‹ La cathédrale Saint-Julien du MansChapitre 3 sur 236 · LES CÉNOMANS · texte numérisé non relu

LES CÉNOMANS

M. le vicomte de Ponton d'Amécourt a expliqué de la manière suivante

Re:

ymologie du nom de notre ville”. D'après lui, « Le Mans, Cenomannis, capitale

» gauloise de la cité des Aulerci-Cenomanni, s'appelait primitivement Suindinum » ( Windinum). Comme la plupart des capitales gauloises, elle prit dans la suite » le nom du peuple. La première et la troisième syllabes étant accentuées, les » voyelles de la deuxième et de la quatrième disparurent d'abord et l'on eut la » forme Cen' man's ; ln se changea en { par un phénomène semblable à celui » qui de Fanemarlis à fait Falmarlis » (Fammart).Vers la fin de l'époque méro-

» vingienne, la langue vulgaire transporta

» l'E ce qui produisit Cleman's. Sous les

» Carlovingiens, le C initial devint une

» Simple aspiration: Hliman's?; puis cette

» aspiration tomba”, enfin la premiére

» syllabe de la forme définitive Leman's » fut confondue avec l'article tlle, Le, et » l'on déclina le nom sur le type de l’ar- » ticle, en ajoutant la forme invariable » Mans au cas variable, ille, de illo, ad » illum de l'article pronom, ce qui a pro-

duit Le Mans, du Mans, au Mans ».

Pendant l'occupation romaine, la

ville se modifia profondément. A l'abri

du danger, ses habitants abandonnèrent u , APPAREIL GALLO-ROMAIN DES MURS DU MANS

l'emplacement restreint de l'oppidum pri-

mitif, au sommet de la colline, pour construire, au-delà des deux cours d'eau.

de luxueuses habitations et des bains alimentés par des aqueducs. C'est alors qu'un

aste amphithéâtre fut élevé sur la rive gauche du ruisseau d'Isaac, à l'endroit de

la moderne rue des Arènes‘. Il est impossible de connaître la date de construction

de cet amphithéâtre dont on a trouvé quelques débris. En cela nous sommes

(1) Recherche des monnaies mérovingiennes du Cenomannicum. Mamers, G. Fleury et A. Dangin, 1883, p. 49. @) Cf. Hlotarius de Clotarius, Hludovicus de Clodovechus. (3) Cf. Louis de Hludovicus.

(4) L'Amphithéâtre du Mans, reconnu en 1791, était, d'après Maulny, « de forme cireulaire et non ovale comme dans la plupart des amphithéâtres ; son diamètre intérieur était de

8 pieds, et celui de l'arène de 2. Quatre estrades cireulaires de 17 pieds de largeur chacune coupées par des murs de refend de 16 pieds spaisseur soutenaient des galer

s voûtées qui régnaient autour du cirque. En caleulant l'étendue de l'emplacement, les sièges pouvaient contenir 7000 spectateurs ». Daudin, £:

ai sur les poleri , pp. 8 et 9. — Renouard,

omaines el les nombreux

objets d'antiquités qui ont été trouvés au Mans en 180 s historiques sur la ci-devant

province du Maine, {. I, p. 59.

moins heureux qu'à Angers, où nous voyons un cirque bâti en l'honneur de Minerve par le consul Rufin, en l'an 345 de Jésus-Christ !.

On ne sait rien ou presque rien des Cénomans depuis la conquête de la Gaule par César jusqu'à l'arrivée des Barbares dans notre contrée vers le IVe siècle. Après un soulèvement des Andes et des Turones, en l'an 21 de notre ére, soulévement auquel peut-être prirent part les Cénomans, s'établit, selon l'expression de M. C. Port, « la » paix romaine, dont l'illusion » complète nous est surtout don- » née par l'absence de toute his- » loire pendant trois siècles. Dans » ce silence et dans cette ombre, » reslés pour nous encore pres-

» que impénétrables, toutse trans-

» forme sous la domination irré- » sistible d'une civilisation supé- » rieure ? ».

Vers la seconde moitié du

Ile si

territoire furent en proie à une

cle, les habitants de notre

terreur profonde, motivée par l'apparition de bandes armées qui pillaient et incendiaient les villæ

assises à mi-côle des collines de

la Sarthe, de l'Huisne et de leurs ! affluents. Les anciens historiens, TOUR DE L'ENCEINTE GALLO-ROMAINE DU MANS Vopiscus, Orose et autres, relra-

cent d'une manière générale ces faits, que de récentes découvertes archéologiques ont mis en lumière dans notre province. Les ruines exhumées à Allonnes, près du Mans, à Jublains, dans la Mayenne, à Roullée, près de Mont-Saint-Jean, et

ailleurs, les fouilles des villæ de Roches et de la Cour à Sceaux, de Planchette à

Saint-Jean-des-Échelles, ont révélé la présence d'importants établissements « étruils

() C. Port, Dictionnaire de Maine-et-Loire.

2) C. Port, Dictionnaire, t.I, p. IL.

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