‹ La cathédrale romane d'OrléansChapitre 5 sur 5 · SCEAU DE FEURY DE LORRAINE · texte numérisé non relu

SCEAU DE FEURY DE LORRAINE

ÉVÉQIE D'ORLÉANS (129<>-121>0)

\)ù[ copier la légende. D'après les morceaux, il fut possible de calculer que cette mosaïtiue se composait d'un cercle de 1 m. (')"• de diamètre, y compris la légende, large de 0 m. 11, inscrit dans un carré large de Om.25 ; ce carré formé

l. Jarry dcl.

Mosaïque trouvée dans le chœur de Sainte-Croix

de deux lignes rouges distantes l'une de l'autre de 0 m. 18, qui encadraient un rinceau de feuilles alternées. Le tout mesurait 2 m. 20 de côté, soit 4 m. 81 décim. carrés de surface. Des croix grecques de petite dimension pouvaient seules se distinguer dans le champ.

On sait que l'usage de la mosaïque dans les églises se continua jusqu'au xiii'' siècle, car celle de Saint-Symphorien de Reims était datée de 1209. Les mosaïques de Moissac, de Gruas et de Saint-Remi de Reims remontent au xi" siècle et celles de l'église d'Ainay, à Lyon, de Saint- Orner, de Ganagobie (Basses Alpes), de Lescar (Basses Pyrénées) et de Saint-Denis sont des œuvres de la première moitié du xii^ siècle. Bien que la mosaïque de Sainte-Croix d'Orléans fût enfouie sous le dallage de la cathédrale romane, je serais plutôt porté à l'attribuer au xi^ ou au xii^ siècle qu'à la période carolingienne, car la forme du premier A n'indique pas une époque très reculée. Les petites croix prouvent que cette mosaïque était destinée à un édifice religieux.

Quant au tambour de colonne, haut de 0 m. 56, épais de 0 m. 12, et de 1 m. 09 de diamètre, il fut trouvé bien avant les tombeaux des évêques, dans l'axe de l'église actuelle, à 0 m. 50 en avant de l'arc qui supportait le jubé, et à la plus grande profondeur des fouilles. Il fut très endommagé par une imprudence dans le transport. Ge morceau, à n'en pas douter, est un fragment d'une énorme colonne antique, utilisé comme cuve baptismale, sans doute, dans la basilique de saint Euverte ou de saint Aignan. On y distingue, au milieu d'immenses draperies, trois personnages de grandeur naturelle : une femme nue et dont la chevelure est relevée au sommet de la tête, un homme tournant le dos à cette femme, et, au côté opposé, un autre homme qui paraît regarder curieusement du côté du premier personnage. Les trois corps sont arrêtés à la ceinture sur le fragment retrouvé. Ge morceau est conservé à la salle lapidaire du musée archéologique d'Orléans. Peut-être faut-il voir dans ce tambour de colonne une nouvelle partie du monument antique auquel appartenait la trise colossale dont le musée archéologique possède une encoignure, provenant des environs de la porte Parisie (2)?

(1) Musée archéologique Salle lapidaire, n» 208.

(2> Mémoires de la Soc. archéologique de l'Orléanais, t. IX Allas, pi. XVI.

rix.t. Uiihroiul.

