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reproché à la ville du Mans et à l'ingénieur Bruyère de n'avoir pas respecté les restes de cet
, lors de la création de la promenade des Jacobins. Ce reproche est parfaitement fondé, En
détruisant ces précieuses et encore importantes murailles, la ville du Mans s'est privée d'une attraction de
premier ordre, Il existe un dessin de ces curieuses ruines à la Bibliothèque du Mans, 1088 1, Vues par Moulin.
(3) Saint Aldrie avait un frère nommé Isaac, père de Rotgarius (Gesta Aldrici, p. 101). Peut-être, y a-til
du Mans
un rapprochement à faire entre cet Isaac et le nom d'Isaac donné au ruisseau et à la vallée où saint Aldric établit son aqueduc.
LES ÉVÈQUES CAROLING
IENS 69
de la régularité des chanoines, qui, jusqu'à lui, avaie
prêtres séculiers, habitant çà et là dans la ville, i maison et finalement leur fit édifier à l'entour de vaste
racontent les Gesla, Aldrie « construisit des loils ne
» logements pour tout ce qui était nécessaire aux €
nt vécu un peu comme des leur abandonna sa propre s bâtiments. Dans ce cloître !, ufs et doubles et y fit divers
1anoines. EL dans ce même
» cloître, il bätit une église qu'il consacra d'une manière solennelle, en Fhonneur
» de saint Etienne et de tous les Saints, le 5 des ides «
Aldric érigea six aulels dans la nouvelle église «
au fond de l'abside?, en l'honneur de sainte Sophie,
et des sandales de Notre-Seigneur, dans la confessic
dans la partie supérieure et au côté droit de ladi
e novembre ».
e Saint-Étienne, le premier, avec des reliques de l'éponge
do
on: le deuxième, également
e église, en l'honneur des
SS. Sébastien, Vincent, Gervais, Privat”, Quirinus, Nabor et Nectaire, martyrs
du Christ: le troisième à la partie supérieure de l'église et à gauche, en l'honneur
de la Sainte Vierge, de saint Clément, évêque de Rome et martyr, des SS. Aubin,
Amant, Arnoul, Martin, Clément, premier évèque de Metz, Ouen, Martial,
Benoit, Paterne et Sylvestre, confesseurs de Jésus-Christ.
Les trois derniers autels furent placés dans la partie souterraine de la même
église", le premier, dans l'abside, était dédié à saint Etienne et à tous les Saints;
et à saint Mathieu,
le deuxième, à droite, aux SS. Paul et Jacques, apôti à g;
gauche, aux SS. Théodore, Julien et Lambert,
apôtre et évangéliste: le troisième,
martyrs. Chacun de ces autels reçut des reliques. La consécration du nouveau temple eut lieu le 9 novembre 834, la vingtdeuxième année du règne de l'empereur Louis-le-Débonnaire et la troisième de
l'ordination de saint Aldrie comme évêque du Mans ?. Pendant les premières années de son pontificat, saint Aldrie entreprit une des SS.
et Innocent, devenue trop étroite pour contenir la foule des fidèles. Il commença
véritable reconstruction de la cathédrale primitive Julien, Victeur
par jeter les fondations d'une nouvelle abside dont le chevet, limité par l'enceinte
gallo-romaine de la ville, ne pouvait guëre dépasser le milieu du chœur actuel.
Ce chevet était entouré d'un déambulatoire.
Les Gesla Aldrici parlent longuement de ces constructions el des consécra-
(1) L'abbé Voisin (Les Cénomans anciens el modernes, p. 285), place le cloître bâti par saint Aldrie, sur l'emplacement de la rue du Doyenné. Il était certainement, ainsi que la maison de l'évêque, silué de ce côté Mdrici, p » signifient au contraire à l'orient : Primum enim in dextera et in orientali parte, ete.
«in dextera et australi parte... æ siæ ». Gesla 79. Ailleurs dans les Gesta (p. 15), les mots in
era æCcl
dexi
(2) In med bsida.
(3) Peut-être faut-il remplacer Privat par Protais. « Saneti que Privati », semble être une faute du copiste des Gesta Aldrici
(4) « In subteriori ergo parte et in absi du Mans, H, p. 13
(5) La troisième année de
à ipsius æcclesiæ ». Gesta Aldrici. Dom Piolin, Histoire de L Église
8, traduit mal, je crois, par : « En avant, du côté de la nef, on avait disposé trois autres autels ».
iscopat d'Aldrie ne commençait réellement que le 22 décembre 834.
tions d'autels faites alors par le saint évêque. On en peut résumer ainsi le récit :
Le 11 des calendes de décembre (21 novembre) 834, indiction xmr, vingt-
deuxième année du règne de l'empereur Louis-le-Pieux, la troisième année! de son ordination épiscopale, Aldric consacra solennellement l'abside de la cathédrale qu'il venait de faire somptueusement construire, avec déambulatoire, et dans laquelle il avait érigé un autel merveilleusement travaillé, surmonté d'un ciborium d'or et d'argent ?. Cette abside avec son autel principal furent dédiés en l'honneur du saint Sauveur, de la sainte Vierge et des saints martyrs Gervais, Protais et Étienne.
