‹ La cathédrale Saint-Julien du MansChapitre 21 sur 236 · partie occidentale de la cathédrale · texte numérisé non relu

partie occidentale de la cathédrale

res et canonici Cenomannic:

in urbe de,

(3) « Adjuravit ut ontes haberent plenam refectionem in

el civilalis ecclesia senior Cenomannica in honore sancti Salvatoris

» XI kalendarum januarii, quando mat

is Mari

EUrS!

ncli Gervasii et Prothasii sive saneti Stephani est a jamdicto , p. 18.

usdem Dei nitr

» et sancte » Aldrico, episcopo, solempniter dedicata ». Gesta Aldr

(4) Gesta Atdrici, p. 18.

(5) Gesta, p. 125.

(6) Manuscrit ne 99. Cf. Coudere, Catalogue général des manuscrits des Bibliothèques publiques de France.

Départements, & XX, pp.

(7) 3. Havet, Question (8) Solarium, en fran

75 et suivantes, sais solier, signifie ordinairement grenier, partie haute d’une maison. Dans le

ise, dont la charpente

sent, ce mot semble devoir s'appliquer à la galerie où déambulatoire de

rium d'or et d'argent, l'autel principal dédié au saint Sauveur, à la sainte Vierge, aux SS. martyrs Gervais, Protais et Étienne, et enrichi, entre 836 et 840, des

reliques de saint Julien, trouvées au Pré. Dans le déambulatoire ou solarium

de cette abside, recouvert d'une charpente apparente, on remarquait cinq autels,

le premier à droite et à lorient, du côté de l'Évangile, dédié à saint Martin,

le deuxième à saint Pierre, le troisième au chevet, à la sainte Vierge, le quatrième

dans le déambulatoire, côté gauche ou de l'Épitre, à saint Denis, et le cinquième

du même côté, à Tous les Saints.

Sous cette abside orientale, dont la place est indiquée dans les Gesta Aldrici

par le mot sursum, existait une cryple { deorsum) sans déambulatoire, garnie éga-

lement de cinq autels. Le premier à droite, correspondant à l'autel saint Martin, dédié à saint Ambroise, le deuxième, sous l'autel saint Pierre, dédié à saint Georges, le troisième, sous l'autel saint Denis, dédié à sainte Scholastique, le quatrième,

sous l'autel de Tous les Saints, dédié à sainte Agathe. Au milieu de la crypte se

dressait l'autel de la sainte Trinité, orné de son Crucifix d'or et d'argent.

En résumé l'abside de la cathédrale d'Aldric présentait, le déambulatoire en lus, la physionomie de l'église de Saint-Étienne du Cloitre, dont il a été question lus haut.

Les deux transepts, nord et sud, construits par les SS. Victeur et Innocent ',

restèrent dans leur état primitif, mais la nef de saint Julien, ou partie occidentale, qui avait été exhaussée par saint Innocent, fut rebâtie par Aldric et dotée des rois autels déjà énumérés.

Le culte public du Crucifix qu'Aldric affirma en élevant un crucifix d'or et

d'argent au-dessus de l'autel de la Très Sainte Trinité, se développa surtout à

partir du VIe siècle. Grégoire de Tours signale plusieurs crucifix qui étaient peints dans des églises, particulièrement celui de Narbonne représenté presque nu. Un

rêtre eut au sujet de ce dernier, une terrible vision pendant laquelle il entendit

es paroles suivantes : € Vous êtes recouverts de vêtements et vous me regardez

» dépouillé des miens. Hâle-toi de me recouvrir d'un voile? ». Par décence, les

chrétiens d'alors représentaient presque toujours le Christ en croix vêtu d'une

comme dans un grenier. Quelques auteurs ont eru que les autels érigés par saint Aldric dans le solarium, se trouvaient dans une galerie supérieure formant {riforéum. Cette disposition semble absolument invraisemblable et eût été particulièrement incommode.

