Il ne as perdre de vue qu'à cette époque, les envi
rons du donjon devaient être encombrés de maisons en bois reliées à la cité par d’autres logis situés devant la
Juliani
porte de la cathédrale, comme la maison « Grentonis, sita ante portam Sanc . Cart. de Saint-Vincent,
col. 52. Quelques-unes de ces maisons, celle de l’archidiacre Foucher, en particulier, se trouvaient près de la porte de la Tour. Martyrologe au 7 des calendes de juillet. () M. A. Dieudonné, dans son travail sur Hildebert de Lavardin, Revue du Maine, XLI, 7 cet épisode, ne parle que de la tour nord de la cathédrale. Les Actus indiquent positivement « turres ecclesiæ ». @) « Rex ille
en racontant
. tanquam leo ferocissimus, terribilis habebatur ». Actus, p. 309. 308, 309.
r la cathédrale du Mans, p. 67
(3) Actus, pp.
() Recherche.
(5) Pour obéir aux ordres de Henri Ier, dit M. Lefebyre-Pontalis. Revue du Maine, XXN, 31
glise du Mans, au 5 des ides de juillet, contient un long article relatif au comte élie. On y lit en particulier : « In r
(6) Le Martyrologe de LÉ
dificatione autem hujus ecclesiæ, præter alia quedam ecelesiastica bene- » ficia, EXLNIT aurcos dedit; ad suggestionem quoque Ildeberti, episcopi, beati Juliani lectum in quo nunc sanc-
ÉVÈQUES DU XIe ET DU XII SIÈCLE
captivité au château de Nogent-le-Rotrou où il fut retenu traitreusement en y venant de la part du comte du Perche, prisonnier dans la grosse tour du Mans, du gendre d'Hélie, Foulques-le-Jeune, comte du Maine.
Malgré le trouble apporté dans le diocèse par la présence de l'hér
siarque Henri, Hildebert travaillait à l'œuvre de sa cathédrale pour l'achèvement de
laquelle il avait récolté d'importantes sommes jusqu'en Htalie!.
Tout d'abord, il avait construit la maison capitulaire qu'il avait enrichie de
vitraux *. Celle maison capitulaire, ou salle du chapitre, qu'il faut distinguer des
cloitres des chanoines bâtis vers la partie méridionale de l'église, se trouvait du
côté nord, sur le terrain concédé autrefois par Gervais de Château-du-Loir, Abandonnée vers le XIIe où le XIVe siècle pour une nouvelle salle construite au midi, elle était connue au XVe siècle sous le nom de Vieux Chapitre.
Il est permis de supposer, mais sans qu'il soit possible d'en faire la moindre preuve, que les vitraux de la salle capitulaire furent exécutés par un chanoine
nommé Guillaume, qualifié de virarius dans plusieurs actes et qui vivait du
temps d'Hildebert. Ce Guillaume, verrier, donna au Chapitre vingt sous pour
faire un Passional* et la maison qu'il avait édifiée au moyen du travail de ses
mains”, pour être vendue au profit des églises et des pauvres
Jusqu'à Hildebert, les maisons épiscopales se trouvaient au midi, dans le
cloître des chanoines. L'évêque les fit reconstruire à l'orient de la cathédrale auprès de la chapelle du Saint-Sauveur, dans le domaine donné jadis par Gervais
de Château-du-Loir’, et nc
1 loin de la salle capilulaire. Mais, ces œuvres el
les travaux qu'il entreprit à Yvré, ne pouvaient absorber son activité qui se
déploya complètement dans l'achèvement de l'église.
L'édifice construit par Arnaud et Hoël comprenait un chœur, les transepts, deux tours el des bas-côtés. La nef centrale n'existait pas, où plulôt ne présentait qu'un abri provisoire, depuis les premiers travaux de Vulgrin. Hildebert termina
» Lissima jus membra requiescunt, ex argento fecit et auro. Idem preterea viam universe carnis ingrediens ad
» faciendam unam erucem, ciphum, XL et VIT unciarum puri auri, et ad componendum turibulum cotidianum
» IT marcas argenti, et canonicis V mareas dlonavit ». Voir Actus, p. 511.
