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Le carré du lransei>t clail limité par quatre massifs carrés sans aucun ressaut, qui mesurent 1 m. 85 sur chaque face et qui sont sépares par une dislance de G m. 80 du côté de la nef et de 6 m. 55 du côté des croisillons. Les piles II et 0 qui s'élevaient au nord-ouest et au sud-ouest ont été ontière-
Pilier F, angle nord-ouest.
ment dégagées : la troisième, I, à l'angle sud-est, se trouve cachée aujourd'hui par l'un des foyers du calorifère. Le socle de la pile II (1), accusé par un large cavet, porte une assise de 0 m. 55 de hauteur, mais les suivantes ont une épaisseur qui varie de 0 m. 20 à 0 m. 25. Sur la face occidentale, on voit une brique de champ et deux à plat. La pile 0 est reliée
(1) Celte pile est cotée B sur le plan de M. Dusserre.
à son socle par un cavot de 0 m. 17 laillé dans une assise de 0 m. 40. L'épaisseur de ses joints varie de 3 à 4 centimètres. On n'a pas fouillé dans l'angle nord-est autour de la quatrième pile qui doit être engagée dans les soubassements d'un pilier de la cathédrale actuelle.
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Pilier H, face ouest.
Passons dans le croisillon nord dont toutes les piles sont visibles dans la cave du calorifère. Le pilier cruciforme M correspond à la pile F en regard et la moulure de son socle se compose également d'un cavet. Ses assises inférieures mesurent de 0 m. 20 à 0 m. 25, mais celles qui les surmontent
n'ont que Om. 10 d'épaisseur. La pile N, bâtie sur le môme plan (1), prouve l'exislcnco du bas-côlë occidental du transept, mais elle se trouve engagée dans un autre support appliqué après coup contre sa face du nord. Ce placage, facile h constater par le décrochement des joints, fut exécuté [x'u de teni[)s après la construction des [liles primitives, car sa maçonnerie renferme des briques posées à plat. Le socle
Pilier N, face est.
de la pile la plus ancienne est limité par un cavet, tandis que celui du pilier de date postérieure est accusé par un petit glacis. Les travées du transept avaient 2 m. 75 de largeur à l'origine, mais après le remaniement dont je viens de parler, leur ouverture atteignit 3 m. 50.
La pile cruciforme P qui se trouve également du côté de l'ouest au bord du vaisseau central de l'ancien croisillon (2)
(1) Celte pile correspond à celle que M. Dusserre a désignée sous la lettre C.
(2) C'est la pile D du plan de M. Dusserre.
fut renforcée, comme la pile N, par un massif ajouté après coup qui renferme également des briques de champ. On remarque la même différence entre le profil des socles qui correspondent à deux époques distinctes, La pile primitive est bâtie en pierre blanche et celle qui vient se coller contre sa face du nord fut construite en pierre grise avec du mortier de
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Pilier P, face est.
chaux grasse et de sable plus riche en gravier que celui qui avait été employé tout d'abord. Ses joints ont trois centimètres d'épaisseur.
Le croisillon nord, qui mesure 11 mètres de largeur aujourd'hui, n'avait à l'origine que 6 m. 60 de largeur, sans compter ses collatéraux. L'axe primitif du transept ne coïncide pas avec l'axe actuel qui se trouve reporté vers l'ouest : ces deux lignes sont distantes de 5 m. 85 et l'architecte du xvii" siècle eut soin d'éviter les anciennes fondations. Les
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Dubrenil, jihof
piles orientales du croisillon nord présentent les mômes caractères. La pile l\ (1). en lace de la pile P, était cruciforme il l'origine, ce qui prouve l'existence d'un bas-côté sur le liane est. Elle fut allongée de 1 m. [)5 dans la direction du nord. Cette reprise correspond avec le point où le cavet de l'ancien socle vient buter contre un raccord qui forme une transition avec le glacis de l'autre socle. A la sixième assise
Pilier R, face ouest.
de la face occidentale, on voit un rang de briques horizontales et d'autres briques posées de champ séparent les assises plates. Quelques carreaux encore intacts prouvent que le socle s'élevait à 0 m. 57 au-dessus du dallage primitif. Il faut ajouter trois mètres à celle cote pour atteindre le niveau du carrelage dans le transept de la cathédrale.
La pile S (2), flanquée de quatre pilastres comme la précédente, fut rebâtie quand on renforça les piles voisines, car son alignement est oblique par rapport aux anciens piliers.
(1) Celte pile est cotée E sur le plan de M. Dusserre. (2; C'est la pile F du plan de M. Dusserre : ses pilastres mesurent 0 m. 83 et ses angles 0 m. 39.