(1) J'ai ditaux pages 28 et 31, que saint Victeur construisit le transept nord de la cathédrale et saint Innocent

le transept sud, rendant les mots sénistra pars des Actus, par côté nord ou côté de l'Évangile, et dextera pars, par côté sud ou de l'Épitre. Il m'a semblé qu'on devait traduire de cette manière, attendu que l'autel de la

sainte Vie

transporté par saint Innocent in sinistra parle avait certainement été placé du côté honorable, ivangile. M. Le Febyre-Pontalis (Étude historique et archéologique sur la nef de la cathédrale du Mans, dans la Revue du Maine, & XXN, pp.

transept nord par saint Victeur, adopte le même système. Cependant, il importe de remarquer que, presque

du côté de l

7, 28), lout en contestant, à tort selon moi, la construction du

toujours, l'auteur des G

Aldrici procède autrement ct régulièrement. Pour Jui la droite de l'église est du

côté de l'E

angile et la gauche, du côté de l'Épitre.

(2) De gloria martyrum, cap. XXHL.

LES ÉVÈQUES CAROLINGII

tunique descendant jusque sur les pieds. Sur la fin du VITE siècle et surtout dans les siècles suivants, celle pratique commença à se modifier. Le vêtement complet se réduisit à un jupon puis enfin à l'étroile bande d'étoffe que nous voyons maintenant. Les anciens crucifix ne sont pas très communs. Dans notre contrée, je

ne connais qu'un seul Christ peut-être antérieur au Xe siècle. Il provient des

démolitions de l'église de Coulans ! et est grossièrement sculpté sur une pierre

de quarante centimètres de hauteur sur vingt-cinq centimètres de largeur. Notre-

Seigneur, revêtu d'une tunique longue à manches, comme dans les rares

représentations antérieures au siècle, y est étendu

sur une large croix, dont le bras supérieur prend la

forme de la tête: les pieds sont appuyés sur le suppedaneum légèrement indiqué.

C'est à saint Aldric qu'est dû le développement de a dévotion des Manceaux envers le Crucifix, dévotion qui devait se traduire plus tard par l'érection d'un autel

paroissial dans la nef de la cathédrale et par la créa-

ion de la célèbre procession des Rameaux fondée en

honneur du Crucifix qu'on y portait en grande pompe. En l’année 836, saint Aldric promit à Badurad, DRCNERE 0 MOULANE

évêque de Paderborn, des reliques de ses saints pré-

décesseurs. Celui-ci envoya aussitôt au Mans des députés avec mission de

rapporter le précieux trésor. Quand les clercs de Paderborn arrivérent dans notre ville, l'évêque et le clergé les conduisirent processionnellement dans l'église des Douze -Apôtres (aliäs Saint-Victeur), où, hormis saint Julien, reposaient les restes des premiers évêques du Mans, « honorablement disposés dans des sarcophages ». On donna aux clercs saxons la majeure partie des ossements de saint Liboire.

Vers cette époque, entre 836 et 840, le 25 juillet, croit-on *, Aldrie, voulant enrichir sa cathédrale, y transporta les restes de saint Julien, trouvés dans la petite basilique du Pré, ceux des SS. Thuribe et Pavace, le bras droit de saint Liboire,

et une partie du corps de saint Hadoind, pris aux Douze-Apôtres. Il y joignit les

corps de saint Romain, neveu de saint Julien, de sainte Ténestine et de sainte

Ade”, Le corps de saint Pavace et le bras droit de saint Liboire, qui n'avait pas

été donné à l'église de Paderborn, devaient être bientôt transportés dans le

() Sarthe. — Ce Christ, qui appartient à M. l'abbé H. Bruneau, vi avec d’autres sculptures barbares, dans la maçonnerie d'un mur du XVe siècle, au-dessus de la porte romane de ë

(2 Dès le XIe siècle, on cé

‘athédrale du Mans, était noyé,

ébrait au Mans, le VII des calendes d'août (25 juillet), la fête de la Translation

aint Julien. Cf, Livre blanc (imprimé), ne 185, p. 104.

des reliques de

G) CF Les premiers évêques du Mans, leur sépullure, la translation de leurs reliques, dans La Province du Maine, &. IV (1896), pp. 61- -108.

monastère du Saint-Sauveur, fondé par saint Aldrie, non loin du Mans, dans un lieu, refuge des chiens, des courtisanes et des voleurs !.

Saint Aldrie, ai-je dit plus haut, était un homme d'action. Pendant les huit premicres années de son épiscopat, de 832 à 840, il développa une activité peu commune, presque incroyable. Grâce à la protection de Louis-le-Débonnaire,

auquel il avait voué une fidélité inviolable, l'évêque du Mans fit face à tout, mit

l'ordre dans son diocèse, reconslitua le temporel de l'évêché, réforma le clergé

séculier et régulier, bätit des églises, fonda sept hôpitaux * et des monastères ”, éleva des constructions d'utilité publique et améliora la condition morale et matérielle de ses ouailles.

