‹ La cathédrale Saint-Julien du MansChapitre 187 sur 236 · LOUIS D’ANJOU · texte numérisé non relu

LOUIS D’ANJOU

miere lancette, à la fenêtre suivante, on remarque, sous une arcature ogivale, un personnage jeune, nu-lête, un genou en terre et les mains jointes dans l'attitude de la prière. Il est vêtu d'un surtout rouge sans manches, ses bras sont couverts par l'étoffe verte de la robe de dessous, et il est accosté de deux écus vairés d'or el de queules. Ces armes sont celles des Chamaillart, seigneurs

d'Anthenaise, de Pirmil, de Sourches, ete., et le personnage de notre vitrail

(1) Voir pp. 236 et 237.

(2) Voir p. 42.

(3) Voir S M. Hucher, les planches 87 et 89. M. Hucher croit que cet abbé d'Évron est Arnauld, qui mourut, d'après le Gallia, en 1259.

(4) Gallia.

peut être identifié avec Jean où Simon Chamaillart', qui vivaient dans la dernière moitié du XIIe siècle”. Maurice Chamaillart, doyen de Saint-Martin de Tours, au XIVe siècle, avait un écu vairé, au lambel à cinq pendants dans une rose gothique *. La troisième lancette de cette sixième fenêtre contient deux blasons inconnus, l'un: de gueules au lion d'or et l'autre : de gueules

au lambel d'argent à cinq pendants .

La septième fenêtre, centrale, divisée en trois lancettes, renferme les trois anciens palrons de la cathédrale ; au milieu la sainte Vierge couronnée, assise et portant son divin fils sur ses genoux : de chaque côté, sur un fond fleurdelisé, les saints

martyrs Gervais et Protais, ayant au-

dessous d'eux des personnages qui se per

cent d'un glaive. Au-c

essous de l'image de

la Vierge se trouve un donateur, un genou

en terre, la tête nue, vêtu d'une cot

d'armes rouge sur laquelle brochent deux

léopards d'or, passant de gauche à droite.

Il offre une verrière armoriée du même

blason. M. Hucher émet l'opinion que le

ersonnage pourrait bien être Guillaume

de la Guierche, seigneur de Segré, de Pouancé et de Martigné, qui portait deux ions passants dans ses armes. Mais d'autres seigneurs avaient un blason à peu près

identique, notamment les Bernard de La

*erté” et les Rotrou de Montfort. En l'abà 3 YOLANDE D'ARAGON sence de tout document, il est permis

d'identifier le chevalier de notre verrière avec Rotrou, seigneur de Montfort, mari

de Marguerite d'Alluys, vivant en 1251 et 1267, qui a, en 1254, à la cathé-

drale, aux cérémonies de la translation des reliques de saint Julien‘. Le seigneur

(1) « Simons Chamaillars porte vairé

d'or et de gueules ». Armorial manuscrit de la Roche-Mailly.

@) Dom Piolin (IV, 408), affirme sans hésiter que le personnage du vitrail n'est autre que Vincent de Pirmil chanoine du Mans, et plus tard archevêque de Tours. Voir sur Vincent de Pirmil, p. 247.

(3) Quittance du 11 novembre 1345. Bibl. nat. Tit. scell, de Clair, Reg. 27, p. 2013.

(4) Voir E. Hucher, planche 81.

(5) Charles. Hist. de La Ferté-Bernard, p.

CÉpau, p. 33. — Le contre-sceau, un chevalier

+ — Arch. de la Sarthe. Fonds municipal, ne 941. Cartulaire de

au de saint Louis, appendu à la charte de l'abbaye de Per: ésente, comme

igne de 1248, |

à cheval portant un bouclier avec deux lions passants de droite à gauche. Cf. G. Fleury, Cartul

(6) Voir p. 239.

ire de Perseigne, p. 86.

de Montfort était un des huit barons chargés de porter l'évèque du Mans le jour

de son intronisalion.

