à la gracieuse plume de M. Jean Denis.

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