Parmi tant de travaux exécutés en une si courte période, quelques-uns étaient

hât

el ne pouvaient guère supporter l'épreuve du temps.

Malgré les expressions pompeuses des Gesla au sujet

des œuvres d'Aldric, il est

difficile de croire à la bonne ÉGLISE DU PRÉ EN 1880 structure de monuments con-

struits, comme la cathédrale,

en l'espace de deux ou trois ans. Peut-être aussi ces édifices ne présentaient-ils que

des dimensions restreintes. Quoi qu'il en soit, la cathédrale d'Aldrie, avec son

abside, sa nef,

s portiques el son parvis non achevé en 840, ne présentait pas toutes les garanties de solidité désirables. L'évèque s'en rendait compte et, sur la fin du règne de Louis-le-Débonnaire, il demanda au prince de lui adjoindre un auxiliaire pour l'administration des biens de son église, voulant s'adonner lui-même à différentes œuvres et à la réédification, dans un lieu plus propice et d'une manière plus solide, de sa cathédrale, construite à diverses époques

el dont les murs menaçaient ruine'. Le prince, qui avait accordé à Aldric, le

() Voir p.

(2) En Sainte-M (3) Notamment Cormes, Téloché, Saint-Sa

particulier les Ardents auprès de la cathédrale et un hospice sur la Sarthe, à la tête du pont

arie. Gesla, p. 123.

iveur à Saint-Pavace et Sainte-Marie à Gourdaine qu'il restaura.

(4) On y lit partout, mirabiliter, nobiliter, decenter, ornwit, fundavit, fabricavil, ete. Les historiens locaux modernes ont encore renchéri sur Aldric ct, avee les veux du plus pur chauvinisme, ont exallé outre mesure

des constructions sur

quelles nous ne possédons que de vagues données. 6) « Habebat enim cœæptum claustrum canonicorum et matrem æcclesiam in media civitate à fundamento ». Gesla Aldrici, p. 164.

» una cum suis porticibus ct paradisum inchoatam... » (6) 810, 15 février. Poiliers. Préceple de Louis-le-Débonnaire où on lit: « Innoluit etiam (Aldrieus) quod

22 mars 836, le droit de battre monnaie à l'exemple de

prédécesseurs !,

condescendit aux vœux du pontife. Mais les beaux jours de celui-ci étaient passés: une période malheureuse allait fondre sur le diocèse et faire péricliter les œuvres du grand évêque.

La mort de Louis-le-Débonnaire en donna le signal. L'empereur décéda le 20 juin 840

maitr

ssant ses fils Lothaire, Louis-le-Germanique et Charles-le-Chauve,

, le premier, de TTtalie, de la Bourgogne, de l'Austrasie entre la Meuse et le Rhin, et de la Germanie à l'exception de la Bavière; le second, de la Bavière, et

le troisième, de la Neustrie jusqu'à la Meuse et de quelques comtés de la Bourgogne

et de l'Aquitaine. Toutefois un tiers environ de ce dernier royaume, la contrée

montagneuse, obéissait à Pépin IT, petit-fils de Louis-le-Débonnaire S'il faut en croire la continuation des Gesta Aldrici, après le trépas de Louisle-Débonnaire, un puissant parti d'opposition se forma dans le pays manceau #,

contre Charles-le-Chauve, à qui son pére, entre autres régions, avait donné la

Neustrie. Aldric demeura fidèle au jeune fils de l'empereur, tandis que l'abbé

de Saint-Calais, Sigemundus, suivait la fortune de ennemis ralliés à Lothaire.

L'évèque qui, peu avant, avait réuni un synode au Mans, dut chercher un asile

en dehors de sa ville épiscopale ?. Il faut placer ce départ après le 9 juillet 840, jour du transport du bras droit de saint Liboire et du corps de saint Pavace

au monastère du Saint-Sauveur‘. Pendant son absence, ses œuvres, particulière-

ment les hospices, furent presque complètement anéanties. La victoire de Fontanet, prés d'Auxerre, remportée le 25 juin 841, par Charles-le-Chauve sur Lothaire, ramena Aldric au Mans”. Le vainqueur y vint lui-même et put constater les ruines accumulées par les troupes de son frère *.

