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LES ÉVÊÈQUES DU XIVe SIÈCLE 331
» ardans, chascune du poys de quatre livres ». En plus de la messe hebdomadaire, le Chapitre devait célébrer tous les ans au grand autel, une messe solennelle de
saint Julien, le 17 août, et, après le décès du roi, une messe des Morts au jour de
son anniversaire !. Les cent livres tournois de celle fondation du royal chanoine
— car Charles VI était chanoine de Saint-Julien comme son père — servirent
à acquérir différentes terres ?.
Au cours de ses visites à la cathédrale, le roi avait remarqué la disproportion qui existait entre le transept sud, récemment reconstruit dans les immenses proportions du chœur, et la croisée ainsi que le croisillon nord, datant du XIIe siècle. Le Chapitre préparait la réédification de ces parties de l'édifice. Plein de bonne volonté , le monarque légua pour l'œuvre la somme considérable de dix mille francs.
€ Item dit Charles VI, dans son testament daté de Paris, en janvier
» 1392 (v.s.) — voulons et ordonnons, pour la grande et spécial dévotion que
» nous avons à monsieur saint Julian *, que pour faire la croisée de l'église, soit » baillés et délivrés dix mil franes que nous y donnons ‘ ».
L'œuvre prit alors le nom d’ «€ ouvrage du roy ». En effet les offrandes
aient régulièrement de Paris. Le 13 mai 1393, c'étaient mille francs
s arrl
*, ensuite d'autres sommes plus ou moins importantes *. Le 3 mars 1394 (n. s.),
ue Pierre de Savoisv accordait des indulgences à tous ceux qui participeraient au travail par leurs aumônes. Vers la fin de l'année, l'abbé de Beaulieu, qui avait une des clefs du coffre où l’on mettait les offrandes, constata qu'il restait
en caisse la somme de quinze cent quarante-quatre livres six sous six deniers".
Il ne saurait y avoir de doute, les dons du souverain et des fidèles devaient être appliqués à l'achèvement de la croisée de l'église, c'est-à-dire de la partie centrale entre le chœur et la nef, et à la construction du transept nord. Cette
phrase d'un avocat au Parlement en témoigne : € L'an mil mie mr et xu1, que »
Charles VE «€ fut au Mans
il fonda une messe perpetuel en l'église du Mans,
» el donna certaine somme de deniers pour convertir à l'euvre et fabrique de la
» dite église, de laquelle l'un des costez de la croisée esloit à faire et ausser au
» parail de l'autre? ».
s, ms. 244, fol. 125 et 126.
JJ 161, fol. 161 vo. Voir sur les fondations faites à la cathédrale par Louis de
() Bibliothèque du Me () Archives nationale:
Bourbon et le connétable Olivier de Clisson, Archives nationales, P 1355/1, cote 46. Bibliothèque nationale, 9, C commande spécialement.
Pièces originales, t. son. Mariyrologe, 244, 10 des calendes de mai. (3) Auquel il se r (4) Bibliothèque nationale, ms. fonds français, 4426, fol. 179, et Recueil de diverses piéces servant à l'histoire du roy Charles VI, par le sieur Besse. Paris, 1660, p. G) Archives du Chapitre, B/15, pp. 1, 3, 4. — Pour plus de détails, Cf. La Province du Maine, & V (1897),
passim.
(6) Archives du Chapitre, B/15.
(7) Pièce de 1422. Archives nationales, X/1* 9197, fol. 1
traits de plusieurs ariats, pp. À et 4.
vo et 156.
Dans le courant de l'année 1396, on constate que des travaux se faisaient au clocher. Mais quel était ce clocher ? Faut-il comprendre ici la grosse tour du midi, assise à l'extrémité du transept sud, ou bien un campanile placé sur l'intertransept lui-même, entre la nef et le chœur? Le document où se trouve ce renseignement, sans être très explicite, laisse supposer qu'il s'agit du campanile de la croisée de la cathédrale, construit en bois recouvert de plomb, orné de statues (ymaginaciones), qu'on restaurait où qu'on terminail alors !. Ce campanile remplaçait l'ancienne lanterne du XIe siècle dont il a été parlé plus haut *.
Quel était à cette époque le maitre de l'œuvre chargé de la direction des travaux de la cathédrale ? Depuis la découverte faite en 1881, par M. R. Triger, dans
une transaction du 23 avril 1397, la réponse est facile. Il se nommait « maistre Jehan
» Lemazcon » et habitait un «€ houstel » situé dans le quartier de la rue Doré Pierre de Savoisy fut transféré à l'évèché de Beauvais au commencement de l'année 1398, le 26 janvier selon le Gallia *, ce qui ne l'empècha pas de soutenir en
1401, un procès au Parlement au sujet du manceau Guillaume Le Vavasseur, prêtre,
chapelain du Gué-de-Maulny, qu'il avait fait arrêter. Au cours des débats, l'évêque de Beauvais fait dire par son avocat « qu'il est noble, grant clerc, de bonne vie et » doulz et courtoiz, et l'eust encore bien cher le paiz du Maine? ». Il mourut en 1412 et fut enterré dans sa cathédrale, sous une tombe de cuivre, qui a été reproduite par À. de Caumont, d'après Gaignières. Pierre de Savoisy y est représenté
dans un encadrement gothique, mitré, crossé, les mains jointes el revêtu d'une
chape dont les orfrois sont couverts de deux écussons alternés : lun chargé d'une croix cantonnée de quatre clefs, Fautre présentant {rois chevrons avec une bordure engrélée. Ce dernier est l'écusson de l'évèque qui portait: d'or à trois chevrons de
gueules, à la bordure engrélée de méme".
() « Nota quod quando campanar reparatum fuit, posite fucrunt reliquie in duobus pisi » situatis subler medium crucis, ex utraque parte. In uno pixide depositum fuit de zona beate Marie Vir
» Sancto Johanne Baptista, de sepulcro E ohannis evangeliste ; in alio de Sancto Petro, de Saneto Paulo,
unt nomi
» de Sancto Andr is. In dictis pixidis scripta fu liquiarum, et seriptus etiam fuit annus
» reparationis dicti ris, videlicet anno Domini Me CCCe nonagesimo sexto. Nota quod opifex qui
» reparavit campanar pro faciendo, cum adjutorios ibi dato, les chauffaulx galice, pro descendendo vetus plum-
» bum et ipsum refundendo et pro consuendo merramentum ad ponendum subler plumbum, et pro dicto cam- » panari reddendo in bono et honesto statu, ministrando sibi necessaria usque ad pedem scale, que est supra
» vollam, dictus opifex habuïit trigenta quinque francos, cum expansis suis. Et adhuc tenebatur facere ymagi-
nes et opus conveniens dicto operi, prout fecit, et quesivit famulos quos solvit super m suum
» prenominatum, ad expensas tamen domus, et fuit anno Domini millesimo éco nonagesimo sexto ». Biblio- Martyrologium per anni circulum, fol. 208 et 211.
(2) Chapitre VI, p. 174.
3) R. Triger, Note sur Jean Lemaçon, maitre des œuvres de la cathédrale du Mans, en 1%
thèque du Mans, ms. 7
(1) Tome XI, p. 409. Il prêta $erment au roi le 19 février 1398 (n. s. suivant dom Briant). (5) Archives nationales, X/11 4785, fol. 127 vo et 198. (6) P. Anselme, L I, 2