Selon M. Hucher, la neuvième fenêtre, retraçant dans sa troisième lancette, la légende de saint Calais, semble être un don de l'abbaye de ce nom. Malheureusement la preuve n'en saurait être faite.

À la onzième verrière, première el cinquième lancettes, se voient deux

chanoines du Mans, donateurs, Philippe Le Romain et Robert Le Pelé!, vêtus de

l'aube blanche et de la chape violette, ayant leur nom au-dessus de leur tête ; le second offre un vitrail. Philippe Le Romain, prêtre, que dom Piolin appelle Philippe Rourer”, figure en divers acles capitulaires de 1243, 1248, 1951, 1252 et 1:

qu'il donna, entre autres sommes, dix livres tournois « ad quandam vitream in

53°, On trouve dans le Warlyrologe de l'église du Mans, au 3 des nones de juin,

» ista ecclesia faciendam ». Robert Le Pelé, prêtre et archidiacre, qui avait un neveu, Julien Le Pelé, chanoine du Mans comme lui, vivant en 1284, fit de nombreux dons au Chapitre, énumérés dans le Martyrologe au 4 des calendes de mai. Le bas médaillon de la 3e lancelle présente un pape coiffé d'une espèce de tiare,

assis entre saint Pierre et saint Paul. Dans le haut du panneau, on lit: papa

3ALDU]S'. Cest le souverain Pontife qui occupait le trône pontifical au moment de la confection du vitrail, Innocent IV (mort en novembre 1254), dont le nom italien était Sinibaldo Flisco®.

Avec leur légende du moine Théophile et de l'enfant juif de Bourges, reproduiles ailleurs, et certaines scènes de la vie de saint Bernard, les deux dernières

grandes fenêtres peuvent être, suivant l'opinion de M. Hucher, un don des béné-

dictines de Saint-Julien-du-Pré et des moines cisterciens de l'Épau.

À la suite de la treizième fenêtre, se trouve une ouverture ogivale, en partie

murée, comme celle d'en face. Elle renferme deux médaillons. Dans le premier, un chevalier avec cotte de mailles, surcot rouge et bouclier chargé d'une croix d'or

sur un fond de gueules Ÿ, perce d'une épée, lancée en pleine poitrine, un roi assis

devant une table couverte d'une nappe blanche et servie; à côlé de ce dernier,

un autre personnage, tenant un couteau, fait un signe d'effroi de la main gauche.

Au sommet de l'ogive, au-dessus du chevalier, une main bénissante émerge d'un

nuage. Dans le second panneau (en bas) on voit le même écu? de gueules à la croix d'or Suspendu par une courroie. Jusqu'à ce jour, il a été impossible de trou-

ver un sujet d'histoire s'adaptant à la scène figurée dans le premier panneau.

() Hucher, planches 90 et 91.

(2) Église du Mans, IN, 190.

@) Voir Livre blanc,

assim.

() Hucher, planche (5) Ciaconius.

(6) M. Hucher dit par erreur, une croix de gueules sur un fond d'or.

(7) Cette partie du panneau a été renversée, de telle sorte que la pointe de l'écu est en haut.

Quelques chapelles possèdent des verriéres ou des fragments de verriéres du

XII siècle. Dans une rose à six lobes de la chapelle de Saint-Jean-Baptiste : Jésus- Christ entouré de six colombes et lenant la septième sur ses genoux!, avec de belles grisailles dans les écoinçons: chapelle de Saint-Martin, panneau du XIlle siècle figurant la messe de saint Martin? : chapelle de Saint-Joseph, vitrail de Sainte-Anne’; chapelle de N.-D. du Chevet, vitraux en partie anciens et en

partie modernes, on y remarque à la première fenêtre, à gauche en entrant (arbre

de Jessé), un donateur, à genoux, Guillaume de Marcé, chanoine de la cathé-

drale', qui vivait au XIIIe siècle”, et à la troisième fenêtre, trois scènes représentant les changeurs du Mans, donateurs de la verrière"; chapelle Saint-Louis, deux

belles verrièt

, en grande partie du XITe siècle, donnant les légendes de saint Eloi et de saint Nicolas”.

