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I/ic Jacet Guillermus de Buxiis episcopus Aurelianensis, Obiil anno Domini millesimo ducenlesimo quinqiiagesimo octavo, tercio kalendas sepiembris.
Gette date du 30 août 1258 rectifie légèrement les données actuelles (1).
L'anneau est un cercle d'or très simple, mesurant 0,022 de diamètre extérieur ; le chaton rectangulaire (0,018 X 0,012), de même métal, est formé d'une platine dénuée de tout ornement, qui encadre un saphir plat et biseauté de 0,005 X 0,009 retenu par quatre simples griffes d'or en relief.
(1) L'abbé Dubois (Bibl. d'Orléans, ras. 59t), p. 43) dit le 4 des calendes, d'après le Nécrologe de Sainte-Croix. C'est une légère divergence.
Les autres objets sont sans intérêt ou très détériorés, si l'on en excepte un médaillon de broderie qui ornait évidemment le dessus d'un gant épiscopal. Ce médaillon rond, de 0,05 de diamètre, représente dans le champ (0,0275) l'Agneau. La tête, auréolée du nimbe crucifère, est tournée en arrière ; un pied de devant levé supporte le panonceau. Un cercle de 0,011 environ porte, en caractères gothiques, la légende >h AGNU (sic) DEL De cette broderie, toute couleur a disparu. Les galons qui étaient cousus sur les cliasubles des deux évêques sont rehaussés de fils d'or et d'argent, de griffons affrontés, de treillis losanges. On recueillit également un débris de gant et de chaussure. Mais auquel de nos évêques appartenaient ces débris, il est impossible de le déterminer désormais.
En effet, la tombe de l'évêque Guillaume n'était pas seule. Tout près d'elle, un sarcophage presque semblable de l^'SS de longueur, s'était déversé sous le poids des matériaux de démolition qui recouvraient les deux sépultures. Près de lui, par terre, quelques ossements, des débris de crosse en bois, de broderies, le nœud d'un calice d'élain, et une plaque de plomb de 0,165x0,175, dont les caractères, où la capitale romaine se fait rare, sont intéressants à comparer h l'autre monument épigraphique, plus âgé de quarante ans. En voici la disposition :
. HIC. JACET. REVE RANDUS. PATER DNS . FERRICUS EPC . AUREL . QUI OBIIT . ANNO . DNI M».CC°.NONAGESI MO.NONO.DIE.IO VIS . IN. OTTAB IS . ASCENSIO NIS . DNI
llic Jacei reverandus paler dominiis Ferriciis, episcopus Aiirelianensis, qui ohiil (inno Doniini millesimo ducenlesimo nonagesimo nono, die Jouis in ollabis Ascensionis Domini.
l'Iiot. Uiibicuil.
EiMiAi'iii-, Di-: I. i-.vKjri: fkrhy he i.dur .uni-:
Le joudi octave de l'Ascension était, en \2d0, le 9 juin.
Voil{\ donc, en pleine cathédrale d'Orléans, la sépulture de Ferry de Lorraine, enterré, dit dom Cal met dans son Ilisloire de Lorraine (1), ù l'abbaye de Beaupré, au diocèse de Toul !
Fils de Ferry III, duc de Lorraine, Ferry avait été sacré évoque d'Orléans en 1290, à la place de Pierre de Mornay, transféré au siège d'Auxerre. La brièveté de son épiscopat ne lui permit pas de se signaler. (Juclques actes d'un intérêt purement local portent son nom.
Tout autre fut Guillaume de Boësses(2). Prévôt de l'église de Reims (3), son élection au siège d'Orléans fut très mouvementée (4). Il succédait à Philippe Berruyer, transféré à l'archevêché de Bourges depuis plus d'un an. Son sacre eut lieu en 1238. On a dit qu'il était conseiller de saint Louis ; la chose est possible, mais on n'en a pas de preuve certaine. Du moins, la confiance du roi lui fut acquise. Il avait pris la
(1) T. H, col. 3^6. — Dom Calmet place la mort au 4 juin.
