sept. Cenomannis, , No
. Charte passé ogers ante ecclesiam Saneti-Victuri ». Carlulaire de Saint-Vincent,
Martyrologium Hieronymianum, édition J.-B. de Rossi et L. Duchesne dans Bollandistes, novembre, £. II, dre partie, p. 114. — Migne, Pal. lal., t. CXXIV, col. 423, 424.
LES ÉVÊÈQUES MÉROVINGIENS 29
évêques du Mans, Tillemont, dom Colomb, dom Piolin et autres, ont inventé un
s la mort de saint Victeur, de 490
saint Thuribe IT, gouvernant notre église apr à 497. Suivant l'expression de dom Briant, ces auteurs — qui prennent leurs désirs pour des réalités — dissertent en vain". L'hypothèse ne peut jamais remplacer le document et, dans le cas présent, rien n'autorise l'adjonction d'un Thuribe IT à notre liste épiscopale.
Saint Thuribe IT écarté, il nous reste comme successeur de saint Victeur, l'évêque saint Principe (Principius), sur lequel dom Piolin nous donne un vrai roman, composé à l'aide des Actus modifiés, retouchés et rectifiés ?.
Les Actus nous disent que saint Principe”, successeur immédiat de saint
Victeur, naquit au pays des Francs *, de parents nobles, et qu'il était frère de saint
Rémy, évêque de Reims, ce qui constitue une erreur évidente, car saint Principe, frère de saint Rémy, mort en 506, était évêque de Soissons et n'a rien de commun avec notre saint Principe, évêque du Mans, vivant certainement en 511.
Cette date de 511 est d'ailleurs la seule que nous possédions pour fixer
historiquement l'époque de l'épiscopat de saint Principe. Elle nous est fournie par
le concile d'Orléans, réuni sur l'ordre de Clovis, et auquel assista notre évêque ? avec Licinius, évêque de la métropole de Tours, et Eustochius, évêque d'Angers.
Au commencement du VIe siècle, la capitale des Cénomans était au pouvoir des Francs établis au nord de la Loire, tandis que les Bourguignons occupaient le
sud-est de la Gaule et les Wisi
goths le sud-ouest et les bords de la Méditerranée °.
Sous l'épiscopat de saint Principe, vers 510, Clovis fit tuer au Mans son parent Rignomer, frère de Ragnachaire, roi de Cambrai. On a voulu voir dans Rignomer un roi du Mans, mais rien ne prouve qu'il faille lui attribuer ce titre. Grégoire de Tours, qui nous a transmis le récit du meurtre, affirme simplement que Rignomer, frère de Ragnachaire, fut tué au Mans par l'ordre de Clovis ?.
Certains historiens, au rang desquels il faut placer particulièrement P. Renouard* et dom Piolin”, nous racontent à ce sujet, avec force détails,
un siège du Mans par Clovis, la courageuse résistance des habitants, la prise et
() « Frustra laborant ». D. Bri €) Histoire de L'Église du Mans, LI, pp. 135-145. (3) « Gesta domni Principii, Cenomannicæ urbis episcopi, qui fuit temporibus Zenonis et Anastasii, impe-
nt, Cenomania. Bibliothèque du Mans, ms. 226 ter. p. 20.
» ratorum, et Chlodovei, primi Francorum regis christiani » (4) « (5) Parmi les trente-deux évêques souscripteurs, on trouve: « Principius, episcopus ecclesiæ Ceno-
ortus. »
ranc
» mannicæ ». Jacques Sirmond, Concilia antiqua Galliæ. Paris, 1629, €. 1, p. 183. (6) Voir la Carte de la Gaule en 306, dressée par A. Longnon. (7) Historia Francorum, lib. I, cap. XLIL.
(8) Essais historiques sur la ci-devant province du Maine, t. 1, p. 109. () Histoire de l'Égl
e du Mans, t. I, p.
le pillage de la ville ct, enfin, l'intervention de saint Principe en faveur de ses
it reléve du roman car il semble dénué de toute base histo-
ouailles". Ce joli r rique. Peut-être doit-on en voir l'embryon dans le passage des Actus où il est dit que saint Principe eut à déplorer une sédition et une persécution dans son
diocèse *.
