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ROBERT DE CLINCHAMP

Le premier d'entre eux, Robert de Clinchamp {de Clino-Campo |, que certains

auteurs croient neveu du cardinal Gervais de Clinchamp!, fut d'abord chanoine du Mans, puis chantre et enfin doyen du Chapitre. A la mort de Denis Benoit, il

, telle était

fut élu successeur de ce pontife, et, tel était son crédit dans le diocèse sa bonne renommée, qu'il obtint l'unanimité des suffrages de ses confrères. Dom Piolin place par erreur cette élection au 26 avril 1298? La mort de l'évêque Denis n'étant arrivée que le 29 mars 1299 (n. s.), on ne put procéder au choix de

son successeur avant avril 1299? Quoi qu'il en soit, comme son décès se produisit

le 29 septembre 1309, après un épiscopat de neuf ans, cinq mois et trois jours *, il ne commença à gouverner effectivement le diocèse que le 26 avril 1300. () Dom Piolin, Église du Mans, IN, 464 J. Noulens, Maison de Clinchamp, p. 134. — Sur les ornements

la cathédrale par le cardinal de Clinchamp, voir L'Union historique du Maine, &. 1 (1893), p. 20. 2) Église du Mans, IV, 464.

(3) Une charte du samedi avant les Rameaux (11 avril) 1299 (n. s.), porte sede vacante. Archives de la

laiss.

Sarthe, H 1156. Inventaire sommaire, &. IN, p. 1 &) Martyrologe, 24, au 4 (régulièrement au 3) des calendes d'octobre.

LES ÉVÊQUES DU XIVe SIÈCLE 307

Au cours de son décanat, une famine ayant désolé le pays durant trois années

consécutives, Robert avait distribué ses blés aux pauvres

greniers épuisés,

il avait vendu ses vases d'argent et tout ce qu'il possédait, même ses chevaux de prix ‘, pour acheter du grain et pour subvenir aux besoins de la population

nec

‘ssiteuse.

Voici dans quels termes l'auteur de la notice nécrologique, insérée dans le Marlyrologe, Sexprime sur les actes de Robert de Clinchamp : <Ornésde la mitre pontificale, il gouverna pacifiquement le diocèse. La

s de l’un et de l'autre sexe s'étant trouvées vacantes, l'élection

plupart des abbay des supérieurs de ces communautés se fit sans troubles: par son intervention il réussit à écarter toute cause de débats. Juge toujours équitable entre ses sujets

cleres et laïques, il déclarait sans subterfuges quel était le droit de chacun, et,

lorsqu'il était obligé de sévir, il tempérait la rigueur de la justice avec l'huile de la miséricorde. Inaccessible aux séductions du mensonge et de la flatterie, il n'avait

rien plus en horreur que d'entendre des orgucilleux, des fourbes, des menteurs

et des médisants; aimant et se plaisant à élever les simples et les humbles, il

avait voué une haine profonde à ces agilateurs, qui, en outrageant une famille,

les armail loutes les unes contre les autres?. Au regard de ses devoirs spirituels,

il les remplissail suivant «

:s forces, nuit el jour, envers Dieu et lous les saints, célébrant avec pompe, quand il le pouvait, l'office divin aux fêtes solennelles et aux moindres fêtes. Quant à son administration temporelle, il fit relever le manoir de Touvoie, dont il ne restait plus que les murs, car il avait été brûlé et dévasté

durant les dissensions autrefois survenues entre l'évêque Jean de Chanlay et

ses ennemis. À l'ancien édifice qu'il rétablit, Robert fit ajouter une salle haute et

commode, près de la chambre épiscopale. Dans autres manoirs, à Yvré, à

Céaulcé, il releva des ruines et changea la disposition des bâtiments. Il fit

construire à Céaulcé le portail qui était détruit, ainsi que la métairie, et creuser

un étang à Parigné-l'Evêque ‘ ».

armi les legs de cet évêque, il faut signa dix livres tournois aux

chanoines qui a

sieraient à son anniversaire, vingt sous de rente pour la

fabrique de l'église, quarante sous manceaux de rente annuelle, achetée de

Huguet de Sablé, sur le lieu du Gué-de-Maulnv, pour différents services dans ladite église, notamment pour les chanoines, les chapelains et les clercs qui

prenaient part aux processions des féries de Pâques, dans lesquelles on portait

() « Equos quos habebat puleherrimos ».

2) « Odio habebat cos qui inter nationes divisionem jaciebant nationi ii detrahendo ».

(3) I avait fait également un moulin sur « la riviére du Na (247), fol. 25 ve et 206.

(4) Hauréau, Histoire littéraire du Maine (après le Martyrologe), nouvelle édition, L II, p. 57.

cis en sa terre de Parrigné ». Livre Rouge

solennellement le saint Chrème', et enfin un très beau vase d'or rempli de reliques de différents saints.

Ainsi qu'il a été dit, Robert de Clinchamp mourut, le 29 septembre 1309, en la fête de saint Michel au Mont-Gargan ?, au moment du fameux procès des

Templiers. Cette date, donnée par des contemporains , doit être acceptée malgré

certaines chartes de 1310 du Livre vert de l'évêché, dans lesquelles Robert est supposé vivant”, Ses sceau et contre-sceau ont été publiés par M. Bertrand de Broussillon dans le Carlulaire de Saint-Vicleur ‘. On y voit un évêque debout,

mitré, bénissant de la main droiteet tenant sa

crc

se de la gauche. Légende : + s° ROBERTI:

DEI : GRA : GENOMANEN : EP. Contre-sceau :

Buste d'évêque accompagné de deux fleurs

de lis. Légende : corRas.

