NOUS
» buant à Hildebert la construction de la façade actuelle de la cathédrale . » nous trouvons en désaccord avec M. l'abbé Persigan! et M. de Dion? qui » font remonter au XIe siéele le portail central et Ie pignon... Pour justifier cette » opinion, il faudrait prouver que les évêques Vulgrin et Arnaud, ou leur » successeur Hoël, entreprirent la reconstruction de la nef et de la façade au » XIe siècle. Nous avons dit que les chroniques n'en faisaient aucune mention ».
Apres l'exposé de ces raisons d'un maitre en archéologie, il importe d'examiner quelle créance on peut leur accorder.
Tout d'abord, le silence des chroniques (des Actus) ne saurait contredire l'opinion de ceux qui voient dans la façade de la cathédrale une construction antérieure à Hildebert, car ces mêmes Actus ne précisent pas les parties dues à
cet évêque. D'après eux, celui-ci acheva l'œuvre de ses prédécesseurs et en fit la
G) Recherches, pp. 184 et 2 @) Bulletin monumental, XXXIX, p. 486.
consécration en 1120. Cette désignation est trop vague pour qu'on puisse en tirer un argument en faveur de l'opinion de M. Lefebvre-Pontalis. Par ailleurs, les Actus affirment expressément que l'évêque Hoël termina les transepts, les tours et les murs des bas-côtés, c'est-à-dire les bas-côtés eux-mêmes. Si ces bas-côtés furent terminés, ils le furent avec leur façade et très-probablement vers le même temps que la façade du grand vaisseau, qui dut clore la nef qu'Hoël consacra en
1093. Quant à l'argument tiré des ornements qui conviennent au commencement
du XIIe siècle, on ne saurait sy arrêter, car, entre l'extrême fin du XIe s
et le début du XIe, il ne peut exister de différence appréciable. Qui plus est, M. Lefebvre-Pontalis a vu des feuilles d'acanthe (ornement usité au XIIe siècle)
aux chapiteaux des petites portes de la
façade. Ces feuilles d'acanthe ne sont à la
orle de gauche que de rudimentaires
feuillages sans nom, et, à droite, des
monstres et un corps-à-corps de che iers, le tout paraissant bien plus du
XIe siècle que du XIIe. En prenant un
détail comme point de comparaison, la
ase d'une des petites portes de la façade
(à droite), la base des colonnettes de la
grande fenêtre, à l'intérieur, et la base
d'une colonne engagée de la première travée de la nef, à côté du transept sud, travée que j'ai attribuée à Arnaud, on A découvre le même motif de décoration, une espèce de torsade, qui indique une communauté d'époque, à quelques années près.
Mais, où M. Lefebvre-Pontalis tombe dans l'arbitraire, c'est quand il admet que la grande fenêtre de la façade devait être primitivement plus petite et qu'elle fut remplacée par la fenêtre actuelle à l'époque de Guillaume de Passavant. Rien
n'autorise une semblable affirmation, car la grande fenêtre, dans son état actuel,
cadre parfaitement avec tout ce qui l'entoure, sans trace de reprise. Bien plus
loin d'avoir été agrandie par Guillaume de Passavant, elle fut au contraire
diminuée par ce dernier évêque qui raccourcit de deux assises la base de ses colonnettes, par un cordon de pierre, correspondant avec le cordon régnant sous le triforium de la nef. Il faut dire que ce détail a néces M. Le
des colonnettes de la g
sairement échappé à
ebvre-Pontalis parceque, lors de sa visite à la cathédrale, la partie basse
ande fenêtre était dissimulée sous une épaisse couche de
mortier. Ce sont les derniers travaux exécutés dans la nef qui permettent de
voir que, si on prolonge une ligne de la partie basse de la grande fenêtre
le long des murs de la nef, cette ligne coupe le cintre des arcatures d'Hildebert el passe au-dessus du sommet de l'arcature de la première travée. Ces constatations me portent à croire que la grande façade, sauf peut-être quelques détails sans importance, est de l'époque d'Hoël et non de celle d'Hildebert.
M. Lefebvre-Pontalis est dans le vrai en mellant au compte de Guillaume de Passavant la grande nef de la cathédrale telle que nous la voyons acluellement', mais, à mon sens, il faut en placer les débuts sous le pontificat de Hugues de Saint-
Calais. En voici le motif. Après les
TE incendies de 1134 et de 1137, qui
semblent avoir fortement endommagé
l'église d'Hildebert, Hugues de Saint- Calais, évêque de 1136 à 1144, dut
né
airement songer à la remettre
en élat. Celle supposition devient
presque une certitude quand on re-
marque que dès la première année de
Guillaume de Passavant, les travaux
9 étaient assez avancés, comme le