Beaucoup d'auteurs ont affirmé que Charles-le-Chauve avait assemblé un concile à Coulaines, près du Mans, en 843°. Avec dom Briant ", il faut remarquer qu'au temps d'Aldrie, Coulaines n'était qu'une simple villa et qu'il est absolument invraisemblable d'admettre que de nombreux évêques et les principaux per-

« mater æcelesia infra prædictam civitatem a multis temporibus constructa, propter maceriarum imbecilli-

» latem cotidie ad casum se præparabat, quam ideo a novo fundare et in meliorum et statum locum edificare » se velle dicebat ». Gesta Aldrici, pp. 195-196.

(1) Gesla Aldrici, p. 115.

@) Pépin Le, fils de Louis-le-Débonnaire et roi d'Aquitaine, était mort en 838.

6) « Surrexit quædam tyrannica potestas in pago Cenomannico... Preseripli ergo tyranni de genere Herivei

sta Aldrici, pp. 158, 163,

aserunt »

» et Vuidonis superiorum tyrannorum rem

(4) Le 4 des ides de mai (12 mai) 840. G () Cette fuite d’Aldrie n°; Revue du Maine, 1

sta, p. 168

rien à voir avec l'invasion des Normands ainsi que le croit M. Lefebvre-Pontalis,

(7) Gesta Aldr:

(8) Les annales de Saint-Bertin et de Saint-Vaast, p. 48. (9) « Conventus in villa Colonia. Colonia

quam villam prope Vindinum, Cenomannorum urbem,

» docuimus.. ». Note de ques Sirmond, apud Labbe, Concilia.

(0) Cenomania.

sonnages du royaume, présidés par le roi lui-même, aient voulu siéger, à la porte

du Mans, dans les bâtiments d'une exploitation agricole !.

De 844 à 850, au temps du comte Guy”, le Maine fut ravagé à plusieurs

reprises par Lambert, comte de Nantes, et par Noménoé, roi de Bretagne. A la fin de l'année 845, Charles-le-Chauve, traversant le Maine, vint offrir la bataille à Noménoc, entre les rivières d'Oust et de Vilaine, près d'un lieu nommé Ballon *. Il y fut battu, le 22 novembre, et se retira au Mans pour réparer ses forces !. En 850, notre ville tomba aux mains des ennemis de Charles-le-Chauve”. Le comte Lambert, surtout, avait à se venger de Gauzbert, comte du Maine, qui avait pris son frère Garnier, L'année 852 vit la mort de ces trois derniers personnages ?.

Durant ces événements douloureux , Aldric s'occupait des affaires de l'Eglise.

En 815, craignant pour l'avenir de son monastère de Saint-Sauveur, il le plaça en 846 et 849, il

Il aurait voulu, en 853", se rendre à celui de

sous la dépendance de l'abbaye de Saint-Maur-des-Fos

$ assisla aux conciles de Paris”.

Soissons, mais la paralysie le contraignit de rester au Mans ". Dès lors, l'évêque infirme se vit contraint d'abandonner l'administration de son diocèse à son chorévéque David que l'on trouve souscripteur au testament d'Aldric, le jour de Pâques, 1er avril 837, à côté du doyen Ansteus et des archiprètres Godenus et Deduunus ©,

M. Julien Havet, dans son remarquable travail sur les Acles des évêques

du Mans *, a es

ayé d'établir qu'il faut attribuer la confection de ces mêmes Actes,

au moins leur premiére partie, de saint Julien à saint Aldric, au choré

que

() Au lieu de Coulaines-lè (Histoire de l'Église du Mans, W,

> Mans, dom Briant propose Coulaines au-delà du Loir, et dom Piolin Quélaines

à Aldrici, p. 187. — SH-S16, Guido, C chronico Namnetensi dans Historl et 219. — Les Chroniques des églises d'Anjou, pp

nomanensis comes. Fragmen- VII, pp. 48.