J'ai cherché à savoir sur quelles données dom Calmet avait fondé son affirmation. Le bibliothécaire de la ville de Toul me répond : « Je regrette de ne pouvoir vous donner le renseignement que vous me demandez. Ni la bibliothèque, ni les archives ne parlent de cet évêque, et nous ne possédons absolument rien sur l'abbaye de Beaupré, t
(2) Le nom de Bussy ou Btissi, adopté par Lemaire et tous les historiens, paraît inacceptable philologiquement. Bu:ciis ou Bussiis donne Baisses, qui était le nom ancien de la commune actuelle de Boësses (Loiret, arr. Pithiviers, canton le Puiseaux). M. Devaux l'a suffisamment prouvé, à mon avis, dans les Annales de la Société' archéologique et hi>>torique du Gâtinais, 1890.
(3) Il n'y a aucune raison de mettre en doute cette affirmation de la bulle de Grégoire IX. Sans doute, Guillaume ne figure pas sur la liste des prévôts de Reims ; mais cette liste a une lacune à cette époque même. En tout cas, la présence de Guillaume est certaine au chapitre de Reims, car il lui légua 4(X) livres parisis et y fonda son anniversaire le 29 juillet. (Warin. Arch. législ. 2« partie. Statuts, le vol. p. 10). Un chanoine nommé « magister Wuillelmus a en fait partie en l'222. (Warin, Arch. adm. 1. 1, p. 68.5). M. Cuissard (.l/f-'m. de la Soc. Archéol. de l'Orléanais, t. XXV, p. 585). remarque que Guillaume institua en l'Eglise d'Orléans, comme fête double, la fête de saint Nicaise, archevêque de Reims.
(4) M. Cuissard en a donné un curieux récit d'après la bulle de Grégoire IX, publiée dans les Notices et Extraits des manuscrits, t. XXI, 2" partie, pp. 2^40-247 {Mém. de la Hoc. Archéol. de l'Orléanais, t XXV, pp. 572 et suivantes).
croix, en 1245(1), comme l'a rappelé notre sergent Orléanais Guillaume Guiart (2) :
Après iceux l'ont receue Les evesques, que nous loon, D'Orliens, de Biauvez, de Loon.
En avril 1248, il assiste à la consécration de la Sainte Chapelle du Palais (3).
Le 10 mai 1251, il est à Avignon avec les comtes de Poitou et d'Anjou qui reçoivent la soumission de la ville (4).
Le pape lui adresse la constitution du 21 mai 1253 pour la défense de l'autorité de l'évéque de Paris contre les empiétements des seigneurs laïques (5).
Très mêlé par le pape à la lutte entre l'Université de Paris et les Jacobins, il reçoit de la confiance du roi, à la fin de sa vie, un rôle important dans la délicate répartition, entre les débiteurs pressurés, des sommes issues delà vente des biens des usuriers (6).
Dans son diocèse, il fut un arbitre éminent entre les intérêts divergents. Il mourut le 30 août 1258.
Outre les deux tombes, deux objets intéressants ont été retrouvés non loin d'elles : une mosaïque et un tambour de colonne.
La mosaïque (7), de fond rouge-brun, avec dessins blancs et noirs, était en bon état et, de loin, la légende en paraissait facilement lisible. Elle était engagée sous l'emmarchement qui précédait les trois marches de l'autel provisoire, mais, suivant les regrettables errements de ces travaux, elle fut soulevée sans précaution et désassemblée avant qu'on
(1) Le Nain de Tillemont. (Soc. de l'Hist. de France), t. III, p. 87.
(2) Ed. Buchon (Paris, 1828, in-S»), t. II, p. 26, vers G60 602. C'est à lui que le maître des Templiers, le 4 octobre 1256, envoie les nouvelles d'Orient. M. Molinier corrige en 1256 la date de 1243 donnée par Le Nain.
(3) Teulet. Layettes du Trésor des chartes, no 3032.
(4) Le Nain de Tillemont, t. III, p. 425.
(5) Ibid, p. 126.
(6) Ibid. t. VI, p. -168.
(7) Trouvée le 23 janvier. On a cherché à en reconstituer un morceau peu important, ({ue conserve la salle lapidaire de notre musée archéologique (n<» 205).
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