r\M!l(UK DE COLONNE UOMMNi; TKOL VK I>ANS I.E CIIŒl H DE SAIXTE-cnoiX

La date des anciens piliers et le plan primitif de la cathédrale

Avant d'expliquer comment on peut restituer le plan primitif de la cathédrale romane d'Orléans, il faut essayer de dater les piliers (conservés dans la cave du calorifère. Les caractères archéologiques qui les distinguent sont l'emploi de pierres de faible lit, notamment dans la pile M, l'épaisseur des joints et la présence des briques intercalées dans la maçonnerie de champ ou à plat. L'appareil allongé était en usage à l'époque carlovingienne et les joints épais se rencontrent dans les constructions antérieures au xii" siècle. L'emploi de la brique est également une présomption en faveur d'une date reculée, mais il faut établir une distinction entre les deux façons de la mettre en œuvre. Les cordons de briques qui se rencontrent dans les monuments gallo-romains persistèrent jusqu'au second quart du xf siècle, concurremment avec l'usage de faire alterner dans les archivoltes de minces claveaux de pierre et des briques. C'est sous cette forme qu'on voit apparaître la brique dans les églises de la Basse-OEuvre de Beauvais et de la Couture du Mans, à la fin du x'' siècle, dans l'église de Saint-Martin d'Angers, rebâtie par Foulques Nerra, vers 1020 (1) et dans deux fenêtres primitives de la crypte de la cathédrale de Chartres, construite par Fulbert entre 1020 et 1024 (2). La cathédrale romane d'Orléans présentait peut-être le même mode de construction, mais il est impossible de s'en rendre compte aujourd'hui.

Les piliers cruciformes du transept de Sainte-Croix offrent une particularité beaucoup plus rare, ce sont les briques posées de champ ou à plat entre les assises. J'en connais d'autres exemples, notamment dans les deux piles carrées do la plus ancienne crypte de la cathédrale de Chartres, connue

(1) Hiret. Anliquitez d'Anjou, p. 177.

(2) René Merlet et l'abbé Clerval. Un manuscrit chartrain du XI' siècle, p. 83.

sous le nom de caveau Sainl-Lubin, qui doit être une œuvre du ix^ ou du X* siècle et dans certaines parties extérieures de l'église de La Chapelle-Saint-Mesmin, près d'Orléans. A Suèvres, près de Blois, les piles cruciformes à doubles ressauts qui se trouvent sous le clocher de la chapelle Saint-Lubin présentent également de larges briques intercalées dans les joints verticaux. Bien que leur véritable date soit inconnue, les archéologues sont d'accord aujourd'hui pour les attribuer à l'époque carlovingienne . Il faut signaler un dernier souvenir de ce procédé de construction dans la façade de l'église de Triguères (Loiret) où les briques sont remplacées par de minces dalles de pierres et dans le soubassement du clocher sud de Notre-Dame-de Chartres où l'on voit quelques briques de champ sur la face méridionale.

A Saint-Philbert de Grandlieu, un cordon de deux briques sépare chaque lit de pierres dans les piles cruciformes de la nef, comme au carré du transept de Saint-Martin d'Angers dont les piles d'angle présentent quatre rangs de briques alternant avec des assises. Dans les clochers romans de Triguères et de Courtenay (Loiret), des pierres plates superposées jouent le même rôle que des briques pour remplir les encoches formées par les pierres de taille. 11 est donc impossible de faire remonter les anciennes piles de la cathédrale d'Orléans au vif siècle, comme le croyait M. Dusserre. D'ailleurs les piles cruciformes étaient inconnues à cette époque. En outre, Raoul Glaber a soin de spécifier qu'on fit des sondages avant d'établir les fondations de la cathédrale d'Orléans après l'incendie de 989 (1). 11 faut donc admettre que le feu avait détruit de fond en comble l'édifice antérieur.

C'est à Orléans qu'on peut faire la comparaison la plus instructive, en remarquant que les piles primitives de la cathédrale et celles qui se trouvent entre le martyrium et le chevet de la crypte de Saint- Aignan sont construites avec les mêmes matériaux : leur appareil renferme également des

(1) « Dum cémentai ii fundaininabasilirelocaturi soliditatem perscrutarentur ipsius telluris ». Historiœ, lib. Il, cap. 5. Edition Prou, p. 3G.

briques inlcnnédiaircs et leurs gros joints sont identiques (1). Il l'aut donc nécessairement les attribuer à la môme époque. La date de la crypte de Saint-Aignan a fait l'objet de nombreuses controverses entre les arcbéologues. Les uns, comme M. Léon Alailre (2), en font remonter certaines parties au v-" ou au vf siècle ; les autres, comme M. l'abbé Grosnier (3), ne la croient pas antérieure au règne du roi Hobert qui vint assister à la dédicace solennelle de l'église le 11 juin 102'J (4). Entre ces deux opinions extrêmes se place celle de M. Alfred Ramé qui a fait justement observer que cette crypte n'est pas homogène; mais il attribue la confession, les piles carrées et les chapelles rayonnantes au commencement du xf siècle, en réduisant l'œuvre de l'architecte du xf siècle au renforcement des piliers et de la voûte du déambulatoire (5).

