‹ La cathédrale Saint-Julien du MansChapitre 134 sur 236 · Tome Il, p · texte numérisé non relu

Tome Il, p

(8) Louis XI redoutail le mauvais air. Le 18 mai 1479, il fit donner un éeu « à une povre femme où il print . Archives nationales, KK 66, fol. 8 vo, 9 vo et 28.

» des noïigs qu'il mangea pour le mauvais air

nalif de la paroisse de Dolus', prisonnier au Mans pour vol et meurtre, lui fil présenter une requête, afin d'obtenir sa grâce. Le monarque se souvint des captifs délivrés autrefois par saint Julien : il donna rémission au malheureux «en l'honneur el réverance de monsieur saincl Julien, en l'église duquel nous (le » roi) avons eslé requis... pourveu toutevois que incontinent que ledit Charpentier

» sera mis hors et délivré desdites prisons, il sera tenu d'aler en chemise, la

» corde au col, tenant une torche ardent en sa main, jusques à ladicte église, » pour rendre grâce et louenge à monsieur saint Julien ? ». de Louis XI. A

plusieurs reprises, notamment en 1469, le roi intervint ou fit intervenir auprès

Thibault de Luxembourg avait sa part des bonnes £

du pape, afin d'oblenir le cardinalat pour son « chier et amé cousin l'évêque du » Mans * ». Ces lentatives ne réussirent point et, par contre, les malheurs vinrent visiter le pontife. Son beau-frère, Charles Ier, comte du Maine, qui avait été reçu

en grande pompe au Mans, le 11 novembre 1471, mourut à Neuvy en Touraine,

le samedi 10 avril 1472 (v. s.), veille des Rameaux : le jeudi suivant, 15 avril,

le corps du défunt fut inhumé dans la cathédrale du Mans, après une me

solennelle, chantée en présence des colléges ecclésiastiques et des notabilités de la ville”. Son tombeau, qu'on voit, depuis l'épiscopat de M de Grimaldi, dans un enfeu de la chapelle des Fonts, se trouvait primitivement dans le chœur de la cathédrale, à droite (côté de l'Épitre), auprès de l'autel du roi. A peine les Manceaux avaient-ils reçu dans les murs de leur cité (23 avril 1475), le nouveau comte Charles IT et sa femme Jeanne de Lorraine”, qu'une terrible épreuve frappait leur évêque dans la personne de son frère, le connétable Louis de Luxembourg, décapité à Paris, en place de Grève, le 19 décembre 1475, pour

crime de lèse-majesté *.

En 1477, dit dom Piolin*?, Thibault de Luxembourg se disposait à partir pour

l'Italie, lorsqu'il mourut le 1er septembre de la même année. Notre évêque décéda,

non avant son voyage, mais bien en Italie, Quant à la date de son trépas, tous les

auleurs, sans exception, je crois, l'ont placée au 1er septembre 1477, d'après une

épitaphe du XVII siècle, conservée par Gaignières ® et reproduite sur un petit

(1) Indre-et-Loire, canton et arrondissement de Loches.

€) Archives nationales, JJ 200, fol. 57 ve, ne 105. — Pour plus de détails, voir Le Culle de Louis Julien (Semaine du Fidèle, & XXNII, p. 196) et La Nuit de la Saint-Julien à la cathédrale du Mans, en 152, pp. 9-11

(3) Joseph Vaesen, Lettres de Louis XI, L. IN, pp. 24 et suivantes.

(4) Et non le 1, comme l'ont imprimé Bilard (882) et dom Piolin, V, 179. Le 14 avril, on chanta les vigiles,

XI pour saint

et le jeudi, 15, on fit la sépulture après la mes (G) Archives de la Sarthe, G 480, fol. 132 v (6) Les Huguenots mutilérent ce monument en 156: (7) Archives de la Sarthe, G 480, fol. 290 ve. Archives municipales, Premier compte de Jacquet Vaujon. (8) P. Anselme, III, 726 (9) Église du Mans, N, 187.

(0) Bibliothèque nationale, fonds latin, 17036, fol. 263

LES ÉVÈQUES DU XVe SIÈCLE 353

édicule du XVIIIe, actuellement placé dans le transept sud de la cathédrale, à l'entrée du déambulatoire du chœur. Le Martyrologe de l'Église du Mans jette ici une nole discordante. Son texte, du XVe siècle, affirme que le décès de Thibault

de Luxembourg se produisit le

1er septembre de l'année 1479".