Au dire des Actus, saint Principe accomplit de nombreux miracles, fonda des hospices et plus de trente églises (auxquelles il imposa, à l'exemple de ses
seurs, des redevances envers l'église mère) et mourut, après un épiscopal
prédé de vingt-neuf ans, un mois, vingt-et-un jours, le 16 des calendes d'octobre (16 sep-
tembre *
ayant fait trente-deux ordinations et deux cent cinq prêtres. I reçut le
sépulture aux Douze-Apôtres, auprès de ses devanciers, Thuribe, Pavace, Victur et Victeur.
Nos anciens catalogues épiscopaux ne contiennent pas tous le nom de
Principe. Quelques-uns le remplacent par celui de Severius. Le Corvaisier et
Bondonnet font de Severius une espèce de chorévêque, et dom Piolin, à la suite
d'autres annalistes, un évêque, le bienheureux Séverien, qui aurait gouverné le
diocèse du Mans, de 530 à 532, après un légendaire Viclorius IL", successeur de saint Principe de 511 à 530. L'adjonction de Victorius Il et de Severius à notre iste épiscopale constitue une simple fantaisie qui ne se justifie pas mieux que ‘existence d'un chorévêque, nommé Pierre”, pendant l'épiscopat de saint Principe. >eut-être Principius et Severius ne sont-ils qu'un seul personnage portant deux noms. Cette hypothèse, émise par le judicieux dom Briant’, paraît autorisée par es Actus qui, au chapitre de saint Innocent”, transforment le nom de Principius en celui de Severianus, variante de Severius.
En résumé, pour la fin du Ve siècle et le commencement du VIe on constate
istoriquement l'existence de deux évêques du Mans: Victurius (saint Victeur)
(1) Voir aussi l'Art de vérifier les dates, 3 vol. in-fol., t. IT, p. 828.
(2) & Tamen non tanta fecit quanta voluit bona et facere disposuit, propler quamdam sedilionem el persecu-
» lionem tam suorum famulorum, quam et aliorum sua in parrochia ». Actus, p. 71. (3) & XNI kalendas octobris. Cenomannis, depositio Sancti Principii, episcopi et confessoris ». Bibliothèque du Mans, ms. 244, fol. 147 verso.
€) D'après dom Piolin, Histoire de l'Église du Mans, t. I, 145, 149, « le successeur de saint Principe fut » Victorius IT dont les actions sont peu connu
Malgré le silence des historiens sur la plupart des actions de » Victorius II, tout ce que l'on sait de cet évêque donne une grande idée de ses mérites el de sa vertu ». Le chapitre entier de dom Piolin sur Victorius IL est de ectte envergure. Le R. P. ne sait rien sur
question, mais eela lui suffit cependant pour lui permettre d’avoir une grande idée de sa v brochure intitulée : Vie de saint Victor, évèque du Mans (Blois, 1863), et rédigée sur deux légendes du XIVe siècle, admet, sans l'ombre d’une preuve, comme successeurs de saint Principe, les & Victor. Ce dernier se
éques Severianus, Alanus et
ait le patron de la paroisse de la Chaussée pius episcopus s. an. XXVIII, m. I, d Petrus corepiscopus ». Catalogue des Actus. Ce Pierre était, d'après les mêmes Actus, chorévêque d'Aiglibert aux VIle et VIII siècles.
(6) « Fortè binomius erat Principius, more romano ». Cenomania.
(7) Actus dans Vetera Analecta, I, p. 74.
aint-Victor, près de Blois.
(5) « Beatus Prin:
en 453, 461, 465, et Principius (saint Principe) en 511. De ces deux pontifes, saint {} [ [
Victeur, seul, aurait travaillé à l'agrandissement et la décoration de la cathédrale.