Les armes attribuées à ce pontife portent: d'argent à la bande vivrée de gueules accompagnée de six merlelles de même, trois en chef el lrois en poinle?.

Robert de Clinchamp fut enterré dans

le chœur de la cathédrale € où l'on dressa SCEAU DE ROBERT DE GLINCHAMP » à sa mémoire un magnifique tombeau de » cuivre et de bronze doré et azuré, qui

» estoil entaillé dans la muraille, à main droite, en montant au grand autel',

» el qui a duré usques aux troubles qui s'élevèrent du temps de Charles IX

» (1562), que les religionnaires brisèrent et emportérent le métail dont il estoit

» estoffé 7 ».

Suivant Le Corvaisier et Bondonnet, on doit placer sous l'épiscopat de Robert de Clinchamp, l'incendie de l'église et du bourg de Coulaines (19 juillet 1300), la

transformation en abbaye du prieuré de Notre-Dame de La Perrigne à Saint-

(1) « Decem solidos cenomanenses canonicis et totidem capellanis et clericis assistentibus in celebrando

SA ». Cette très ancienne

nctum Ci

» processionibus in feriis post Pascha, dum defertur sollempnite coutume consistant à porter le Saint Chrê

1e aux processions des féries de Pâques, n'a disparu que dans notre siècle, sous l'épiscopat de Mar Labouré. (2) Mariyrologe, 244, au 4 des calendes d'octobre.

(3) « Sed monstro simile est quod plures ch:

te sup » abbates de Tironio et Pellicia ibidem (in Cart. virid.) reper

ontroversiis inter Robertum, Cen. episcopum, et

intur, in quibus ipse Robertus, datæ toto anno » 1310, cum tamen obicrit 2 septembris an. 1309, ut testatur Martyrologium Cen. ». Dom Briant, Cenomania. Dom Piolin n'éprouve pas l'embarras de dom Briant. Il fait agir Robert de Clinchamp en 1310 (IV, 468) et place cependant sa mort au 29 septembre 1309 (IV, 463 et 478).

(1) Planche VIT, nes 9-10.

G) Le Corvaisier, Cauvin, ete.

(6) « A costé gauche du grant autel en la closture du chœur : Cy dessous estoit inhumé le corps de R. P. en » Dieu Robert de Cl

de cuivre et azur

champ, évesque du Mans, soubz tom ». Bibliothèque nationale,

Duchesne, 37, fol. 163. Robert de Clinchamp fut le premier évêque enterré ainement à la cathédrale.

(7) Le Corvaisier, p.

LES ÉVÈQUES DU XIVe SIÉCLE 309

Corneille, par le chevalier Guillaume d'Usages, sous le titre de Saint-Louis

d'Usages (1303) ', et la fondation en 1304, par Jean Chastelain, de la chapelle de

Sainte-Catherine du Grand-Cimetière, à Sainte-Croix *.

Le chœur de la cathédrale du Mans était à peine terminé qu'on songeait déjà à faire disparaitre les transepts du XIe siècle, pour harmoniser ces parties, désormais trop basses, avec le nouveau sanctuaire. Dans ce but, le Chapitre réunissait d'importantes sommes puisées à toutes les bourses. Les chanoines n'avaient garde d'oublier l'œuvre de la fabrique. On peut citer entre les plus généreux Marsilius de Flae, prêtre, archidiacre de Passais, mort en 1303*, probablement parent de l'ancien chanoine du Mans, Nicolas de Flae*, évêque

de Saint-Malo, en 1259, et surtout Pierre d'Ardenay, archidiacre de Montfort,

mort en 1303, le 8 des calendes de mars (22 février ), dans la fête de la

Chaire de Saint-Pierre”. Ce dernier, entre autres offrandes, donna au Chapitre

cinquante livres mancelles pour l'œuvre du transept sud, du côté de la tour f.

L'architecte qui commença ce transept sud et qui construisit peut-être, à la fin du XIIIe siècle, la plus grande partie du revestiaire en dehors de la première travée, élait, tout porte à le croire, maître Mathieu Julien, qu'on trouve nommé dans l'article nécrologique de Renaud de Mello, chantre de la cathédrale, comme ayant pris à bail héréditaire une maison du Chapitre dans la rue Saint-Vincent’. M. H. Chardon lui a consacré plusieurs pages dans son étude sur Les Artistes du Mans el spécialement ceux de la cathédrale jusqu'à la Renaissance‘.

Dom Piolin compte au nombre des bienfaiteurs de la cathédrale, Raoul de

Clermont, seigneur de Nesle”, connélable de France, dès 1287, mort à la journée

de Courtray, le 11 juillet 1302, après avoir épousé en premières noces Alix de

(1) En 1304, l'abbesse et le couvent de La Perrigne échangèrent avec les frères prêcheurs du Mans « une Archives nationales, JJ 268, fol. 17 vo.

» meson assise en resner

@) Voir aux Archives de l'Hôpital du Mans, les pi 2417), fol.

(3) Martyrologe, 244, au 13 des calendes de mars. — Un « Marcilius de Fleyo, Cenoma

$ concernant cette chapelle depuis 1204, et dans le

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