Une nouvelle discussion sur l'âge de cette crypte sortirait du cadre de notre article, mais, à mon avis, les murs en petit appareil qui sont visibles dans les deux couloirs des escaliers latéraux et qui ne se raccordent pas avec les maçonneries supérieures peuvent seuls remonter à une époque antérieure au ix" siècle. La confession faisait partie de la crypte carolingienne avec les colonnes et les chapiteaux (G) engagés dans son mur extérieur en appareil allongé, dont les lits varient entre huit ou dix centimètres d'épaisseur. D'ailleurs l'existence du martyrium avant 1029 est prouvée par le fait que le roi Uobert voulait en faire sortir le corps de saint

(1) Dans le maifyrium de la crypte de Sainf-Avif, on voit aussi des briques entre quelques assises du mur de fond.

(2) Us cryptes mérovingiennes d'Orléans dans les Mémoires de la Société archéologique de l'Orléanais, t. XXVIII, 1902, p. 413.

(3) Bulletin monumental, t. XXII, 185G, p. 138.

(4) Ilelgaud. Vita Roberti régis dans les Historiens de la France, t. X, p. 410.

(5) Dissertation sur quelques édifices d'Orléans présumés carlovingiens dans le Bulletin monumental, t. XXVI, 1860, p. 50.

Cl) M. Léon M.UTrtE fait obseï ver que les chapileaux de la crypte de Saint- Aignan sont plus grossiers que ceu.x des cryptes de Saint Uenoi't-sur-Loire et de Saint-Eulrope de Saintes. Il ne faut pas s'en étonner, car ces cryptes ne sont pas antérieures au xn* siècle.

Aignan, suivant le témoignage d'Helgaud (1). Les grosses piles carrées qui se trouvent aux deux bouts de la partie centrale et qui renferment des briques entre leurs assises présentent un appareil tout différent : elles doivent être antérieures au xi» siècle, comme les petits piliers bûtis sur le même alignement. Avant la reconstruction de l'église haute, consacrée en 1029, on entoura le chevet d'un déambulatoire (2) et de cinq chapelles rayonnantes, en noyant les piles de l'hémicycle dans des massifs cruciformes dont la maçonnerie ressemble à celle des piliers remaniés dans l'ancien croisillon nord de la cathédrale. Il faut en conclure que l'emploi des briques entre les joints verticaux persista jusqu'au second quart du xi^ siècle.

Ces observations permettent de faire remonter les piliers découverts sous le transept de la cathédrale d'Orléans à l'époque où l'évêque Arnoul entreprit de rebâtir la basilique de Sainte-Croix après le grand incendie de 989. Les reprises déjà signalées dans plusieurs piliers où les maçonneries primitives sont identiques aux massifs plaqués après coup s'expliqueraient par une restauration faite après l'incendie de 1010, suivant le témoignage de Fulbert, ou par un tassement qui obligea l'architecte à renforcer les anciennes piles du croisillon nord et à en reconstruire quelquesunes sur un autre alignement. Vers 1286, le chœur de la cathédrale romane s'écroula du côté nord et on le remblaya de trois mètres avant d'élever le chevet gothique.

Quelle était la forme de l'édifice rebâti à la fin du x^ siècle? Il peut sembler imprudent d'en restituer le plan, que j'ai longuement étudié, de concert avec M. André Ventre, mais les fouilles de 1890 ont au moins permis de constater que la cathédrale romane avait doubles bas-côtés dans la nef et des collatéraux dans les croisillons comme le monument actuel. L'architecte qui traça le plan de la nef et du transept gothiques

(1) «Eumin alfiori volens constituere loco, domuni Domini super eum in melius r.onstrueie cœpit ». Historiens de la France, t. X, p. 110.