Son socle à glacis est carré sans ressaut : les trois premiers rangs d'assises mesurent de 0 m. 25 à 0 m. 30 de hauteur et les suivants varient de 0 m. 15 à 0 m. 20. On voit du côté de l'est les cailloux du blocage intérieur noyés dans du mortier. Un rang de briques se détache au milieu du socle et des briques de champ séparent les assises. La pile T, dont une partie a été coupée, mais dont la face méridionale est intacte, correspond à l'alignement oblique du pilier S.
La cage de l'escalier qui descend dans le calorifère se trouve établie dans uneabsidiole V du croisillon nord éclairée par deux fenêtres qui sont percées de chaque côté de l'axe, comme dans les chapelles rayonnantes de la crypte de Saint- Aignan. L'appareil est caché par un enduit et le mur extérieur n'est pas épaulé par des contreforts. La plantation de cette chapelle correspond au remaniement qui entraîna la reconstruction de plusieurs piles sur un alignement oblique. Cet hémicycle appartient à une chapelle et non pas aux fondations d'une tour ronde, comme on l'avait cru tout d'abord. Quand on a creusé le caveau de Mgr Dupanloup, dans la première chapelle méridionale du chœur, on a rencontré les substructions d'une absidiole du même genre qui s'ouvrait dans le croisillon sud.
Plusieurs archéologues étaient persuadés que la cathédrale exhumée par M. Dusserre à 3 m. 60 en contrebas de l'édifice actuel devait reposer sur une crypte, comme l'église de Saint-Aignan. Cette hypothèse n'a pas été confirmée par une fouille faite dans la cave du calorifère le 22 et le 23 septembre 1903 sous la direction de M. Guillcmonat, inspecteur diocésain. M. Audoux, entrepreneur, qui a bien voulu me communiquer son relevé, a creusé une tranchée longue de 5 m. 17 et profonde de 2 m. 35 au pied de la pile H (l), dans une direction perpendiculaire à l'axe du croisillon nord. On trouva d'abord le soubassement du pilier formé de trois lits d'assises. Plus loin, à 0 m. -45 de profondeur, une aire en ciment rouge, recouverte de deux dalles, était posée sur une couche de briques et de moellons. La tranchée se
(1) Cette pile est désignée par la lettre E sur le plan de M. Dusserre.
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trouvait ensuite bordée par deux murs. Celui du nord X, haut de 1 m. 67, épais de 0 m. 75, en appareil allongé, reposait sur une couche d'argile (1). Le mur du sud Y monte au niveau du dallage en ciment et présente sur une longueur de 3 m. 23 des pierres de Bulcy très minces, comme celles du mur extérieur du martyrium dans la crypte de Saint-Aignan : elles viennent se coller contre un blocage à gros joints.
A 5 m. 17 de la pile R, les ouvriers se butèrent à un mur transversal formé de deux lits de pierre do taille qui mesurent 0 m. 55 de hauteur et qui sont posés sur l'argile. Faut-il regarder les fondations découvertes l'année dernière comme ayant fait partie d'une cathédrale antérieure au x'' siècle ? Je ne le crois pas. A mon avis, le mur en pierres de taille reconnu près de l'axe longitudinal du transept primitif est d'origine romaine. Les murs qui se trouvent entre les piles P et R doivent être attribués à deux époques différentes. Sommes-nous en présence des restes d'un château reconnus en 1628 (2) ou des maisons qu'il fallut démolir pour agrandir la cathédrale après l'incendie de 989? Il est impossible de conclure, mais on voit que le sous-sol de la cathédrale n'a pas encore livré tous ses secrets.
Il est bien regrettable que les fouilles faites sur l'emplacement du chœur n'aient pas été poussées un peu plus loin, car il suffisait d'ouvrir quelques tranchées pour mettre au jour les fondations de l'abside primitive. Un dessin de M. Dusscrre conserve le souvenir de l'excavation creusée dans le sanctuaire en 1890 et les notes de M. Louis Jarry fournissent d'utiles renseignements sur les anciennes substructions du chœur qui se trouvent aujourd'hui derrière les foyers du calorifère. (Juand Mgr de Goislin fit construire le jubé en 1690 sur le dessin de Le Brun, dans l'axe de l'ancienne croisée, on appareilla sous le dallage un grand arc de décharge à l'entrée du chœur pour éviter le tassement du remblai sous le poids de la maçonnerie. Après avoir mis cet arc à décou-
(1) Cf. Itî l'ian général des fouilles, p. '20,
("2) Lie Maiiœ. Antiquité! et choses mémorables de Véglise i( du diocèse d'Orleavs, t. II, supplément p. 32.
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vert, M. Diisserre reconnut également, du côté sud, l'existence d'une pile K dont le plan devait être cruciforme, car elle est Hanquée d'un pilastre au midi : ses assises étaient longues et minces comme celles des piles du transept. Elle soutenait la première travée droite du chœur en bordure du déambulatoire.