L'immense baie percée dans le pignon du transept nord est entièrement

remplie de vitraux du XVe siècle. Elle contient cent vingt-six sujets. La petile rose

centrale renferme les attributs des quatre évangélis Quant à la grande rose

elle-même, elle est consacrée au couronnement de la Vierge et au jugement

ssant la S;

dernier. Le Père éternel se trouve au sommet, bén ainte Vierge qui est en face de lui, le Christ est au bas et les autres compartiments sont occupés par des anges, sonnant de l'olifant, jouant du rebec, de l'orgue, ou chantant le Gloria in excelsis. Dans les écoinçons et sur les lympans des lancettes, d'autres anges

portent des couronnes, des tiares, des mitres et des inscriptions.

Dans la partie rectangulaire, on voit de grandes figures: Abraham, Noé, Moïse, David, avec des inscriptions bibliques. Après viennent les Apôtres portant

chacun un article du Credo. Ensuite sont placés deux saints évêques, saint Louis,

couvert d'un manteau fleurdelisé", un chanoine, Adam Chastelain, évêque du Mans”, le cardinal Fillastre, vêtu de rouge et avec son écusson ", Louis d'Anjou,

bâtard du Maine, Louis IT où René Ier d'Anjou ", Louis II d'Anjou, roi de Sicile,

() Hucher, planche 65.

(2) Autrefois dans la chapelle du Chevet. Hucher, planches 70, 71.

autrefois

(3) Par exception, cette verrière restaurée depuis peu, est de la fin du XVe siècle. Elle occupai

la septième lancette de la chapelle du Chevet.

IV, 392, et tion de dom Piolin (IV, 389, 390) quand

(1) Hucher, planche 26. Guillelmus de Marceio. Dom Piolin l': IV, 431. — Il ne à l'affi il nous dit que le chanoine Juhel Chaignon, qui vivait au XVe siècle et qu'il place au XIIIe, avait son portrait

appelle Guillaume de La Marr

Guillaume de Ma

faut ajouter aucune foi

dans les vitraux de la chapelle du Chevet (5) On trouve dans le Martyrologe 244, deux Guillaume de Marciaco, au 5 des calendes de février et au 8 des à la fin du XIe si , l'autre au XIIIe,

calendes d'août. L'un des deux vi

(6) Hucher, planches 37, 41 et 42.

(7) Autr (8) Hucher, planche 97.

(@) Voir p. 335, Et non Pierre de Savoisy, comme le dit M. Hucher. (10) De gueule tre un fond d'argent, ce qui est une erreur du vitrail. Voir pp. 340, 341.

ois dans les douzième et treizième lancettes de N.-D. du Chevet.

au massacre d'or à la bordure dente de méme. Dans sa planche 98, M. Hucher donne aux

armes de Fill:

(1) Hucher, planche 99.

Marie de Bretagne, mére de Louis IT, Yolande d'Aragon, femme de Louis IT. Parmi les nombreux morceaux de verre étrangers au vitrail de la Grande Rose, apportés de côté et d'autre pour remplir des lacunes, on remarque plusieurs

tèles du XVIe siècle, des fragments de pelits sujets du XVIIe et ce morceau

d'inscription du XIIe siècle en lettres jaunes sur fond noir : LES : POIS.... DONN VERRE, qu'il faut probablement lire: Les Poisliers ou les Poissonniers donnérent

celle verrière.

Il existe dans le transept septentrional deux petites fenêtres placées à quelques mètres du sol. Ces deux fenêtres ont conservé presque toute leur verrerie primitive,

mais bigarrée de morceaux élran-

étant traités

SeCrS: Leurs )CrSONnNag,

dans des proportions réduites, ont reçu un degré de fini qui nest pas

altcint dans les figures de grande

dimension de la Rose. On y remarque

un buste d'évêque du XIIe siècle,

puis des sujets de la fin du XVe siècle

ou du XVIe, particulièrement saint

Jean-Baptiste présentant un chanoine

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