(2) La voûte du déambulatoire fut renforcée à la suite d'un tassement, comme on peut le voir près de l'absidiole du nord, mais il est impossible de préciser la date de ce travail.

ne fit donc que reproduire une disposilipn bien plus ancienne, comme l'i SaiiiLMartin de Tours où le déambulatoire du x" siècle l'ut remplacé par un rond point plus développé au xiii" siècle.

L'emplacement de la façade et de ses deux tours est indiqué sur le plan de 1723 et l'ouvcrlurc des anciennes travées est connue par l'écarlemont des six piles découvertes par M. Dusserre. La nel" primitive, qui n'était pas voûtée, renfermait donc buit arcades de chaque côté. Son axe oblique, par rapport h celui de la nef actuelle qui mesure onze mètres de largeur, s'incline vers le sud-est et se trouve reporté du côté nord. Il en résulte que les anciennes piles méridionales ont été découvertes en avant des piliers actuels à une distance qui varie entre 1 m. 50 et 2 m. 50, tandis qu'au nord elles se trouvent entre les piles du xvi" siècle.

La nef actuelle a 10 m. 90 de largeur et les murs des collatéraux sont séparés par une distance de 40 m. 50, mais la nef romane ne mesurait que 6 m. 75 de largeur et 25 m. 20 entre les murs des doubles bas-côtés. Leur existence se démontre par l'amorce de la pile G et par le pilier cruciforme N, complètement isolé, qui serait remplacé par un pilastre engagé dans l'angle d'un mur si la nef avait été flanquée de simples collatéraux. En outre, la longueur de la façade qui mesure 24 m. 80 sur le plan de 1723 confirme cette particularité, car les deux tours feraient une forte saillie sur les murs extérieurs si les bas-côtés n'étaient pas doubles. J"ai rétabli des voûtes d'arêtes sur les collatéraux en les séparant par des doubleaux intermédiaires, comme entre les piles qui se trouvent en bordure du chevet de la crypte de Saint-Aignan d'Orléans.

La pile cruciforme P, qui se trouve isolée, prouve que le transept était bordé d'un bas-côté occidental large de 3 m. 15. Les piliers du même type, désignés par les lettres R, S, T, dont j'ai rétabli l'alignement primitif, prouvent que les croisillons étaient flanqués d'un bas-côté oriental qui communiquait avec deux absidioles. Cette restitution est d'ailleurs conforme aux données fournies par les dessins de Martellange. Le transept devait donc mesurer dans œuvre 43 m. 50

de longueur et 18 m, oO de largeur, en y comprenant ses collatéraux.

Le plan du chœur primitif ne peut pas être fondé sur des bases aussi solides. Dans la première hypothèse, on peut arrondir le chevet en hémicycle et terminer les bas-côtés par des absidioles. On obtiendrait ainsi un plan qui apparaît à Germigny-les-Prés, à Saint-Généroux et à Gourgé (Deux- Sèvres) dès le ix^ siècle et qui se retrouve dans plusieurs églises du xii« siècle, comme celles de Lavardin (Loir-et-Cher), de Châteaumeillant, de La Gelle-Bruère, de Plaimpied, de Sainte-Oustrille (Cher) et de Saint-Genou (Indre) où les travées droites du chœur communiquent par des arcades avec les bas-côtés. Si j'ai adopté le second système qui consiste à entourer le chœur d'un déambulatoire flanqué de cinq chapelles rayonnantes, comme dans l'abside carolingienne de Saint-Martin de Tours (1) et comme au chevet de la crypte de Saint-Aignan, c'est que ce plan m'a semblé plus en rapport avec l'importance de l'édifice et parce que la pile K, tout à fait isolée, n'est pas l'amorce d'un piédroit de ces longues voûtes en berceau qui précèdent généralement les culs de four des chapelles romanes.

