CHAPITRE XVI
UTREFOIS la cathédrale possédait un grand nombre de monuments funéraires. [ls ont presque tous disparu par suite du pillage des Huguenots en 1562. Le plus précieux de ces monu-
ments élail, sans contredit, le tombeau de Geoffroy Plantagenet,
mort en 1151. Détruit par les protestants, il n'en subsiste que le fameux émail, déposé actuellement au Musée de la Préfecture, qui resta jusqu'à
la Révolution, attaché par des crampons de fer à l'avant-dernier pilier de la nef,
du côté de l'Épitre !.
Le tombeau de la reine Bérengère, veuve du roi Richard Cœur-de-Lion, morte en 1230, provient de l'abbaye de l'Épau qu'elle avait fondée non loin du Mans, sur le territoire d'Yvrél'Évèque”. En 1821, M. Thoré, propriétaire de l'ancien monaslère, en fit don à la cathédrale et le monument fut placé dans le transept nord, à la place occupée par celui de Myr Bouvier, ensuite dans le transept sud, là où il se trouve actuellement. La reine est couchée sur la table d'un sarcophage: sa têle, ceinte d'une couronne, repose sur un coussin. Son escarcelle est suspendue à sa ceinture; ses pieds s'appuient sur un lion et sur un lévrier. Bérengère tient sur la poitrine un petit tableau où figure une femme debout entre deux flambeaux allumés. De grands quatrefeuilles accompagnés de roses, décorent les parois du mausolée. La sculpture très ferme indique le XIIe siècle. Au-dessous de la statue est gravée sur marbre une inscription moderne.
Une pierre tombale, exécutée en 1421, sous la direction de l'architecte Jean
de Dampmartin, se dissimule derrière un confessionnal, dans la chapelle de
() Voir p. 1?
(2) Voir p. 230.
Saint-Martin. C'est une simple dalle gravée, scellée dans le mur du côté de l'Épitre, mesurant cinquante-six centimètres de hauteur sur quarante-deux de largeur. A la partie supérieure, l'artiste a dessiné au trail, à gauche, un chanoine, l'aumusse sur la tête, vêtu d'une chape et le goupillon à la main: à droite, un enfant de chœur tonsuré, revêlu d'une aube, l'amict sur les épaules, la main gauche sur la poitrine, tient un bénitier. Entre les deux personnages, se déroulent deux banderoles, ingénieusement agencées et tenues par deux
mains sortant d'un nuage. Sur la première on lit: Tu qui transis ia omni