La dépouille mortelle de

l'évêque, rapportée d'Italie, dut

à l'abbaye de Saint- Vincent, en attendant lachève-

ment de son tombeau devant

le jubé, par son fils *. Le samedi après le dimanche Judica me, 14 avril 1491 (v. s.), Martin Guerrande, secrétaire de Philippe cardinal de Luxembourg, évêque du Mans, pria, au nom de ce dernier, le chapitre de Saint-Pierre-de-la-Cour de vouloir bien assister, avec les autres

corporalions ecclésiastiques de

la ville, à la translation des

restes de Thibault de Luxem-

bourg, apportés d'Italie, de l'abbaye de Saint-Vincent où ils étaient déposés, à la cathédrale où ils devaient être

inhumé

Au nombre des principaux

ToÛ E DU TRANSEPT NORD

bienfaiteurs de la cathédrale à cette époque, il faut signaler le chanoine du Mans et archidiacre de Laval, Guillaume

Chaignon, mort le 1er décembre 1471, après avoir donné deux cent vingt écus pour

la construction d'une tourelle, avec pinacles, sur le transept, à lorient". Son homo-

() « Kal. sept. — Anno Domini millesimo CCCGu septuagesimo nono, die prima semptembris, obiit » reverendus in Christo pater, ac recolende memorie dominus Theobaldus de Luxemburgo, Cenomanensis » episcopus.... ». Martyrologe, 244, fol. 137 v 1s du Jubé, dit du cardinal de Luxembourg, détruit par les Huguenots en 1562, loute la

(2) Dans les de

partie à droite (côté de l'Épitre), semble consacrée spécialement à la mémoire de Thibault de Luxembourg.

Là, sont ses armes toujours surmontées d’une crosse. De l'autre côté, ce sont les armes de son fils Philippe de Luxembourg, accompagnées d'un chapeau de cardinal. (3) Archives de la Sarthe, G 481, fol. 85

() « Preterea quamdam parvam turt

n, um certis pinnaculis, super Cruciatam nostre ecclesie ad partem

» orientalem, pro quibus summam ducentorum et viginti seutorum exposuit de novo construi fecit ». Marty-

nyme, Juhel Chaignon, également chanoine, originaire de Saint-Martin-de- Connée, vivant encore en 1473, ne se montra pas moins libéral : il offrait une

s et reçut chez lui le comte du

magnifique hospitalité aux grands personnag Maine, qui, par son entremise, donna à la cathédrale des reliques du plus grand prix. Juhel fut enterré devant l'autel de sainte Emerentienne qu'il avait fait édifier”. Le comte du Maine, lui-même, Charles Ier, beau-frère de Thibault de Luxembourg, contribua de ses deniers aux travaux de l'église, la présence de son blason {de France à la bordure chargée d'un lionceau à dextre] sur un pinacle du XVe siècle, décorant un arc-boutant de la nef de la cathédrale, du côté de la place Saint-Michel, en est la preuve. La munificence de Bertrand

de Beauvau, chevalier, seigneur de Sillé-le-Guillaume et de Pré

se mani-

gné

festa autrement. Bertrand fit exécuter pour saint Julien, un splendide graduel sur vélin et enluminé, en quatre volumes in-folio, que l'on conserve encore de nos jours. Sa mort élant arrivée en 1474, avant la perfection du travail, son fils Antoine se chargea d'accomplir la volonté de son père à la condition d'un

anniversaire *.

rologe, 214, calendes de décembre. — Il s'agit peut-être ici du couronnement du petit escalier du transept nord. (1) Dom Piolin, IV, p. 389, le place sous Gcoflroy de Loudun, au XII siècle. (2) Martyrologe, 244, au 3 des nones de septembre (3) € XV kalendas octobris. Obiit nobilis potens que dominus Bertrandus de Beauvau, miles et temporalis

» dominus de Precigneio in Turonia et Andegavia…… v. Martyrologe, 41. Dom Piolin, V, 186, note 1, alu

« dominus de Precigneio in Thuringia et Andegavia ». B. de Beauvau était seigneur de Précigny en Touraine

(et non en Thuringe

) et de Précigné en Anjou.

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