G) & X kal. julii. Sie obiit Rogerius, comes Sicilie, qui «d faciendum opus ecclesie bealt Juliani, centum » uncias auri el canonicis decem libras Cenoman. moncte, per manus Ideberti, venerandi pontificis, de » Sici II kal. à » filius ejus Rogerius, scilicet ejusdem Apulie dux, per venerabilem virum scilicet Hildebertum, Cenomannen-
ansmisit #.
g. Sie obiit Robertus Guiscardus, dux Apulie, pro cujus anime remedio,
» sem cpiscopum, ler pallia et ureeum
deum optimum ad vinum, et cpiscopalem aureum anulum et
» centum libras {huris, Cum una argentea ace
rolunda, et capsam churne:
un et flabellum, de Apuleia nostre
» transmisit ccelesie ». Martyrologe. Noir aussi les Actus (avec v:
jantes), p. !
@) « Continuo namque domum capituli, quæ ibi ex mullo tempore nulla penitus habebatur, laudabili opere » cœpit a fundamentis construcre, camque decenter et undique vitreis illustravit ». Actus, p
(@) Dans un procès en 1422, entre Adam Chastelain et ses chanoines, il est question du Vieux Chapitre qui avait été cédé à l'évêque. Cf. La Province du Maine, L I (1894), p. 86.
(4) Martyrologe no 241, au 15 des calendes de mai.
6) « Domum propriam quam labore manuum suarum cdificaverat ».
(6) Livre blanc. (Imp.), p. 105.
(7) Actus, p. 310.
celte partie du monument‘. Son architecte fut un moine de la Trinité de Vendôme, nommé Jean”, qui lui fut prêté par l'abbé Geoffroy et qu'il garda longtemps sans tenir compte des réclamations et des excommunications lancées contre lui.
La cathédrale, commencée en 1060, sur les plans de Vulgrin, était enfin achevée au bout de soixante ans”, et la Dédicace s'en fit avec pompe, à l'octave de Pâques, jour des Grandes litanies (25 avril) 1120, en l'honneur de la sainte Vierge, des SS. martyrs Gervais et Protais et du très pieux confesseur Julien.
A cctle dédicace assistérent des archevêques, des évêques, des abbés et de
nombreux curés des églises voisines". Guillebert où Gilbert”, archevêque de
Tours, consacra le grand autel en l'honneur du Sauveur, de la sainte Vier
et des SS. martyrs Gervais et Protais. Geoffroy‘, archevèque de Rouen, ancien
doyen du Mans et compétiteur d'Hildebert, consacra l'autel du tombeau de saint Julien, en l'honneur du même confesseur, et Hildebert l'autel placé dans la partie la plus honorable de la crypte”, sous le chœur, en l'honneur de la sainte
Vierge et de tous les Saints. Marbode, évêque de Rennes, vénérable vieillard,
privé de la vue, mais d'une sagesse et d'une vertu admira les, consacra l'aute
placé dans le transept de droite, en l'honneur des SS. apôtres Pierre et Paul et de
tous les apôtres. Renaud, évêque d'Angers, homme d'un esprit délié”?, qui, par
la faveur du roi de France, Louis VI, devait occuper le siège de Reims, con-
sacra l'autel du Crucifix en l'honneur du Sauveur et en mémoire de la sain
Croix ".
Foulques, comte d'Anjou et du Maine, et Héremburge, sa femme, fille du comte Hélie, assistérent à celte imposante cérémonie. Quelques jours plus tard, élant entrés dans la cathédrale, accompagnés de nombreux barons, et se plaçant
devant Fautel de Saint-Julien, en présence d'Hildebert et des chanoines, ils
accordèrent à la ville du Mans, à l'occasion de l'anniversaire de la dédicace de
) « Hildebertus protractum fuerat, suo tempore insistens
tem opus ceclesiæ, quod per longa tempor:
» consummare, dedicationem ultra quam res exposcebat accelerans, multa inibi necessaria inexpleta præ- 0,
€) « Joannes cœæmentarium esse monachum, ete. ». Voir à ce sujet les lettres de Geoflroy, abbé de la Trinité de Vendôme. Migne, Pal. lat., CLNIL, lib. I, ep. 16 29, 30.
(3) « … Que videlicet tantos sumtus tantumque studium exposcebat, ut sexaginta annorum spatio nequa-
» teriil ». Actus, p
» quam consumnm
à potuerit ». Actus, p. 287, au chapitre d'Arnaud.
(4) « Archiepiscopi vero, episcopi plures cum abbatibus et multis vicinarum ecclesiarum personis venera- » bilibus in hac consecratione affuerunt ». Actus, p. 320.
(5) & Vir genre generosus, … ælate juvenis ». Actus, p. 320.
(6) & In quo litterarum scientia, morum maturitas, diserela justicia, ordinala fulgebat liberalitas ». Actus,
(7) & In superiori et digniori erypta ». Actus, p. 320. — Dom Piolin, I, 565, traduit par Notre-Dame-du- Chevet !