D'ailleurs, l'existence d'un déambulatoire à la fin du x" siècle n'est pas une hérésie archéologique. Sur le plan de l'abbaye de Saint-Gall, exécuté vers 820, on voit une galerie dépourvue de chapelles qui contourne l'abside occidentale de l'église (2). Les fouilles faites en 1886 sur l'emplacement du chevet de Saint-Martin de Tours, rebâti au xiii" siècle, ont mis au jour les fondations de deux ronds-points plus anciens qui doivent appartenir aux basiliques reconstruites après les invasions normandes et après l'incendie de 997, suivant l'opinion de M. R. de Lasteyrie (3), car il n'adopte pas les théories

(1) CiiEVALiEn (Mgr). Les fouilles de Saint-Martin de Tours, pi. VII. Le chœur de Saint-Martial de Limoges, consacré en 1028 et précédé d'un transept avec bas-côtés, était également entouré de cinq chapelles. Cf. Gh. de Lasteyrie. L'abbaye de Saint-Martial de Limogcf!. pp. 294 et 300.

(2) Maiîillon. Annales ordinis sancli Benedicti, t. II, p. 570.

{'.)) L'église de Saint-Martin de Tours dans les Mi-moircs de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, t. XXXIV, 1" partie, pp. 12 et 13.

deMgr Chevalier qui voulait en reculer la dale au v" siècle (1). Le déambulatoire (le la cryple de Saint-Philibert de Tournus lut achevé vers 970 (2) et celui de l'église de la Couture au Mans peut se rattacher aux travaux entrepris par l'abbé Gauzbert vers 9'J2 {.'î). Dans le premier tiers du xi" siècle, on peut en citer quatre autres exemples. L'architecte de l'ancienne cathédrale de Glermont avait fait tourner les bascôtés autour du sanctuaire (4) et, suivant le témoignage du moine Ilelgaud (5), ce chevet fut le prototype de celui de Saint-Aignan d'Orléans, consacré en 1029. Pendant la même période, l'abbé Dernier faisait baiir le rond-point de Saint- Philibert de Tournus, consacré en 1019 (G), et Fulbert terminait en 1024 le déambulatoire de la crypte de la cathédrale de Chartres (7).

On pourrait s'étonner davantage de rencontrer dans l'ancienne cathédrale d'Orléans des doubles collatéraux au commencement du xi" siècle, suivant une disposition qui se rencontre au xii^ siècle à Saint-Hilaire de Poitiers (8), à Saint- Sernin de Toulouse, à La Charité-sur-Loire, à Souvigny et à Saint-Etienne de Gannat(Allier), comme dans l'ancienne église abbatiale de Cluny, commencée en 1089 et consacrée en 1131. Je n'en connais aucun exemple plus ancien, car il est impossible de se prononcer aujourd'hui sur la date de l'église romane de l'abbaye de Ripoll, en Catalogne, reconstruite de 1893

(1) Les fouilles de Saint-Martin de Tours. Recherches sur les six basi' liqiies succeasives élevées autour du tombeau de saint Martin, 1838, in-S".

(2) JuÉNiN. Nouvelle histoire de Vabbaye de Saint-Philibert et de la ville de Tournus, 1733, preuves p. 25.

(3) Acta pontificum Cenomannensium. Gesta Sigenfridi dans les Historiens de la France, t. X, p. 385.

(4) Cf. ViOLLET-LE-Duc. Dictionnaire d'architecture, t. II, p. 45G, note 1.

(5) « Caput autem ipsius raonasterii fecitmiro cperein similitudinem monasteiii sanclte Maria;, niatris Domini, et sanctorum Agricolse et Vitalis in Claromonfe constituti. > Vita Roberli régis dans les Historiens de la France, t. X, p. HO.

(6) JuÉMN. Nouvelle histoire de Vabbaye de Saint- Philibert et de la ville de Tournus, 1733, preuves, p. 27.

(7) Historiens de la France, t. X. p. 4()8.

(8) Après avoir longuement étudié cette église, je suis persuadé que ces doubles bas-côtés n'appartenaient pas à la construction primitive du xi« siècle.