5, 157, 158, placent par erreur la mort de ce Guy en 835 ou 8:

ns des Gaules

(3) Des auteurs manceaux ont identifié à tort ce Ballon avec Ballon ou Vallon au Maine.

is minus C:

(1) « Karolus Britanniam Galliæ eum pau

ie adgressus, deficientibus suis rebus sinistra » fortuna universis, Cinomannos festinato revertitur, reparatoque excrcitu eamdem parat impetere ». Les annales de Saint-Bertin, p. 63.

ti in Brit «ti sunt, reliquis populis inermibus reversis ». Ce texte cité par colastique, p.88, ne dit pas, comme on l'a affirmé, que Noménoë fit abattre une partie des

(3) « Senior nniam dir

$ vero €:

M. Triger, Saint murailles du Mans (6) Eragmentum chronici Fontanellensis dans Historiens des Gaule, (7) Les annales de Saint-Bertin (édition de la & t. MI pp. 222, 223. —« » ditur » s Hisloriens des Gaules, NH, p. 2 (8) Baluze, Capilularia regum Francorum. Paris, 1677, L II, col. 1455. (9) Labbe, Concilia.

(10) En 853, CI Trois de ces mi

&. VII, pp. 42 et 43.

ciété de l'Histoire de F

ce), p. 72. Historiens des Gaules,

2, « Gausbertus, comes

enomannensis, insidiis Nannetensium circumventus occi-

chronic fratris Richardi

rles-le-Chauve nomma des commi:

res pour inspecter l'administration des provinces.

dominici furent envoyés dans le Maine, Calvi ad ann. 855. Baluze, I. p. 69.

(1) « Præterea Cenomannicæ

Anjou, le Perche et le pays de Séez. Capitul. Caroli

urbis Aldrieus episcopus, paralysi dissolutus, cpistolam direxit, causam sue » absentite insinuans abbe, Concilia (2) Gesta Aldrici, p. 8

(3) Publié dans la Bibliothèque de l'École des Chartes et à part: Questions mérovin

iennes, pp. 271-445.

David, préoccupé de légitimer l'institution des chorévêques. En même temps, il a défendu notre saint pontife contre l'accusation lancée par MM. Simson ‘et Paul

Fournier * chargeant sa mémoire de la confection des Fausses Décrétales du

pseudo-Isidore. Les arguments fournis par M. Havet semblent absolument pro-

bants*. Aldrie nous reste avec son auréole d'honnêteté, tandis que l'auteur des Aclus se révèle comme un imposteur et un faussaire *. Selon les Gesla ?, saint Aldrie aurait fait durant son épiscopat de vingt-quatre

ans, soixante ordinations, huit cents prêtres, neuf cents diacres, de nombreux

sous-diacres avec d'autres clercs el consacré sept évèques. Il mourut en paix en

856, l'année même de la proclamation de Louis-le-Bègue, fils de Charles

Chauve, comme duc du Maine’, au lieu de Robert-le-Fort, et fut enterré dans

l'église abbatiale des SS. Vincent et Laurent”. Le Martyrologe de l'Église du Mans

place sa mort au vir des ides de janvier (7 janvier) et sa translation au xvi des

calendes d'août (17 juillet *). Aujourd'hui sa fête qui se célèbre depuis le XIe siècle au moins”, est placée à la date du 11 février ".

La statue de notre évêque a longtemps surmonté la tour de la cathédrale ".

Une autre statue, sculptée par Chenillon, du Lude, et placée dans la chapelle

Saint-Pierre, le représente, sous les traits de Mur Bouvier, tenant une église dans sa main gauche.

J'ai raconté comment entre les années 836 et 840, saint Aldrie avait recueilli

dans sa cathédrale les reliques de

saint Julien et de plusieurs autres bienheureux.

Une relation, qui semble du XIe siècle, complète ce fait de la manière suivante :

« Aldric plaça les reliques de saint Julien sur l'autel situé à droite de celui des

SS. martyrs Gervais et Protais. Quant à celles des autres saints, il les mit, au

mieux qu'il pt, dans un endroit secret de l'église ©. Mais les miracles, dus à

l'intercession de saint Julien, s'étant multipliés, un évêque, qui vivait longtemps

(1) Die Entstehung der pseudo-isidorischen Falschungen.

(2) La Ques Décrélales (1887), p. 20.

(3) Questio: pp

(4) Questions mérovingiennes, p.

l'affirmation de l'apostolicité de 1

(5) Gesla Aldrici, p. 126.

(6) 856. « Karolus rex cum Respogio (Hérispoée, successeur de Noménoë), Britonum paciscens, filiam ejus

ion des Fauss.

et suivantes.

s mérovingiennes

D et passim. — C'est dans les Actus qu'on trouve pour la première fois

ise du Mans.

» filio suo Hludowico despondet, dalo ill ducatu Cenomannico usque ad viam quæe a Lotitia Parisiorum Turo- » num ducit ». Les annales de Saint-Berlin, p. 88. (7) Actus Pontificum, p. 285.