Au pied de la pile K qui se trouve enfouie sous le dallage entre la première et la deuxième travée du chœur actuel, devant la huitième stalle, les ouvriers rencontrèrent un mur droit, bâti en mauvais matériaux que M. Dusserre fit démolir. M. Louis Jarry, qui l'avait vu le 6 février 1890, était d'avis qu'il fallait le considérer comme une cloison en maçonnerie destinée à fermer le chœur roman pendant la construction du chevet gothique. Un mur en blocage élevé après coup, partant de la pile carrée I, à l'angle du transept, venait buter contre le pilier K, engagé dans ce barrage. Dans le dessin de M. Dusserre, on voit nettement que les dalles primitives du chœur, qui mesuraient 0 m. 20 de côté, étaient élevées d'une marche au-dessus de celles du transept. Au milieu de la première travée, on montait une nouvelle marche et le soubassement qui correspondait peut-être à l'autel provisoire adossé au mur de clôture, parce qu'il faisait un retour d'équerre de chaque côté, était précédé de deux marches.
En déblayant le carré du transept roman, on a découvert un tambour de colonne romaine sculpté. Dans la première travée de l'ancien chœur, les terrassiers ont mis au jour deux cercueils en pierre en forme d'auge plus étroite aux pieds qu'à la tête, qui étaient enfouis directement au-dessous du dallage primitif, à côté d'un fragment de mosaïque. Chacun de ces objets, conservé au Musée historique, mérite une description particulière.
Le premier sarcophage, découvert à 3 m. 20 de profondeur sous le sol actuel, était recouvert de deux dalles plates et mesurait 1 m. 80 de longueur (1). A l'intérieur, on trouva
(1) Ce cercueil était à un peu plus de deux mètres de la clôture actuelle du chœur, dans l'axe de l'ancien sanctuaire et à un mètre au nord de l'axe de la cathédrale moderne.
tout d'abord un squelellc complet, la volute d'une crosse en émail et une inscription sur plaque de métal brisée en trois morceaux (1). Des recherches ultérieures et un tamisage soigneux firent découvrir ensuite un anneau pastoral, un calice en étain et sa patène où est tracée au compas une croix pattée inscrite dans un double cercle, des fragments de galons tissés de fils d'or et une boucle de bronze (2).
La crosse est une belle œuvre de l'émaillerie limousine du xiii*^ siècle. Elle mesure 0 m. 32 de hauteur. Il en reste la volute et le nœud absolument intacts ; ils sont en cuivre émaillé. La volute (3), d'une courbe gracieuse, ornée à l'extérieur de crochets rudimentaires, porte à son centre formé d'un cercle plein à six lobes deux figures « enlevées » autrement dit en demi-relief. D'un côté, Dieu le père avec toute la barbe, assis et portant une couronne fleuronnée ; la main droite, levée à la hauteur du menton, fait le geste de bénédiction, deux doigts étendus et le pouce détaché de la main ; la main gauche maintient droit sur le genou avancé un livre. De l'autre côté (4), la Vierge couronnée est assise, tenant l'enfant Jésus sur le bras gauche; la main droite levée
(1) Il ne sera pas sans inférêt de reproduire ici une note que m'a remise M. llerluison, l'éiudit et zélé conservateur des Musées historiques d'Orléans, témoin de l'événement : « Dans la matinée du jeudi 29 décembre 1889, vers les onze heures, MM. l'abbé Roger et llerluison virent aux mains des ouvriers un crâne qu'ils venaient d'extraire d'un tombeau de pierre. Ils prièrent ces derniers de remettre le couvercle de la cuve pour que la reconnaissance fût faite par qui de droit. M. l'abbé Roger prévint M. l'archiprètre; M. Herluison, Mgr Desnoyers et M. Louis Jarry.
Le même jour, à une heure, étaient réunis dans la fouille Sa Grandeur Mgr GouUié, évêque d'Orléans ; MM. les abbés Laroche et Hautin, vicaires généraux; Branchereau, Despierres, Desnoyers, Roger, Delahaye; MM. Jarry et Herluison. Le contenu de la cuve fut porté à la sacristie et les cendres triées avec soin.
Le 12 février 1890, à 10 heures du matin, furent descendus dans le sous-sol, à la place qu'ils occupaient autrefois, les restes de Guillaume de Boësses et de Ferry de Lorraine, contenus dans une petite boite en chêne. Etaient présents M. l'archiprètre de la cathédrale, M. l'abbé Roger, M. Herluison et quelques ouvriers ».
(2) Ces didérents objets sont déposés à la salle Orléanaise du Musée de Jeanne d'Arc.
(3) 0,14 de large. Diamètre au nœud : 0,007 ; à la base 0,032.
(4) Pub. dans les Promenades pittoresques dans le Loiret, p. 211.
CROSSE DE LEVE(JLE (HII.I.AIME DE Hi)l.»K>.
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