à 189G (1), qui présentait le même plan et qui passait pour l'édifice consacré en 1032 (2). Je suis pleinement d'accord avec mon savant confrère, M. Demaison, pour contester l'opinion de Viollet-le-Duc qui restitue les bas-côtés de Saint-Remi de Reims au xi* siècle, en les divisant par des piles intermédiaires (3). Voici un passage de la lettre qu'il m'écrit à ce sujet :

<i C'est de la part de cet architecte une pure hypothèse qui ne repose sur aucune donnée positive. Je ne pense pas qu'il ait jamais prétendu avoir jamais trouvé la trace de ces supports, mais il avait été amené à en supposer l'existence en se faisant une idée fausse de la façon dont les bas-côtés de la nef étaient voûtés. Il croyait que ces collatéraux avaient été primitivement recouverts, comme ceux du transept, d'une voûte en berceau perpendiculaire à l'axe du vaisseau. Or, étant donnée leur largeur, le petit pilier devenait nécessaire pour supporter les arcs doubleaux bandés sous les berceaux parrallèles. Avec ce système, un arc doubleau unique aurait eu une trop grande ouverture. On était amené forcément à le diviser en deux arcs soutenus par une pile intermédiaire en formant un bas-côté secondaire plus étroit que le bas-côté principal. Il faut, à mon avis, renoncer à toutes ces conjectures, en admettant que les bas-côtés étaient recouverts à l'origine d'une simple charpente comme les tribunes. Un artiste rémois, M. E. Leblan, qui avait fait des relevés très consciencieux de Saint-Remi, ne donne à la nef que des bascôtés simplesdans son plan de restitution. Il avaitmême réussi à modifier sur ces points les idées de Viollet-le-Duc. »

Le plus ancien exemple, connu jusqu'ici, d'un transept flanqué de bas côtés se voit à Saint-Remi de Reims dont les croisillons furent commencés par l'abbé Thierry vers 1039(1).

(1) L'architecte Elias Rogent n'a malheureusement conservé aucun débris des ruines de l'ancien édifice, précédé d'un portail et d'un clocher du XH° siècle.

(2 Pei.liceh y Packs. Santa Maria del nwnaslerio de Ilipoll. Besena hislorica, pièce justificative D, p 335-.

(3) Dictionnaire d'architecture, t. IX, p. 241.

(i) Anselme. Itinerarium dans Mabillon. Acla sanctorum ordinis S. Bencdicli, sœcVI, pars I, p. 714.

M. Charles de Lasteyric en a signalé un autre dans l'église de Saint-Martial de Limoges, l)Alie au xi^ siècle et démolie en 1793, dont il a restitué le plan primitif (1), mais il faudra désormais reculer l'origine des transepts conformes à ce type. Je suis persuadé que l'ancienne cathédrale d'Orléans, où les doubles collatéraux cl les croisillons flanqués de bascôtés apparaissent d'une façon si précoce, exerça une très grande influence sur le plan de plusieurs églises romanes de premier ordre, comme Saint-Martial de Limoges, qui donna naissance à son tour aux trois célèbres églises de Saint-Sernin de Toulouse, de Conques en-Rouergue et de Santiago de Compostellc, dont le transept renfermait des bas-côtes, comme à Lillers (Pas de-Galais) et à la cathédrale d'Ely, en Angleterre.

Il nous reste à exprimer un vœu en terminant cet article, c'est que les résultats si intéressants des fouilles de 1889 et de 1890 soient complétés par de nouvelles explorations du sol dans certaines parties de la cathédrale. En creusant quelques trous de sondage, il serait facile de dégager deux piles intermédiaires des bas côtés et d'étudier la jonction des murs latéraux avec les anciens clochers qui se trouvaient à 1 intérieur de l'édifice actuel. En outre, il faudrait ouvrir des tranchées dans le rond-point pour mettre au jour les fondations du chevet primitif et résoudre la question du déambulatoire. Grâce au plan de M. Dusserre, on éviterait les recherches inutiles, et avec quelques nouveaux points de repère l'histoire architecturale de Sainte-Croix d'Orléans serait définitivement éclaircie.

(I) L'abbaye de Saint Martial de Limoges, pp. 294 et 300.

Orléans, Imp. P. Pigelet, 8, rue Saint-Etienne

Whitehill IMS

Lefèvre-Pontalis,

Eugène Amedee,

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