Le même jour, il consacra les dix autels suivants :
Dans les déambulatoires*, 10 à droite, à lorient, autel consacré en
l'honneur des SS. Martin, Hilaire, Germain, Vaasl, Domnole, Calais, Rigomer,
confesseurs
; 20 à droite, au milieu du déambulaloire, autel des SS. Pierre, Jean l'Évangéliste, André et de tous les saints Apôtres ; 30 dans la partie occidentale, dans le solarium même, autel de {ous les Saints; 49 dans le déambulatoire à gauche, vers la partie orientale, autel des SS. Denis, Laurent, Rémy, Médard, Boniface, Ruslique el Eleuthère, martyrs et confesseurs ; 59 au milieu du déambulatoire, dans le solarium à gauche, autel de la sainte Vierge, des saintes Anaslasie el Cécile et de loules les vierges saintes.
Dans la partie inférieure * : 60 à lorient, au côté droit , autel des SS. Ambroise, Benoit, Grégoire, Augustin, Julien, Jérôme, Viger, confesseurs : 7 hors du chœur
à droite, autel des SS. Georges, Félix, Symphorien, Sixle, Tiburce, Marcellin et
Pierre ; 8 dans le côté oriental, à gauche, autel des saintes Scholaslique, Agnès,
Lucie, Clodesinde, Afre, Gerelrude, Aldegonde, vierg 9% hors du chœur, à
gauche, autel des saintes Agathe, Félicilé, Sabine, Euphémie, Perpélue, Brigide,
Geneviève, vierg Au milieu de cette partie de l'église se trouvait : 10 l'autel érigé en l'honneur de la Très Sainte Trinilé, avec un Crucifix d'or el d'argent, merveilleusement travaillé, qu'Aldric fit ériger au-dessus.
Tous ces autels, qui reçurent des reliques de leurs saints respectifs, se trouvaient dans l’abside de la cathédrale, sursum el deorsum *.
(1) On doit probablement lire deuxième année, car la troisième année d'Aldrie ne commençait que le 22 décembre 831.
(2) « Aldricus episcopus fecit lugurium, quod et ciborium nominatur, super altare seniori quod est sacra- » um, ut præfixum est, in honore domni Salv:
atoris et sanetæ Dei Geni
is Marite atque sanctorum martyrum » Gervasii et Prothasii sive saneti Stephani necnon et simul in ven
ione omnium Sanctorum. Ipsum enim » ciborium auro ct
gento mirifice, sicut hodie apparet, fal » deauratas desuper configere præcepit ». Gesta Aldrici, p. 57. (3) € in prædictis denmbulatoribus ».
(4) « Deorsum ».
icare studuit, in quo et kannas argenteas et
() Il est assez difficile de préciser la signification de ces mots. Certains auteurs ont rendu sursum par galerie formant étage et deorsum par rez-de-chau
Je crois que sursum signifie l'église supérieure et deorsum la crypte
LES ÉVÊÈQUES CAROLINGIENS 71
Après la partie absidale de l'église mére, située à lorient, saint Aldric songea à la partie occidentale. Il la reconstruisit, et la consacra en 835, le 11 des calendes de juillet (21 juin), l'an vingt-troisiéme du règne de Louis-le-Pieux, et la troisième
année de son ordination". Il y érigea trois autels ?: 10 un autel en l'honneur de
saint Jean-Bapliste ; 2 à droite, un autel en l'honneur des Chrislophe, Hyppolile el Saturnin, martyrs : 30 à gauche, un autel en l'honneur des $$. Victur, Vicleur, Brice, Ernée, Baumade, Almir, Ulphace, Julien, premier évêque du Mans, Thuribe, Pavace, Liboire, confesseurs. Des reliques de tous ces saints y furent déposées.
Il parait résulter du récit des Gesla que saint Aldric accomplit une consécration générale de toute la cathédrale, en l'honneur du saint Sauveur, de la sainte
Vierge, des SS. martyrs Gervais, Protais el Étienne, le 11 des calendes de janvier
(22 décembre), jour anniversaire de son ordination. La date de la première consécration par saint Julien, le 15 août, fête de l'Assomption, était tombée en
oubli
Pour compléter son œuvre, le pieux évèque, garnit les clochers de l'égli mère de douze cloches d'excellent métal ”°.
On ne saurait se figurer exactement la cathédrale d'Aldric au moyen des données précédentes tirées des Gesla. Ce dernier ouvrage, publié plusieurs fois d'après un manuscrit du XIe siècle de la Bibliothèque du Mans, et attribué en
partie à Aldric lui-même”, est une œuvre grammaticalement médiocre, où les
répétitions gauches, les longues incises, jettent trop souvent sur le texte une
grande obscurité. Cependant, il est peut-être possible d'établir approximalivement
le plan du monument. Je vais en essayer la reconstitution.
A l'orient, dans l'axe de la cathédrale actuelle, se développait sur l'emplacement de l'abside de saint Innocent, la nouvelle abside d'Aldric, entourée d'un
déambulatoire ou solarium”. Au milieu, dans le chœur, s'élevait, sous un cibo-
. undecimo vero k avit occidentalem
endarum juliarum die, sollempniter conse
atis senioris æccle:
ris et Cenomannicæ civ
» partem sæpediete r quam et a novo fundavit et mirabiliter
» ornavit, ad effectum quoque usque perduxit ». Gesla Aldriei. Saint Aldric ordonna d'entretenir de nombreuses lumières pendant la nuit devant les autels de la cathédrale, particulièrement devant l'autel de la Sainte-Trinité ou du Cruci
(2) Gesta Aldrici, pp. 16 et 17. A la p. 66 des mêmes Gesla, on lit qu'Aldric fonda quatre autels dans la