(8) Probablement du côté de l'évangile, c'est-à-dire le transept nord.
(9) « Homo versutus ». Actus, p. 321. Ver gnifier fourbe, astucieux, hypocrite. ant, Adam, originaire du Maine et chanoine du Saint-Sépulcre, avait envoyé à de Braite ix, et différentes autres reliques de T
uus peut encor (10) Quelques années aupai Hildebert, par le vicomte R. et G.
, une croix dans laquelle se trouvaient deux croix formées avec du
bois de la Vr
Sainte. Le tout avait été transporté solennelle-
ment dans la cathédrale à in canticis et organis » le mardi de Pâques 1116, Actus, p. 312.
l'église-mère ', une foire qui devait durer trois jours, c'est-à-dire le samedi, le dimanche et le lundi. Quand ce don eut été accepté par tous, le comte, qui avait l'intention de se rendre à Jérusalem, prit dans ses bras son fils Geoffroy (Plantagenet) et le plaça sur l'autel de Saint-Julien en disant à haute voix: « A » oi saint Julien, je recommande mon fils et ma terre. Sois-en le défenseur et le
» protecteur ! » Il dit, laissa l'enfant sur l'autel et s'éloigna en versant d’abon-
dantes larmes
Dans l'impossibilité où je suis d'énumérer ous les dons d'objets précieux faits à la cathédrale, par des seigneurs, des chanoines ou d'autres personnes sous
l'épiscopat d'Hildebert, je me contenterai de rappeler
que de son temps, pendant les cérémonies du culte, dix-huit cierges brülaient au-dessus de la porte du chœur”, el que l'évêque fit faire une grande croix, cou-
verle de pierreries et d'ornements, des châsses revêtues
de lames d'or et d'argent pour renfermer les reliques des SS. Thuribe, Victeur, Innocent et de nos autres saints évêques, de sainte Ténestine, de sainte Ade et du rêtre saint Hilaire. D'autres reliques trouvées dans
de vieilles chàâsses furent mises dans un sarcophage en
ierre derrière l'autel de la sainte Vierge « in superiori sede crypte “ ». Le chantre Fulcaudus ou Fulcredus offrit ne ne rois anneaux d'or pour la confection de la nouvelle croix ?.
Hildebert ne devait pas terminer sa carrière au Mans. En 1125, après la mort de Gilbert, il fut transféré à l'archevèché de Tours, par la volonté du pape Honorius et du roi de France Louis VI. Les auteurs ne sont pas d'accord sur
‘époque de sa mort, qu'ils placent quelques-uns après février 1133", entre le
5 février 1133 et avril de la même année”, ou le 18 décembre 1134°. Il est certain qu'Hildebert vivait encore en février 1133". Si l'on tenait compte du vieux style et si l'on acceptait la date des calendes de janvier donnée par les Actus et le Marlyrologe de l'Église du Mans", on devrait placer le décès
oc
de l'archevêque de Tours au 18 décembre 1134, et non au 18 décembre 1132,
(1) Cette dédicace devait se célébrer chaque année le dimanche de l'octave de Pâques. Actus, p. 320.
Actus, pp. 311, 322.
) « Præterea dedit (Hildebertus) cereum quem episcopus habet pro censu de Castro-Lit, ad XVIIT cereos
januam chori ». Actus, p.
nt-Vincent le corps de saint Domnole, en présence d'Hildebert et
» faciendos, qui sunt super On releva aussi à S:
(4) Actus, p. 324 du comte Foulques-le-Jeune. Cart. de Saint-
cent, col.
(5) Martyrologe, 244, au 7 des ides d Revue du Maine, XLI (7) Abbé Va d, Saint-Bernard, 1, 343.
(8) Dom Piolin, Église du Mans, HI, 6 (9) Dieudonné, Revue du Maine, XL, 2 (0) Le Martyrologe de Saint-Martin-de
(6) Dieudonné.
nd
ours indique les ides de juin. Gallia, XIV, col. 81.
comme l'affirme Maan'. Mais, il est plus sage de retenir le millésime 1133. On trouve le dessin d'un sceau d'Hildebert de l'an 1120, à la Bibliothèque tionale ?. M. Hucher l'a ainsi décrit : « Hildebert est représenté assis, bénissant
de la main droite, et tenant un livre de la gauche. Une crosse (la volute en
dedans) est appuyée sur ce bras. Il est couvert d'une chasuble décorée du pairle qu'il ne faut pas confondre avec le pallium. La tête est nue et porte la grande tonsure cléricale*. Aulour de ce sceau ovoiïde se lit la légende :
dE