‹ La cathédrale Saint-Julien du MansChapitre 25 sur 236 · LES · texte numérisé non relu

LES

sions précédentes, les exploits des pirates

réduisirent à des dilapidations, à des massacres, sans prise de possession du pays. Souvent battus, rarement vainqueurs, écrit le chroniqueur contemporain Abbon, les païens furent enfin contraints d'abandonner ces parages, défendus par d'intrépides guerriers, parmi lesquels on distingue un comte Godfrid. Le moine écrivain, qui prit une part glorieuse à la défaite des barbares, termine sa narration des événements par ces

deux vers :

« Nec salius quicquam sortili apud hi Cinomannos

« Haud equidem reliqueæ cesserunt suavius urbes ! ».

Un autre historien, le moine Richer, écrivain du X

iécle, fait connaitre que dans l'espace de cinq années, sur le sol de la Neustrie, le vaillant Eudes, fils de Robert-le-Fort*, mit neuf fois les bandes scandinaves en fuite, et les battit complétement sept fois. Les succès de ce prince, ajoute notre auteur, furent tels qu'en 889 les païens du Nord avaient évacué le royaume *.

Le seul document intéressant de l'épiscopat de Lambert qui nous soit parvenu est une lettre du pape Etienne VI‘ écrite à l'évêque du Mans, entre les années 885 et 890. Notre pontife s'était adressé au siège apostolique au sujet d'une femme nommée Hildegarde, qui avait été condamnée à sept ans de pénitence pour avoir tué ses enfants. Le Souverain Pontife, désirant se montrer miséricordieux, répondit à Lambert que cette malheureuse pourrait communier aux fêtes de Noë

ses jours dans un cloître ?.

de Pâques, de la Pentecôte et des Apôtres, mais qu'elle devrait terminer

Il ne peut entrer dans mon plan de discuter ici la date de la Réversion des

reliques de saint Martin de Tours. Certains auteurs assignent à cet événement l'année 887, d'autres 912 et 914 Dom Piolin accepte la date de 887 et nous

dit que le corps de saint Martin « fut reçu à Tours par l'archevêque Adalard,

» accompagné de son clergé, de son frère, Aimon’, évêque d'Orléans, et de ses

» suffragants Lambert du Mans et Saint-Loup d'Angers ? ».

Le R. P. introduit dans son récit le nom de Lambert parceque celui-ci était

(1) Les Normands ne

éussirent pas davantage auprès des Cénomans, et les aütres villes ne leur cédèrent

pas plus volontiers la victoire. Lutelia & Normannis obsessa (2) ance en 888.

(3) «Odo rex, pyratas, signis collatis, intra Neustriam septies fudit ac in fugam neuvies compulit…. immo, » à finibus Galliarum penitus eliminavit ». Richeri historia, lib. 1, anno 889. Cf. M. G. de Lestang, Incursions

normandes dans le Maine, p. 30.

udes, comte de Paris, roi de F

(4) « Stephanus VI, dictus V », pape de 885 à 891, Ciaconins, col. 311. (5) « Stephanus, Lamberto, episcopo Cenomanensi. — Lecta epistola a sanctitate tua nobis dir Migne, Pat. lat., & EXXIX, col.

(6) Li xaimon.

(7) Église du Mans, t. I, p. 461.

ta, etc. ».

évêque du Mans en 887: mais les textes anciens portent au lieu de Lambert le nom de l'évêque Mainold ! (probablement Mainard) qui vivait au Xe siècle. Par

ailleurs, l'auteur de l'Histoire de l'Église du Mans se méprend en faisant

r saint Loup d'Angers à la réversion des reliques. Saint Loup vivait vers le VIle siécle et l'évèque d'Angers de 887, se nommait Rainon *.

Lambert mourut le 13 décembre”; le Gallia dit, par erreur, le deux des ides (12 décembre), Le Corvaisier, Bondonnet, dom Colomb, dom Piolin et autres, le 23 décembre, en renvoyant au Marlyrologe qu'ils ont mal traduit. On ne

connait pas le lieu de sa sépulture. Dom Piolin * croit toutefois, mais gratuitement,

qu'il fut enterré dans l'abbaye de Saint-Vincent, à côté des deux Francon, de saint Aldrie et de Robert Ier.

Un siècle avant Lambert, il s'était produit une intéressante innovation dans

glise de France. Je veux parler de l'introduction du sacramentaire grégorien.

Dans une lettre du pape Hadrien à Charlemagne, écrite entre 784 et 791, il est dit

que le roi avait, peu de temps auparavant, demandé qu'on lui envoyât de Rome e sacramentaire arrangé par saint Grégoire et que le pape le lui avait expédié ar le moine Jean de Ravenne.

Aussitôt arrivé au-delà des Alpes, le sacramentaire fut copié à un très grand

nombre d'exemplaires. Toutes les églises, apparemment, furent obligées de ‘adopter pour base de l'ordre liturgique. Bon nombre de copies exécutées sous

Charlemagne el ses premiers successeurs se sont conservées jusqu'à nos

jours ?.

L'Église du Mans ne fil pas exception à la règle générale et, dès l'origine, elle

dut avoir son sacramentaire grégorien dont nous possédons une copie de la

seconde moitié du IXe siècle, du temps d'Aldric, de Robert Ier où de Lambert.

Ce manuscrit, provenant de la cathédrale”, est conservé sous le n° 77, parmi les

manuscrits de notre bibliothèque municipale. Il se compose de 204 feuillets «

() « Domino igitur, ut diximus, Turonensi Martino Turonim suam in millibus suis ingrediente tota civitas

» obviam ruil, et ab Adalaudo, archipræsule Turonensi, et fratre ejus Raimone, Aurelianensi, et Mainoldo

ulanter p.54.

Page 1