(8) « NII idus januarii, Cenomannis (depositio) sancti Aldrici, episcopi et confessoris. — XVI calendas

» augusti. Cenomannis, translatio saneti Aldrici, episcopi et confessoris ». Bibliothèque du Mans, Mss. 244, fol. 2 verso et 104.

(9) Charte du Cartulaire de Saint-Vincent (1067-1081), passée «in die ergo festivitatis saneli Aldrici Ceno- » mannensis episcopi ». Cartulaire, col. 38.

(10) Bréviaire.

(1) Elle fut renversée par la foudre en 1822.

(12) Les Gesta Aldrici, p. 124, disent que les corps saints furent placés «in confessione senioris ejusdem » æcclesiæ allaris ».

après la mort d'Aldric, transporta les restes de l'apôtre des Cénomans dans un nouvel autel, éminent, placé derrière l'autel des SS. Gervais et Protais. Dés lors saint Julien ne fut plus considéré comme un hôte, mais bien comme le patron de la cathédrale ! ». Il est assez difficile de préciser l'époque à laquelle le premier évèque du Mans devint le principal patron de l'église qu'il avait fondée. On peut croire que ce fut au Xe siècle, sous l'épiscopat de l'évêque Mainard ?. Au Xe siècle,

l'usage était établi de dé

ner la cathédrale sous le titre d'église de saint Julien ;

cependant, il arrivail qu'on ajoutait encore quelquefois à ce litre les noms des

SS. Gervais et Prota

ROBERT Her

Après la mort de saint Aldrie {per idem lempus}, Robert, homme pieux et d'une grande prudence, disent les Aclus", fut, d'un consentement unanime, appelé

à lui succéder. Dom Briant place le commencement de son épiscopat en 857,

Bondonnet, dom Colomb”, Cauvin, dom Piolin, en 856. Il siégeait certainement comme évêque du Mans au concile de Savonnières, en 859. Sous son pontificat, notre pays devail être cruellement éprouvé par les Normands et par les Bretons‘.

On a voulu, d'après le Trailé de la reversion de saint Martin, croire à une première occupation du Mans par les pirates du Nord, dès 852 ou 853, à l'époque de saint Aldric. Ce fait, rejeté par dom Briant, semble controuvé?, et il faut placer au temps de Robert la première incursion des Normands dans le Maine.

Dès 856,

harles-le-Chauve, en vue d'un mariage de son fils avec la fille d'Erispoé, héritière présomptive de la Bretagne, avait donné le duché du Maine

à Louis-le-Bègue. Salomon, craignant que la Bretagne lui échappât, tua son cousin

Erispoé el sunit, contre Charles-le-Chauve, avec des révoltés parmi lesquels se distinguait Robert-le-Fort. Salomon, à la tête des conjurés, envahit (858) le (0) « Post longa translationis tempora visum est ecclesiæ, clero et illius temporis episcopo, ut de loco

» in quo primum positus fuerat eum tollerent, atque honorificentius collocarent, In eminentiori vero loco » ecclesiæ, retro altare sanclorum martyrum Protasii et Gervas

n sublime al

e cjus fabricaverunt, et cum

» non jam quasi hospilem, sed quasi patronum proprium, Deo volente, honorificè posuerunt ». Actus Ponlificum, p. 62, dans /ncipit translalio beali Juliani episcopi. @) « Patroni almi corpus beati videlicet Juliani episcopi, ex theca vetustate consumpta (Mainardus) extraxit ». k

Actus Pontificum, p. % (3) 1096, 25 juillet. « Gaufridus quidem decanus ecclesie predicte sanctorum Gervasii et Prothasii et sancti » Juliani ». Livre blane (imprimé), p. 108, nv 190 (1) La deuxième partie des Actus Pontifieum, dont un par une copie de Du Chesne et par diff

fragment, de 832 à 1064, ne nous :

é transmis que

rents auteurs, mé dom Colomb (ce qui d'ailleurs bénédiclin de Saint-Maur, publiée en 1837.

te bien plus créance que la première.

st contestable) l'Histoire des évêques du Mans par un ancien

(6) « Qui et ipse non solum a prædictis paganis, sed etiam a Brilonibus.…. persecutionem sustinuit ». Actus, p. !

(7) CE M. G. de Lestang, Dissertation sur les incursions normandes dans le Maine, pp. 14-23, 28.

LES ÉVÈQUES CAROLINGIE)

erritoire manceau et en chassa Louis !. Robert-le-Fort étant rentré dans le devoir, en 861, Charles-le-Chauve le remit à la tête de ses anciens gouvernements, tandis que Louis-le-Bègue se révoltait à son tour. Ce dernier ravagea l'Anjou et les rovinces voisines en 862, mais, bientôt battu, il se vit contraint de faire sa

soumission. Charles-le-Chauve, voyant ses ennemis affaiblis, crut qu'il était

emps d'entrer en campagne pour réduire le reste des conjui Il vint au Mans

(863) d'où il s'avança jusqu'au monastère d'Entrammes, près de Laval. Le duc de

3relagne, Salomon, ne le laissa pas aller plus loin. Avec ses fidèles Gozfrid,

Roric, Hervé et autr

il se rendit à Entrammes même pour prêter serment de

idélité au roi. Après cet accommodement, Charles-le-Chauve rentra au Mans,

où il célébra la fête

e Pâques”. Quelques mois plus tard, le 29 octobre, dans une assemblée tenue à Verberie, le roi déclara faux certains documents sur

esquels, à l'exemple de saint Aldric, l'évêque Robert s'appuyait pour revendiquer

a possession de l'abbaye de Saint-Calais”. Le pape Nicolas Ier s'était d'abord

ion.

>rononcé en faveur de notre évêque, mais il fut obligé de revenir sur sa déci

L'année suivante (864), Robert, envoyé par Charles-le-Chauve, gagna Rome

avec Rothade, ue de Soissons

Dans le temps que Roricon IT, comte du Maine, fut tué en Neustrie par les

Normands”, ceux-ci, unis aux Bretons, surprirent Le Mans pour la première fois

en 865 el après le pille

ge regagnérent leurs barques. Au nombre de quatre cents,

y compris des Brelons,

ils recommencèrent leur exploit peu après (866) et saccagérent de nouveau notre malheureuse cité. Au retour, Robert-le-Fort les surprit à Brissarthe, en Anjou. Ce fut là que le valeureux guerrier trouva la mort”. Robert était-il revenu de Rome à l'époque de ces événements ? On peut le croire, Toujours est-il qu'il assistait au concile de Soissons le 18 août 866° et qu'il se trouvait à Tours le 29 septembre de la même année à la consécration

d'Electran, nouvellement élu au siège de Rennes”.

La ville du Mans devait se relever de ses ruines. Dés 869, Charles-le-Chauve or-

donnait d'en réparer les fortifications ”. En 873, le roi vint lui-même dans nos murs

() Les annales de Saint-Bertin, p. 94.

(2) 11 avril 865.

(3) Les annales de Saint-Bertin, pp. 125-126. — Pour plus de détails, voir l'abbé L. Froger, Cartulaire de Saint-Calais, pp. XI-XUIL.

() Les Annales de Saint-Bertin, p. 135.

(5) Ibid., p. 1

(6) Zbid., pp. 151, 152

(7) Ibid, p. 1

(8) 866, XV riæ Brilanniæ armoricæ, dans Historiens des Gaules, NH, p. 51

Les annales de Saint-Berlin, p. 118,

sept. — Concile de Soissons. « Rotbertus, Cenomannensis episcopus ». Fragmentum histo-

(2) Dom Briant, Cenomania. — Noir sur Electran (El la province de Tours, p. 86, note 2.

(10) Annales de Saint-Berlin, p. 199.

anus), abbé Duchesne, Catalogues épiscopaux de

80 LAMCATHÉDRALE DU MANS

et y donna, le 12 octobre, une charte en faveur de l'abbaye de Saint-Vincent !. D'après l'opinion de quelques modernes, les Normands auraient fait une nouvelle 3. M. de Le

excellente dissertation sur les Zncursions normandes dans le Maine, dissertation

excursion dans le Maine en cette même année

ang, l'auteur d'une

qui parait un guide sûr, n'y croit guère. « Une preuve que la capitale du Maine,

écril-il, était à ces époques considérée comme un lieu sûr, cest que l'abbé de

Saint-Laumer de Blois, après avoir abandonné son monastère envahi par

les pirates en 872, choisit notre ville pour s'y réfugier et y resta jusqu'en 874

avec les reliques de son patron ». Qui plus est, dans une lettre de 873, adressée

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